De la stratégie dans le fauchage

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Ça y est, votre lame est montée sur son manche, elle coupe comme un rasoir ou presque, votre pierre est plongée dans l’eau de son coffin, vous vous êtes bien entraîné sur de l’herbe courte pour comprendre le mouvement, et vous avez hâte d’entendre le premier chant de la lame au contact de l’herbe. Encore un peu de patience ! Prenez le temps d’observer le terrain que vous allez faucher. Est-il entouré par une clôture ? des massifs ? un mur ? y a-t-il des rochers ou des obstacles qui dépassent ? des arbres ?

Faucher à plusieurs est à la fois agréable et utile, en particulier sur une grande surface. La technique de la fauche dite « en escalier » (chacun progressant sur une bande décalée de quelques mètres par rapport à celle de ses voisins) permet de rester proches les uns des autres.
F. Manière |

Cet article est extrait du livre J’apprends à bien me servir d’une faux de François Manière.

 

Par où commencer

La règle la plus importante, pour en décider, est celle-ci : éviter, chaque fois qu’on peut, de mettre de l’herbe coupée sur de l’herbe non coupée.

En effet, quand on fauche on déplace l’herbe coupée vers la gauche (ou vers la droite si on est gaucher ou gauchère). Si cette herbe recouvre de l’herbe pas encore coupée, il va falloir plus d’effort quand on coupera celle-ci puisqu’il faudra soulever un poids supplémentaire. De plus, la lame étant cachée sous l’herbe déplacée, on verra moins ce que l’on fait. Il faut donc faire en sorte d’avoir tout le temps une bande d’herbe non coupée du côté où la lame termine sa course. Contrairement aux apparences, les faucheurs sont aussi partisans du moindre effort !

Si un chemin (ou toute autre surface sans herbe) borde la surface à faucher, c’est simple : on commence en suivant le chemin et en gardant celui-ci sur notre gauche. L’herbe coupée va ainsi former un andain sur le chemin.

Si par contre le terrain est complètement entouré par un mur, une clôture, etc., il faut commencer par couper une petite bande en avançant « de travers », pour dégager une surface coupée qui permettra ensuite de faucher normalement, sans risquer de cogner la pointe de la lame contre l’obstacle.


Si un mur ou une clôture borde votre terrain, commencez par couper une petite bande en avançant « de travers », de façon à dégager une surface coupée qui vous permettra ensuite de faucher normalement, sans appréhender l’obstacle.
F. Claveau |

 

Faucher le soir, le matin ou dans la journée

De nombreux faucheurs conseillent de faucher quand l’herbe est humide, que ce soit du fait de la rosée du matin ou après une pluie. La coupe serait plus facile car la lame glisserait moins que sur l’herbe sèche.

Mais il semblerait que, plus que la pluie, ce soit surtout l’humidité de la nuit, que les cellules de la plante absorbent pendant celle-ci, qui donne à la tige une tension osmotique favorisant la coupe. Inutile donc de faucher sous ou après la pluie en espérant une plus grande efficacité. Profiter du matin est plus intéressant, mais présente comme en toute chose des avantages et des inconvénients :

  • Si une journée ensoleillée et chaude se profile, il est très agréable de commencer à faucher au lever du jour. On s’arrête quand il commence à vraiment faire trop chaud, et l’herbe qu’on a coupée va pouvoir commencer à sécher en plein soleil le reste de la journée. L’inconvénient est que l’herbe humide, surtout quand elle est haute et épaisse, est beaucoup plus lourde et demande un effort supplémentaire pour être déplacée. Elle colle aussi à la lame et on doit l’enlever à chaque fois qu’on aiguise (souvent, donc).
  • Si le temps est couvert ou la journée plus fraîche, on a tout intérêt à commencer dans la matinée, quand la rosée commence à s’évaporer. L’herbe sera de moins en moins humide, donc lourde, et elle collera bien moins à la lame, ce qui simplifiera son nettoyage avant d’aiguiser.
  • Une autre raison, de confort celle-ci, peut aussi être prise en compte : il peut être plus agréable de faucher en chaussures de sport, en sandales ou pieds nus qu’avec des bottes… Affaire de goût !
  • Faucher à la fin d’une belle journée, jusqu’à la tombée de la nuit, quand l’atmosphère se rafraîchit (ce qui est de plus en plus rare), peut aussi être très agréable.

Bref, fauchez quand les éléments sont réunis et que vous en avez envie !

 

Faucher à plusieurs

Quand on a une grande surface à tondre, plutôt que d’utiliser un tracteur tondeuse en s’isolant du bruit par un casque, on peut convier les amis. Faucher à plusieurs est très agréable ! Si on veut rester proches les uns des autres, on fauche « en escalier » : la personne à gauche commence, puis quand elle a fait quelques mètres la deuxième s’y met, et ainsi de suite. On peut échanger si quelqu’un va moins vite.

 

Quand on a fini de tondre

Videz et nettoyez votre coffin avant de le ranger, ainsi que votre pierre. Vous pouvez ranger votre faux en la laissant montée, toujours en sécurité bien sûr, de sorte qu’elle reste prête à resservir le lendemain.

Pour éviter que la lame ne commence à rouiller, séchez-la avec un torchon épais, avant de la ranger, même si c’est pour l’utiliser à nouveau le lendemain. Et si vous ne pensez pas vous resservir de votre faux dans les jours suivants, démontez l’ensemble afin d’éviter que l’eau qui est entre l’anneau, la lame et le manche, n’abîme le bois.

 

François Manière

 

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