Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Maisons BBC, passives ou à énergie positive

© Antoine Bosse-Platière
legende © Antoine Bosse-Platière
Créé en 2007, le label BBC visait à améliorer les performances en matière d'économies d'énergie. Depuis, des labels plus exigeants – maisons passives ou à énergie positive – sont apparus. Ils proposent de gravir un nouvel échelon de la performance écologique : se passer de chauffage.
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Le BBC, premier label

Les bâtiments dits “basse consommation” (BBC) sont nés en 2007, après le premier Grenelle de l’environnement. L’objectif était de limiter la consommation énergétique des ménages afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’organisme Effinergie a été le premier à produire un label BBC (Effinergie-BBC, remplacé en 2012 par Effinergie +). Ce label a inspiré la réglementation thermique 2012, qui a durci les critères de la construction de logements neufs en France, imposant qu'ils ne consomment pas plus de 50 kWh/m2/an en énergie primaire.

Cette labellisation BBC a inspiré celle des maisons passives et des bâtiments à énergie positive, qui respectent les mêmes normes, mais avec des exigences nouvelles revues à la hausse.

Immeuble passif à Fribourg en Allemagne - © Antoine Bosse-PlatièreImmeuble passif à Fribourg en Allemagne - © Antoine Bosse-Platière

La maison passive

Une maison passive est une maison qui se contente des apports solaires (optimisés grâce à la conception bioclimatique) et des apports “métaboliques” (chaleur dégagée par les occupants et les appareils ménagers), reléguant ainsi le chauffage à un rôle d'appoint pour les jours d'hiver les plus froids et les plus sombres. Ce résultat exige une super isolation de l'enveloppe, une ventilation double flux, des tripes vitrages aux fenêtres, la suppression des ponts thermiques et une excellente étanchéité à l'air. La norme allemande Passivhaus, qui fait référence en Europe, est accordée à partir d'un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m²/an et un besoin de moins de 30 kWh/m²/an d'énergie (chauffage + eau chaude + ventilation + électricité domestique). Parvenir à ce niveau de performance coûte très cher, mais on fait l'économie d'un système de chauffage, ce qui permet de ramener le surcoût à un niveau raisonnable.

Etanchéité à l'air et ventilation

Pour maintenir leurs performances, les maisons passives doivent répondre à des exigences très élevées en matière d'étanchéité à l'air. Celle-ci est testée à trois reprises et des corrections sont apportées aux points faibles si nécessaire. Le renouvellement d'air est assuré par une ventilation double flux munie d'échangeurs qui permettent en hiver de préchauffer l'air entrant avec les calories récupérées sur l'air extrait (80 %). S'il fait très froid, une petite pompe à chaleur couplée à la ventilation assure l'appoint de chauffage avec un coefficient de performance (COP) supérieur à 3 (pour 1 kWh dépensé, la pompe en restitue 3). Une sur-ventilation est prévue en cas de forte chaleur (on pourrait aussi prévoir un puits canadien). Des capteurs thermiques sur le toit doivent être prévus pour assurer une partie des besoins en eau chaude sanitaire, une résistance électrique assurant le complément si le temps est vraiment trop sombre. Des panneaux photovoltaïques peuvent permettre, grâce au rachat du courant par EDF, de couvrir les coûts des consommations d'énergie, abonnements et maintenance compris. Par contre, ils ne peuvent pas permettre de fonctionner en autonomie en cas de coupure durable du courant. Le surcoût de ces maisons innovantes est de l'ordre de 10 % par rapport à des maisons aux prestations comparables construites d'après la réglementation thermique 2005. Ce surcoût sera effacé en une quinzaine d'années environ par les économies d'énergie.

Antoine Bosse-Platière

La maison à énergie positive

Produire plus d’énergie que l’on n’en consomme, c’est le nouveau défi de ces dernières années en matière d’économie d’énergie. Les bâtiments à énergie positive (Bepos) le permettent en étant à la fois très performants et lourdement équipés en moyens de production d’énergie.

Comment garantir cette production ?

Un bâtiment à énergie positive s’inspire de la maison passive. Lui aussi doit faire preuve d’une excellente étanchéité à l’air et posséder une ventilation double flux. Son isolation doit être optimale, les ponts thermiques supprimés. Mais la quantité d’énergie produite doit être excédentaire par rapport à la somme des consommations énergétiques annuelles, et il doit donc produire encore plus d'énergie que la maison passive. Toutes les surfaces susceptibles de stocker et de restituer la chaleur sont mises à profit. Ainsi, toits, murs, vérandas ou encore toitures de garage participent au fonctionnement du bâtiment positif. Mais pas seulement, car le fonctionnement du Bepos dépend aussi des comportements humains. Pour éviter que l’énergie ne se perde, il faut que la gestion des consommations d’énergie soit efficace. Il s’agit par exemple de limiter le temps d’usage des appareils électroménagers.

Il existe un surcoût initial par rapport à une construction traditionnelle souvent au moins partiellement compensé par des aides ou déductions fiscales ; ce surcoût est d’autant plus élevé qu’on vise une production excédentaire importante. Aux conditions actuelles d'achat de l’électricité en Europe de l’Ouest, l’investisseur peut rentrer dans ses frais en 5 à 10 ans grâce aux économies d’énergie réalisées et à la vente de l’énergie excédentaire. Mais attention, si cette production excédentaire d’énergie véhicule une image de haute qualité environnementale, rien n’impose aux constructeurs d’utiliser des matériaux écologiques ni de limiter la consommation en énergie grise. Ce paramètre ajouté à l’important surcoût initial explique le faible engouement à l’égard des bâtiments positifs.

Juliette Lécureuil

Labels et réglementation thermique

Consommation chauffage,  eau chaude, ventilation

Remarques

Réglementation thermique (RT) 2012

50 kWh/m²/an maximum

Effinergie - BBC 2012

50 kWh/m²/an maximum

Y compris l'éclairage

Maison passive (Passivhaus)

15 kWh/m²/an maximum pour le chauffage

 

Maison à énergie positive La consommation d’énergie non renouvelable doit être inférieure à la production d'énergie renouvelable

Ces chiffres sont donnés en énergie finale (ef) livrée par le distributeur d'électricité, pour faciliter les comparaisons entre pays. L'énergie primaire (ep) permet de prendre en compte les pertes énergétiques lors de la transformation et du transport de l'énergie, mais les coefficients multiplicateurs ne sont pas les mêmes selon les pays. En France ep = ef x 2,58 pour l'électricité, x 0,6 pour le bois et x 1 pour les autres énergies.

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