Côté ventilation, on a certes fait beaucoup de progrès, pour un renouvellement d'air optimal, avec par exemple des débits qui s'adaptent à l'hygrométrie (ventilation hygroréglable) et surtout avec des ventilations double flux à récupération d'énergie, indispensables pour atteindre de hautes performances énergétiques (un échangeur de chaleur permet en hiver de préchauffer l'air entrant avec les calories récupérées sur l'air sortant).
Le problème vient plutôt du pare-vapeur, car son étanchéité doit être parfaite, faute de quoi l'air chargé d'humidité s'échappe par la moindre fente, plutôt que de passer par la bouche d'aération. Dans la réalité, faute d'une mise en œuvre suffisamment soigneuse, les défauts d'étanchéité sont très fréquents : mauvais raccords entre lés ou entre parois, déchirures, poinçonnement, passage de fils... L'humidité s'y concentre, dégrade l'isolant et finit par créer des ponts thermiques, quand elle ne provoque pas des dégâts plus graves (par exemple au niveau de l'appui d'une poutre...). L'incidence d'une fente d'1 mm de large sur 1 m de long dans un pare-vapeur protégeant une isolation en laine minérale a été étudiée par l'Institut de physique du bâtiment de Stuttgart : le pouvoir isolant de cette dernière est quasiment divisé par 5. Un problème largement sous-estimé par les fabricants d'isolants en laine minérale.
On utilisera donc selon le cas :
- des films frein-vapeur assurant une répartition homogène de la vapeur d'eau sur l'ensemble de la paroi et une bonne étanchéité à l'air. Ils doivent présenter une bonne résistance à la traction : une armature en fibre de verre est parfois nécessaire. Le plus grand soin doit être apporté au chevauchement des lés et à leur collage, en utilisant des adhésifs spécifiques ;
- des panneaux de fibres de bois avec assemblage rainure-languette, des panneaux de bois OSB, des plaques carton-plâtre ou gypse-cellulose (les joints doivent être traités de manière appropriée).
Une fois l'étanchéité à l'air des enveloppes assurée, il reste à assurer une bonne ventilation. Si l'on veut concilier exigences sanitaires, confort et efficacité thermique, difficile d'échapper à une solution mécanique, si possible une VMC double flux. Mais elle ne sera pas forcément permanente et centralisée : en rénovation où il est parfois difficile de faire passer des gaines d'aération, on peut se contenter d'extracteurs d'air asservis à l'utilisation des pièces humides.
Expert, technique et complet
256 pages; (20 x 26 cm); 35,00 €