Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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La chlorose ferrique

© Farkas Dorner
legende © Farkas Dorner
Le jaunissement des feuilles est souvent lié à une carence. Au niveau du pêcher, il signale une chlorose ferrique, dû notamment à la présence de calcaire dans le sol. Conseils pour concilier calcaire et pêcher !
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Symptômes

Les feuilles de votre pêcher prennent une coloration jaunâtre : seules les nervures restent vertes (voir dessin ci-dessus). Cela commence sur les jeunes pousses, puis les décolorations gagnent les autres branches. Les feuilles se nécrosent et finissent par tomber. La croissance de l'arbre s'en ressent et il commence à dépérir. Ce jaunissement affecte aussi la vigne, le poirier, le rosier et quelques autres ornementales. Ces décolorations du feuillage sont souvent liées à des carences, mais ne sont pas toujours faciles à identifier.

Carte d'identité

Sur le pêcher, ces symptômes font immédiatement penser à la chlorose ferrique, car cet arbre y est particulièrement sensible. La plupart du temps, il ne s'agit pas à proprement parler d'une carence, car les sols sont généralement bien pourvus en fer et les prélèvements par les racines sont relativement faibles. En fait, c'est le calcaire qui, dans certains sols, bloque l'assimilation du fer par la plante. Le fer étant indispensable à la synthèse de la chlorophylle (et comme activateur d'enzymes), les premiers symptômes sont donc ces décolorations du feuillage. Attention, les carences en manganèse provoquent elles aussi des décolorations du feuillage.
Tous les sols calcaires ne pro­voquent pas de chlorose. Cela dépend pour l'essentiel de la granulométrie du calcaire : s'il est suffisamment fin pour être soluble et devenir chimiquement actif. C'est ce qu'on appelle la teneur en calcaire actif, qui fait partie des données de base de l'analyse de sol. À partir de 10 % de calcaire actif, il faut être vigilant et éviter d'installer des plantes sensibles à la chlorose.

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

Faut-il renoncer à cultiver des pêches en terrain calcaire ?
Heu­reu­sement non !

  • Il suffit de choisir un porte-greffe tolérant : prunier Saint-Julien ou pêcher-amandier. Les signes de chlorose n'appa­raissent parfois qu'au bout de quelques années, car le pêcher est un arbre qui s'affaiblit en vieillissant. Au-delà de 15 ans, s'il montre des signes de chlorose, remplacez-le. Évitez également de greffer l'abricotier sur pêcher et le poirier sur cognassier, lui aussi assez sensible au calcaire actif (tous les autres porte-greffes conviennent). De même pour la vigne, utilisez des porte-greffes résistants au calcaire. Quant aux rosiers, préférez ceux greffés sur Rosa canina qui s'adapte à tous les types de sols.
  • Hormis la présence de calcaire actif, il existe d'autres facteurs aggravants pour la chlorose : les sols à texture fine et sensibles à la battance, la présence continuelle d'humidité ou au contraire une sécheresse prolongée. Laissez le plus possible ces terres enherbées : un sol nu favorise la chlorose et plus on le travaille, plus on fragmente le calcaire en libérant du calcaire actif. Au contraire, l'enherbement provoque des micro-acidifications racinaires et stimule l'activité biologique. Drainez les sols humides, irriguez et mulchez en cas de sécheresse - vous pouvez dans ce cas utiliser les écorces de pin, connues pour être acidifiantes. Les apports de compost sont très bénéfiques (présence d'acides humiques et stimulation de la vie microbienne).
  • À ces remèdes de fond, on peut ajouter la pulvérisation foliaire de purin d'ortie, riche en fer et en nombreux minéraux, qui permet de corriger momentanément les problèmes de chlorose. Pour une action plus durable, les chélates de fer, autorisés en bio et disponibles en jardinerie, permettent d'apporter du fer aux racines sans qu'il soit bloqué par le sol. Nettement plus efficace en tout cas que la technique ancienne qui consiste à épandre au pied de l'arbre une eau dans laquelle ont trempé des clous rouillés...
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