Fauchage : S’adapter au terrain

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Votre faux glisse sur l'herbe courte sans la couper ? Vous redoutez de heurter une pierre ou un grillage dissimulé ? Si le fauchage d'une belle prairie bien droite est un plaisir, les choses se compliquent vite face aux obstacles ou à une herbe aplatie au sol. Pas de panique : suivez les conseils proposés par François Manière, issus de son livre J'apprends à bien me servir d'une faux.

On peut observer ici l’avancée de la faux (largeur de coupe de 2 mètres) et l’andain, sur la gauche.
F. Manière |

Cet article est extrait du livre J’apprends à bien me servir d’une faux de François Manière.

 

Faucher l’herbe courte

Il est plus difficile de tondre de l’herbe courte, car elle a tendance à se plier sans être coupée si la technique n’est pas bien acquise et si la lame n’est pas parfaitement tranchante. Pour autant, c’est tout à fait possible, et il est même recommandé de s’entraîner sur de l’herbe courte pour mieux travailler son geste, appréhender la pression qu’il faut exercer sur la lame, et surtout s’habituer à maintenir la lame au sol sans la décoller.
Avant de commencer, diminuez l’angle de la lame avec le sol en mettant une cale moins épaisse ou en remontant les poignées du manche d’un cran. N’oubliez pas de maintenir une pression assez forte de la lame sur le sol. Votre lame doit être parfaitement tranchante, donc avoir été martelée et aiguisée le mieux possible. Vous pourrez ainsi faucher de l’herbe d’environ 6 cm de hauteur, le minimum habituellement admis.
Vous pouvez essayer d’ouvrir l’angle de coupe, sans sortir du cercle surtout ! Comme l’herbe est peu épaisse, cet angle ouvert vous permettra d’en couper plus à la fois. N’hésitez pas à faire des essais avec différents réglages, pour trouver ce qui vous convient le mieux.

 

Faucher l’herbe haute

L’herbe haute (30 cm et plus) a cet avantage sur l’herbe courte qu’elle oppose une plus grande résistance à la lame. On peut donc généralement la couper sans qu’elle ploie et se couche sous la lame. Il faut toutefois veiller à conserver la lame au sol tout au long du geste, faire attention à ne pas avancer trop vite et ne pas oublier que l’herbe haute pèse lourd, surtout quand elle est mouillée. Par conséquent, soyez particulièrement attentif à former vos andains sur une zone où l’herbe a déjà été coupée.


Faucher de l’herbe un peu haute est très agréable car on mesure bien l’efficacité de la faux sur des masses d’herbe importantes. Et à deux, c’est encore mieux !
F. Manière |

 

Faucher de l’herbe haute… et couchée

Ça se complique ! En fait, pas tant que ça, une fois qu’on sait pratiquer le mouvement pendulaire, et surtout qu’on sait « lire » l’herbe.
Ainsi, une herbe couchée devant soi (c’est-à-dire que la base du brin d’herbe est plus proche de soi que le sommet) ou vers la droite est bien plus facile à faucher qu’une herbe qui est couchée vers soi et encore plus si elle penche vers la gauche. Il sera plus facile, dans de l’herbe couchée ou emmêlée, d’utiliser une lame plus courte (65 cm).
Si l’herbe est complètement aplatie sur le sol, le mouvement pendulaire peut être la seule solution pour réussir à la couper.


Cette herbe penche à droite et s’éloigne de la faux : on est dans la position idéale !
F. Manière |

 

Éviter les obstacles (pierres, bordures, arbres, grillage…)

Faucher est rarement une activité monotone, et on peut à tout moment rencontrer un obstacle. Dans le pire des cas, on ne l’avait pas vu, et il faudra réparer la lame. Dans le meilleur des cas, on connaît cet obstacle, une clôture par exemple (rencontre très périlleuse pour une lame, qu’il faut éviter le plus possible).
La règle générale est de couper en s’éloignant de l’obstacle. On place le dos de la lame contre l’obstacle et on effectue le mouvement en arc de cercle, en s’en éloignant. Dans ce cas, on n’avance plus devant soi comme dans le mouvement de base, mais sur le côté.

Pour un obstacle « circulaire » (un arbre, un poteau…), on suit la même règle et on fait en sorte de travailler tout en éloignant la lame de l’obstacle. À chaque coup, on avance en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre jusqu’à avoir fait le tour complet. Si on veut se servir de cette herbe coupée pour pailler autour du tronc, on peut repartir dans l’autre sens en élargissant le cercle de coupe, on ramène ainsi naturellement l’andain contre le tronc de l’arbre.
Utilisez la technique du zigzag pour un endroit particulièrement difficile d’accès.


Après avoir fait un premier tour de l’arbre, on peut en refaire un dans le sens contraire : en fauchant ainsi sous l’andain, on ramène vers le pied de l’arbre de l’herbe qui forme un paillis protecteur.
F. Claveau |

 

Les cas où il est difficile de faucher agréablement

La faux atteint ses limites dans certains cas, pas fréquents, mais il est bon de les connaître. Dans l’ordre croissant de difficulté :

  • Herbes couchées dans tous les sens après un fort coup de vent, le passage d’animaux (brebis, vaches…) ou d’enfants jouant à se cacher : le fauchage demeure tout à fait possible mais il sera plus laborieux puisqu’il va falloir se placer dans chaque zone de façon à avoir l’herbe couchée dans le sens favorable à la coupe…
  • Zone avec énormément de cailloux de taille moyenne et aux angles vifs, entre lesquels pousse l’herbe qu’on veut couper : il est toujours possible de les survoler mais il faut une lame parfaitement aiguisée et la moindre « rencontre » avec une pierre se traduira par une blessure potentiellement importante de la lame.
  • Zone avec du grillage dissimulé dans les herbes, une vieille clôture par exemple : dans ce cas, mieux vaut d’abord nettoyer à la main pour éliminer tous les vieux débris de métal. Vous pourrez reprendre votre faux quand ce sera propre, mais pas avant. Le choc avec du métal est sans doute ce qui peut arriver de pire à une lame de faux…

 

François Manière

 

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