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© Antoine Bosse-Platière
La technologie des chauffe-eau solaires est arrivée à maturité, les économies d’énergie et le crédit d’impôt permettent d’envisager un amortissement en une dizaine d’années. Quelques conseils pour s’équiper.

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Le principe est simple : un capteur thermique bien orienté (généralement sur le toit) qui chauffe l'eau, un ballon d'eau chaude bien isolé et une régulation qui permet à la chaudière d'apporter le complément nécessaire lors de journées sans soleil. Le capteur est composé d'une tôle de couleur sombre sur laquelle est soudé un serpentin de cuivre, le dessus recouvert d'une vitre, le reste enfermé dans un caisson isolé. Il y a deux circuits d'eau séparés. L'eau qui circule dans le capteur (circuit primaire) vient céder ses calories à l'eau sanitaire dans le ballon de stockage (circuit secondaire) grâce à un serpentin.
Des équipements performants et fiables

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Le ballon d'eau chaude solaire doit généralement être relié à la chaudière pour les journées peu ensoleillées de la saison froide.
Cet appoint est géré par un système de régulation - avec des sondes de température - qui laisse la priorité à l'eau chaude provenant des capteurs. Plusieurs options sont possibles, selon le système de chauffage existant (bois, gaz, fioul ou électrique), depuis le chauffe-eau solaire monobloc (capteur surmonté d'un ballon), assez rustique et très répandu dans les pays méditerranéens, jusqu'aux appareils les plus sophistiqués, aux performances optimisées, surtout présents sur le marché des pays d'Europe du nord.
En neuf, il est même possible de prévoir, avec une surface de capteurs un peu plus conséquente, un "plancher soaire direct", technique développée par la société Clipsol, qui alimente un chauffage basse température par le sol en plus du ballon d'eau chaude.
Le bricolage des pionniers du solaire du siècle passé (eh oui, déjà !) n'est plus de mise - à moins d'avoir de solides compétences. Place aux professionnels qualifiés et aux équipements certifiés, seuls à même de vous garantir une bonne fiabilité... et l'accès aux différentes aides. Il est conseillé d'acquérir un système complet certifié auprès d'un seul fournisseur et de le faire installer par un professionnel adhérent à Qualisol, label désormais doté d'exigences renforcées et géré par les professionnels des énergies renouvelables.
Un investissement rentable

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Le jeu en vaut-il la chandelle ? Oui, bien qu'il ne couvre généralement qu'entre 50 et 70 % des besoins en eau chaude (selon les zones climatiques) et malgré l'augmentation des coûts : de 4 à 6000 € TTC pose comprise pour 3 à 5 m² de capteurs et un ballon d'eau chaude de 2 à 300 litres pour 3 à 4 personnes. Le soleil n'envoyant pas de facture, vous économiserez 2000 à 3000 KWh par an, soit 200 à 300 € de dépenses de gaz, de fioul ou d'électricité.
De quoi amortir votre investissement en 7 à 12 ans, selon le matériel choisi et en tenant compte des aides. Sans oublier la réduction de vos émissions de CO2 : de 400 à 600 kg par an. C'est le moment de s'équiper, et, comme dit le slogan du Plan Soleil de l'Ademe : « faisons vite, ça chauffe ! »
Antoine Bosse-Platière
Des aides conséquentes
Lancé en 2000 par l'Ademe et les collectivités territoriales, le Plan Soleil a permis de faire enfin décoller les installations de chauffe-eau solaires en France : 14 000 en 2005 contre 3700 en 2002. Une croissance qui s'explique en grande partie par les mesures d'aide au financement : crédit d'impôt de 50 % sur le prix des équipements certifiés pour une résidence principale, TVA de 5,5 % pour les fournitures et l'installation (par la même entreprise et pour une maison de plus de 2 ans), subventions régionales, parfois aussi départementales et communales, aides de l'Anah (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat) pour les logements de plus de 15 ans...