Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'aleurode

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Ces mouches blanches aiment la chaleur, celle des serres où elles s’attaquent aux tomates, et aussi la douceur de l’automne qui les amène à se développer sur les choux.
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Symptômes

Taches brunes sur tomate
Les aleurodes peuvent transmettre certains virus sur les tomates. ©C. Galinet
Au jardin, ces minuscules mouches blanches (1 à 3 millimètres de longueur) n’apparaissent qu’en fin d’été et lorsque l’automne est sec, essentiellement sur les choux. Elles n’y font de réels dégâts que si la sécheresse se prolonge, mais c’est dans une serre, une véranda ou sous un châssis que ce parasite trouve les conditions favorables pour proliférer. Là, il s’attaque également aux tomates, aux cucurbitacées, aux fraisiers ainsi qu’à de nombreuses fleurs : fuchsia, pélargonium, azalée, etc., formant, lorsqu’on le dérange, de véritables petits nuages blancs. Ses prélèvements de sève affaiblissent la plante, d’autant qu’ils s’accompagnent de la production de fumagine, moisissures noirâtres qui se développent sur le miellat excrété par les aleurodes. Enfin, certaines espèces peuvent transmettre des virus, notamment sur les tomates, et elles sont particulièrement redoutées des maraîchers-serristes.

Carte d’identité

œufs d'aleurodes sur une feuille
Soulevez les feuilles de vos tomates : c'est sur la face inférieure que sont “attachés” les œufs. ©C. Galinet

Les aleurodes, ou mouches blanches, appartiennent à l’ordre des Homoptères qui comprend nombre de pestes : cochenilles, pucerons, psylles, etc. Ce sont, comme eux, des insectes piqueurs-suceurs. À l’extérieur, on rencontre surtout l’aleurode du chou (Aleyrodes proletella) et, sous serre, deux espèces très proches : Trialeurodes vaporarium et Bemisia tabaci. Toutes ont le même aspect et s’installent sur la face inférieure des feuilles. C’est là que vous pourrez les observer, de préférence avec une loupe : adultes ailés et larves ovoïdes recouverts d’une matière cireuse blanchâtre.

Mode de vie

Aleurode, mouche blanche
L'aleurode adulte, qui vit de 20 à 30 jours, n'aime pas l'humidité et la fraîcheur. ©C. Galinet

Les œufs, à peine visibles (0,2 mil­­­limètres), sont rattachés par un petit pédicelle à la face inférieure des feuilles. Ils sont pondus isolément ou en petits groupes – parfois en cercle – à raison de plusieurs dizaines et jusqu’à 600 œufs par femelle selon les plantes et selon la température. Sachant que la période d’incubation (6 à 20 jours) et la durée des différents stades larvaires (18 à 70 jours) sont nettement raccourcies lorsque la température s’élève, on comprend que les populations puissent exploser très rapidement sous serre. Dans de telles conditions, les générations se suivent sans interruption et se chevauchent comme dans le cas des pucerons.
La larve passe d’abord par un stade dit « baladeur », avec de courtes pattes et des antennes. Les stades larvaires suivants sont immobiles, il y a réduction des pattes et des antennes alors que les dimensions de la larve augmentent (jusqu’à 1 millimètre) puisqu’elle se nourrit de la sève.
Il en sortira un adulte ailé, capable de voler, d’une longévité de 20 à 30 jours. À l’extérieur, l’hibernation est possible à plusieurs stades, l’œuf semblant être le plus résistant au froid.

Antoine Bosse-Platière

 

Moyens de lutte

  • Les aleurodes n’aiment pas l’humidité et la fraîcheur : arrosage et aération sont donc deux moyens de prévenir les infestations.
  • La nicandra, une plante d’ornement annuelle, serait répulsive de même que les œillets d’Inde et le tabac, utilisés avec succès par certains lecteurs.
  • Surveillez d’abord les parties les plus chaudes de la serre ou de la véranda (paroi sud). C’est là, ainsi que près de la porte, que vous pouvez placer des plaquettes jaunes engluées (piège jaune spécial aleurodes, chez Magellan ou Nutrisol) afin de contrôler et de limiter la présence d’adultes.
  • Vous pouvez également composter ou brûler les premières feuilles couvertes de larves.
  • À l’extérieur, la récolte de tous les choux en fin d’hiver permettra d’interrompre le cycle de l’aleurode qui lui est spécifique.

Mais lorsque l’infestation est bien installée, notamment sous abri, il faut sortir le pulvérisateur. Avec plusieurs moyens d’intervention par ordre d’efficacité croissante :

  • infusion de tanaisie (300 gram­mes de fleurs et feuilles fraîches par litre d’eau) ;
  • savon noir à base d’acides gras naturels et de sels potassiques (150 à 300 grammes dans 10 litres d’eau), comme pour les pucerons ;
  • pyrèthre et/ou roténone, de préférence le matin, à renouveler tous les 10 jours.

Enfin, les méthodes de lutte biologique, qui se sont imposées chez les professionnels, sont désormais disponibles pour les amateurs (voir bonnes adresses). Il s’agit d’un minuscule hyménoptère, Encarsia formosa, qui pond ses œufs dans les larves d’aleurodes. Il est expédié sous la forme d’un carton contenant un millier d’œufs (pour protéger 300 mètres carrés), découpable en dix morceaux que l’on peut accrocher facilement. Les pontes doivent être utilisées dès réception et il faut bien entendu suspendre tout traitement insecticide – même végétal. En cas d’attaque importante, il est conseillé de faire deux lâchers successifs à une semaine d’intervalle.

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