Le paillage, pour protéger la terre - Terre vivante - l'écologie pratique

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Le paillage, pour protéger la terre

© Jean-Jacques Raynal
legende © Jean-Jacques Raynal
Couvrir la terre d’un paillis (ou mulch en anglais) est essentiel. Il suffit de regarder la nature pour s’en convaincre. C’est ainsi depuis des millions d’années. Partout, la terre est protégée par des débris végétaux, des feuilles mortes comme en forêt, des herbes sèches couchées comme dans la prairie, ou par les plantes vivantes elles-mêmes.

Les avantages du paillage

  • Le paillis limite fortement la pousse des herbes indésirables, supprimant de ce fait les corvées de désherbage.
  • Il évite l’évaporation et le dessèchement du sol. Si un binage vaut deux arrosages, le paillage en vaut au moins cinq.
  • Il limite l’échauffement du sol en été et son gel en hiver, préservant l’activité des micro-organismes du sol, qui se mettent au repos dans une terre trop chaude ou trop froide. Un atout incontestable lors des canicules qui seront plus fréquentes à l’avenir.
  • Il protège la surface de la terre des fortes pluies qui seront elles aussi plus violentes à l’avenir. Au lieu de ruisseler sur une croûte de “battance” formée par le martèlement des gouttes d’eau, l’eau s’infiltre en douceur dans la terre.
  • Il se transforme en humus, comme le compost et, discrètement mais sûrement, abrite les insectes auxiliaires pendant l’hiver et la saison sèche.
  • Le paillage ne présente donc que des avantages. Il faut éviter toutefois de pailler les plantes trop sensibles à la pourriture comme l’ail, l’oignon, l’échalote, les cactées et plantes de terre sèche.

Quand et comment pailler ?

  • Pour les plantes pérennes (par exemple rosiers, arbustes et vivaces), paillez en hiver (feuilles, rameaux fragmentés, appelés aussi BRF), ou en fin d’hiver quand la terre s’est abreuvée des pluies. (dessin 1)
  • Pour les cultures annuelles, paillez après leur plantation ou quand les semis sont bien levés, de préférence après une pluie. Si la terre est sèche, paillez puis arrosez copieusement, l’eau sera filtrée par le paillis sans ruisseler. Paillez toujours sur un sol nivelé, nettoyé des herbes et de leurs racines. (dessin 2)
  • Couvrez bien le sol autour des plantations mais n’enfouissez pas les plantes sous le paillis : le collet doit être bien dégagé (dessin 3).
  • L’épaisseur du paillis dépend de sa vitesse de dégradation et de la durée de sa présence : pour des cultures courtes, l’idéal est que le paillis soit largement décomposé en fin de récolte. Sinon, raclez-le avant une remise en culture. N’enfouissez pas le paillis. En effet, les micro-organismes vont avoir à se mobiliser pour le décomposer, ce qui consomme de l’azote qui ne sera plus disponible pour les plantes. D’où une “faim d’azote” de celles-ci.
Denis Pépin

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