Végétaliser un toit : une verdure avantageuse

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Pour profiter de tous les avantages d’une toiture végétalisée à moindre coût, optez pour l’autoconstruction. Mais pour l’étanchéité, mieux vaut faire appel à des pros !
Un toit bleu végétalisé

Pourquoi végétaliser sa toiture ?

Végétaliser un toit permet de retarder l’écoulement des pluies d’orage, améliorer l’intégration du bâti, protéger le matériau de couverture, apporter de l’inertie et donc de la fraîcheur en été, ramener de la verdure dans les villes, humidifier l’air ambiant, absorber les poussières… Bref, les avantages sont nombreux !

La solution la moins coûteuse et la mieux adaptée à l’habitat individuel est la végétalisation extensive, à base de végétaux ne nécessitant qu’une faible épaisseur de substrat, et capables de résister à l’absence d’irrigation. En construction neuve, le cas de figure le plus simple est la toiture terrasse quasiment plate. Cette dernière recouvre généralement des extensions de la maison (garage, atelier…). En construction de style contemporain à toit plat, toute la surface de toiture s’y prêtera. Cependant, on peut aussi végétaliser les toits en pente jusqu’à 45°, avec des équipements pour éviter les glissements.

Structure, pente

Pour une dalle bois, un bac acier ou une dalle béton, la structure doit supporter, outre le poids de la couverture, celui du substrat lorsqu’il est imbibé d’eau (jusqu’à 110 kg au m²) et, éventuellement, le poids maximum de neige observé dans la région. Faites-vous conseiller par un charpentier ou un bureau d’étude pour cela. Par exemple, Emmanuel Carcano, qui a végétalisé le garage de sa maison autoconstruite, a simplement augmenté un peu les sections des solives, sans surcoût important. Il les a recouvertes avec des panneaux de copeaux de bois de 18 mm, bouvetés et hydrofuges (classe 4 – Livingboard). Pour en savoir plus sur la façon dont il a procédé, se référer à son livre Bâtir écologique, chronique d’une construction en bois, aux éditions Terre vivante.

Dans cette même idée, pour un bon écoulement de l’eau, il faut une pente minimale de 2 à 3 %, une couche de drainage (indispensable en toit plat), une évacuation, et un trop-plein. En périphérie, prévoyez des acrotères : petits murets de 15 à 20 cm, sur lesquels la membrane d’étanchéité doit remonter.

Étanchéité

L’étanchéité est pour le moment le talon d’Achille écologique de la végétalisation, du fait de l’utilisation de produits polluants et difficilement recyclables. C’est aussi une étape cruciale et complexe qui nécessite beaucoup de savoir-faire et du matériel spécialisé, notamment pour les soudures à chaud. Le recours à une société spécialisée est indispensable et permet l’obtention d’une garantie décennale. En revanche, si le toit végétal recouvre une partie habitée, il faut prévoir un pare-vapeur posé avec grand soin sous l’isolation, pour éviter des problèmes de condensation.

Les professionnels proposent généralement une prestation complète, associant étanchéité et pose de dalles ou de tapis pré-cultivés. De telle manière, la couverture végétale est immédiate.

Substrat, végétaux

Après avoir fait faire, par un professionnel, l’étanchéité de ses 95 m² de toiture-terrasse, Jean-Luc Moulin, architecte en Isère, a lui-même réalisé sa végétalisation. La couche drainante en polyéthylène est recouverte par un géotextile non-tissé (type Bidim), pour éviter l’infiltration de la terre et des racines.

Ensuite, j’ai apporté 7 à 10 cm de terre à la brouette et j’ai végétalisé progressivement, en transplantant des sedums prélevés dans la nature environnante. Mais si les sedums sont fréquents chez nous, il ne faut pas prélever plus d’une poignée par station, ne jamais arracher une plaque… C’était un peu clairsemé au départ. Progressivement, les sedums ont essaimé et, deux ans et demi après, c’est assez réussi. 

Pour limiter les prélèvements dans la nature, on trouve des sedums chez nombre de pépiniéristes. Pour la couche drainante, on peut utiliser de la pouzzolane, des billes d’argile expansées, ou de la pierre-ponce. Autre solution, proposée par Thierry et Marie-France Houdart (La Prairie sur le toit, Techniques de végétalisation des toitures en pente) qui construisent des maisons en rondins (fuste) à toit en pente : louer une déplaqueuse d’herbe (ou le faire manuellement), et mettre deux couches de plaques d’herbes. La première, l’herbe vers le bas, qui servira de substrat nutritif à la seconde (herbe vers le haut). En prélevant les herbes locales, la maison se fond dans son environnement.

Entretien

Même si les sedums sont très résistants, prévoyez la possibilité d’arroser au début, et en cas de longue sécheresse. Indispensable en climat méditerranéen, l’entretien se résume, ailleurs, à un peu de désherbage pour supprimer d’éventuelles envahissantes. C’est tout l’intérêt de la végétalisation extensive.

Antoine Bosse-Platière

 

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