D. Pépin |
Cet article est extrait du livre Je valorise mes déchets verts au jardin de Denis Pépin.
Déchets verts, déchets végétaux
Les « déchets verts », ce sont tous les restes végétaux issus de la croissance des plantes et de l’entretien du jardin. Ces deux mots ne rendent pas vraiment compte de la réalité. D’une part, ils ne sont pas tous verts comme les tontes de pelouse, les herbes indésirables, les restes du potager ; certains sont bruns comme les feuilles mortes ou les branches coupées. D’autre part, ce ne sont pas des déchets au sens écologique et juridique du terme puisqu’ils sont tous réutilisables, recyclables et transformables. On peut même réduire leur production à la source par des modes d’entretien adaptés, par exemple la tonte mulching.
Une ressource fabuleuse, économique et écologique
En réalité, les « restes » végétaux sont des ressources fabuleuses, gratuites, renouvelables, écologiques, sur des circuits ultra-courts, pour entretenir le jardin, améliorer sa fertilité, faciliter le travail et réduire les dépenses.
Hélas, faute de connaître les différents moyens, pourtant faciles à mettre en œuvre, de les recycler au jardin, nombre de jardiniers s’en débarrassent. Ainsi, plus de 50 %, voire 60 % des déchets collectés en déchetterie sont des déchets verts, dont le traitement représente un coût de plus en plus lourd pour les collectivités locales, donc pour l’ensemble des habitants qui financent la collecte et le traitement des déchets domestiques.
En négligeant cette ressource, les jardiniers se privent de paillage, de compost et de solutions naturelles pour améliorer la santé du sol et des plantes, accroître la biodiversité utile au jardin et éviter l’usage de produits de traitements et de fertilisants achetés en jardinerie. Double gaspillage !
Ce gaspillage s’accroît encore avec le temps passé à l’entretien du jardin. Sans l’apport de ces matières organiques, les désherbages sont plus fastidieux et plus longs, les arrosages plus importants et plus fréquents, les préparations de sol plus difficiles pour les semis et plantations, il y a des pertes dans les cultures et les récoltes sont moindres…
Recycler les déchets végétaux au jardin fait en réalité gagner beaucoup de temps. J’ai calculé qu’une demi-heure dans mon jardin passée à préparer et à recycler les déchets végétaux pour le paillage me fait gagner environ cinq heures dans l’entretien du jardin et cet entretien devient aussi beaucoup moins fatigant.
Pour le paillage et bien d’autres usages
Le principal usage des déchets végétaux est le paillage, autrement dit leur étalement directement sur le sol, tels quels ou après broyage avec une simple tondeuse. C’est une forme de compostage de surface, beaucoup plus simple, plus rapide et plus efficace pour améliorer la fertilité du sol que le compostage en tas ou en composteur, et qui présente également tous les autres avantages du paillage.
Le compostage n’est pas la meilleure et la plus facile des solutions, surtout pour des déchets très humides et fermentescibles comme les tontes de pelouse ou pour des déchets secs et très ligneux comme les branches, les tailles de thuyas et autres résineux. Cela prend beaucoup plus de temps et de manipulations et un compostage mal géré est une source de nuisances et de pollution de l’air (composés azotés, méthane…). Toutefois, les déchets végétaux assez rigides sont très utiles pour le compostage domestique comme matières structurantes ; ils permettent d’équilibrer les déchets de cuisine trop riches en eau, trop mous, d’éviter leur tassement et le manque d’oxygène.
Pour améliorer la fertilité du sol
L’objectif essentiel du recyclage sous forme de paillage est de nourrir les êtres vivants du sol, principalement les bactéries, les champignons et les vers de terre, qui améliorent fortement la fertilité physique et chimique tout en évitant les herbes indésirables et l’assèchement.
Au cours de sa décomposition, directement au contact de la terre, cette matière organique et les produits transitoires issus de sa transformation se lient aux matières minérales pour former une structure grumeleuse, souple, poreuse, retenant mieux l’eau et les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin. La terre devient plus fertile, beaucoup plus facile à entretenir et permet un meilleur enracinement.
Mais certains déchets végétaux sont beaucoup plus efficaces que d’autres pour améliorer la fertilité du sol, surtout au potager.
Pour tous les styles et toutes les surfaces de jardin
Recycler les déchets végétaux sur place, notamment sous forme de paillage, n’est pas réservé aux jardins très naturels, parfois peu entretenus, aux jardins champêtres, aux jardins dits en « permaculture » ou en « syntropie ». Cela concerne et s’applique aussi aux jardins structurés et très entretenus comme les potagers et vergers productifs, les jardins à la française, les jardins zen d’inspiration japonaise, les jardins de style anglais, méditerranéens, petits ou grands, à la campagne ou en ville, en pleine terre ou en pots, ou même sur le toit d’un immeuble.
Une production toute l’année
L’entretien du jardin produit des « déchets » végétaux, autrement dit des ressources, tout au long de l’année.
Les tontes de pelouse dominent au printemps et reviennent en force à l’automne. Les feuilles mortes font leur apparition dès la fin de l’été jusqu’en début d’hiver. Les restes de culture et des fleurs annuelles, des vivaces, des rosiers défleuris sont nombreux dès la fin du printemps et se poursuivent jusqu’en automne. Les rameaux des haies persistantes taillées sont disponibles en grande quantité en mai-juin, puis en octobre-novembre. Souvent taillés juste après leur floraison de printemps et en fin d’hiver, les arbustes d’ornement apportent eux aussi leur contribution.
Plus le jardin est diversifié, plus les ressources végétales sont variées et nombreuses. Au début, la plupart des jardiniers pensent qu’ils ne vont jamais pouvoir les utiliser toutes. Mais quand ils ont pris l’habitude de les recycler, notamment pour le paillage, ils se rendent vite compte qu’ils n’en ont jamais assez.
Denis Pépin







