Bien choisir son poêle à bois

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La technologie a révolutionné le chauffage au bois. Exit les bons vieux poêles et les matins frisquets dans la maison, bienvenue à des poêles au rendement et à l’autonomie maximales, comme les poêles à granulés (photo) ou les poêles de masse. Tour d’horizon des types de poêles actuellement sur le marché.
Bien choisir son poêle à bois

Poêle à granulés
J. Rivoire | Terre vivante

Foyers ouverts

Évitez foyers ouverts et cheminées si vous souhaitez un chauffage performant : les rendements sont très faibles, les émissions polluantes importantes. Le seul intérêt, c’est le plaisir de la flambée.

Inserts et foyers fermés

Les inserts viendront s’encastrer dans une cheminée déjà existante, tandis que les foyers fermés seront habillés d’une cheminée factice. En net progrès au niveau du rendement et de l’autonomie, certains sont équipés d’une arrivée d’air secondaire. Ils restent souvent insuffisants comme chauffage principal.

Poêles traditionnels

Les poêles traditionnels sont les moins coûteux, mais leur faible rendement les rend inéligibles à la plupart des aides. À moins d’aimer les gros pulls, ils restent souvent insuffisants comme chauffage principal.

Poêles “turbos” et à post-combustion

Les poêles “turbos” sont dotés d’une entrée d’oxygène secondaire à mi-hauteur de la chambre de combustion, sans chambre de post-combustion distincte. Leur rendement est donc intéressant, quoique moindre que les poêles à post-combustion. Ces derniers disposent d’une chambre spécifique de post-combustion (voir encadré en bas de page), à l’arrière du foyer de combustion primaire, et sont donc encore plus performants que les “turbos”. Du coup, ils sont aussi plus chers.

Poêles “turbos” et à post-combustion peuvent servir de chauffage principal, à condition de passer du temps à la maison ou d’avoir un chauffage d’appoint, par exemple un plancher solaire chauffant. Ainsi, une maison de 200 m2 du Vercors (Isère), à 1 000 mètres d’altitude, peut être chauffée par un poêle turbo de 17 kW. Par grand froid, le système est complété par un plancher chauffant dans la cuisine. Par contre, les propriétaires travaillent chez eux : ils alimentent le poêle à raison de deux à trois bûches toutes les deux heures.

Poêles à inertie ou poêles de masse

Une fois montés en température, les poêles à inertie restituent ensuite la chaleur progressivement, grâce aux matériaux qui les composent : briques ou béton réfractaires, pierre ollaire (appelée également stéatite) et autres roches volcaniques. Ces matériaux peuvent être recouverts de faïence ou de céramique, ce qui les rend très esthétiques. La chaleur obtenue, par rayonnement (le poêle chauffe les murs et les personnes, plutôt que l’air), est agréable, et l’autonomie peut atteindre 20 heures. Le rendement est également excellent et ils sont tout indiqués comme chauffage principal. Par contre, ils représentent un investissement non négligeable.

Poêles à granulés

Ces modèles brûlent des granulés, petits cylindres de sciure séchée et compressée qui ressemblent aux aliments pour chevaux. Ils disposent d’un réservoir de granulés qui alimente automatiquement, par une vis sans fin, la chambre de combustion. Il suffit donc de verser un sac dans le réservoir pour que le chauffage fonctionne, et ce, jusqu’à cinq jours selon les modèles ! Ils sont également très automatisés, avec un réglage par thermostat qui stabilise l’appareil à la température demandée. La plupart disposent de programmateurs électroniques, qui permettent de définir d’avance les plages de chauffage, pour la journée ou pour la semaine. L’inconvénient, c’est que l’électronique peut tomber en panne : mieux vaut acheter un poêle à un revendeur près de chez vous, qui pourra venir réparer d’éventuels dysfonctionnements. Ils restent une bonne option néanmoins comme chauffage principal.

Le consommateur désireux de se réduire sa facture énergétique n’a donc que l’embarras du choix en matière de poêles et chaudières à bois. Attention cependant : entre une maison pas isolée et une autre bien isolée, la consommation peut être divisée par deux (voir nos pages isolation). À bon entendeur, salut !

 

 

Le label “Flamme Verte”

Lancé en 2000, “Flamme Verte” labellise les appareils de chauffage au bois. C’est la référence à suivre en matière de poêle à bois de qualité (notés de 1 à 7 étoiles). “Flamme Verte” anticipe ainsi les exigences réglementaires à venir.

Il est préférable de choisir d’investir dans un poêle de meilleure qualité, labellisé “Flamme Verte”, pour un résultat performant et durable. C’est un investissement qui peut être plus coûteux mais qui sera rentable : la performance énergétique et environnementale préservant une bonne qualité de l’air seront au rendez-vous !


Qu’est-ce que la post-combustion ?

Les poêles permettent désormais de brûler le minimum de combustible pour un maximum d’efficacité, grâce à la “post-combustion”. Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous avez tous déjà joué avec le tirage d’un poêle pour augmenter les flammes : il s’agit de créer un appel d’air, qu’on appelle l’air “primaire”. En effet, toute combustion de bois nécessite un appel d’air. La post-combustion, elle, fait intervenir un appel d’oxygène secondaire, qui brûle les gaz résiduels de la combustion. Dans les modèles anciens, ils s’échappaient directement par le conduit d’évacuation, ce qui provoquait une importante perte énergétique. Aujourd’hui, ils sont brûlés une seconde fois, d’où une meilleure combustion et moins de pollution.


 

Marie Arnould et Alexandra Thomas

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