Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Économiser l'eau

© Jean-Jacques Raynal
legende © Jean-Jacques Raynal
Depuis 2003 et la canicule, de nombreuses régions, notamment le sud de la France, connaissent des problèmes de sécheresse. Plus globalement, la ressource s’épuisant, partout il faut économiser l’eau. Quelques conseils.
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Anticiper les cultures

Si la pluviométrie printanière baisse, comme dans certaines régions du Sud, il faut revoir l’organisation des semis et repiquages et renoncer à toutes les espèces réclamant beaucoup d’eau : cléome, tabac, tournesol à grosses fleurs…

  • Plus question de graines en pleine terre ou de repiquer des plants à racines nues : mieux vaut élever les annuelles en godets ou en mottes. Les périodes de repiquage doivent être avancées pour qu’en mai tout soit en place : fin mars-début avril pour les annuelles ne craignant pas le gel (soucis, centaurées, nielle…) et fin avril pour les autres (rudbeckias, sauges…), en espérant qu’il ne gèle plus trop fort !
  • Au potager, le principe est le même. Sélectionner les variétés de printemps pour produire tôt, quitte à les protéger. Semer radis et petit pois fin février-début mars, même si la terre n’est pas très réchauffée : après, de toute façon, c’est fichu ! Mettre en place tous les légumes d’été début mai… alors qu’avant, il était possible de repiquer des tomates début juin !
  • Planter vivaces, arbustes et rosiers jusqu’en mars, en prenant soin de bien imbiber les mottes avant de les mettre en place. Pailler tout de suite pour profiter de l’humidité. Pour les rosiers et les arbustes les plus exigeants en eau, incorporer de l’argile finement émiettée à la terre de plantation, afin d’y garantir un peu plus de fraîcheur. 

Un binage vaut deux arrosages

Le binage est un complément efficace de la pratique de paillage : le passage de la binette (ou du sarcloir) permet d'ameublir la terre sur quelques centimètres : la remontée d'eau par capillarité à la surface du sol, et par conséquent son évaporation, sont ainsi considérablement freinées.

Pailler : un geste fondamental !

A mesure des nettoyages de fin d’hiver ou des plantations, il faut tout pailler, afin de ne plus avoir un décimètre carré de terre nue.

  • Dès mars, le nettoyage des vivaces et les tailles diverses fournissent le premier approvisionnement pour le broyeur. Les résidus sont étalés sur le sol déjà désherbé et ameubli. En général, ce matériau suffit pour la première couche (5 à 7 cm) des massifs de vivaces et du potager. Mais avec l’arrivée des beaux jours, la terre digère vite ce paillis qu’il faut renouveler.
  • En mai, piocher dans la réserve de feuilles mortes amassée en novembre (tilleul, frêne, érables, charme, chêne..) : mélangées à l’herbe des premières tontes, elles fournissent un excellent matériau pour les légumes et les annuelles (8 à 10 cm d’épaisseur).
  • Pour les légumes d’été, tomates, concombres, choux, blettes, il reste encore la feuille de platane : coriace, elle dure longtemps et peut remplacer la paille.
  • À partir de mai-juin, la difficulté est d’avoir un sol assez mouillé pour pailler : en effet, pailler sur sol sec conduit à la catastrophe, puisqu’on conserve la sécheresse dans le sol.

Lire également : Quel paillis choisir ?

Arrosage : agir à bon escient

  • Arroser dès que les dernières traces d’humidité ont disparu à la surface du sol et, de manière plus urgente encore, lorsque que la terre commence à se fendiller. Arroser en soirée ou la nuit permet de diviser par deux les pertes par évaporation, et d’éviter les brûlures occasionnées sur les feuilles par les goutelettes.
  • Observer le jardin, plutôt le matin, et non l’après-midi, en plein soleil, quand tout est flagada ! Après un orage, gratter le sol pour évaluer précisément ce qui est tombé : une ondée laisse souvent la terre sèche sous le paillis, et ne dispense pas d’arroser
  • Privilégier l’arrosage individuel : arrosoir, goutte-à-goutte, tuyaux microporeux, etc. Éviter les systèmes par aspersion. Et évidemment mieux vaut opter pour l’eau de pluie récupérée ! 
Brigitte Lapouge-Déjean

L’expérience du Centre Terre vivante

Il est possible de limiter les apports en eau. Yves Perrin, jardinier en chef des jardins de Terre vivante, situés à 800 mètres d’altitude dans le sud de l’Isère, témoigne: « en 2000, les jardins nécessitaient 10 m3 par jour pour 2 500 m2. En 2007, nous sommes passés à 4 m3. Avant, nous arrosions 2 heures tous les trois jours en goutte-à-goutte. Maintenant, c’est 1 h 30 tous les quatre jours, et la végétation ne semble pas souffrir. C’est d’ailleurs logique : au début, notre terre était argileuse, de mauvaise qualité. Nous y avons apporté beaucoup de matière organique, la structure du sol s’est améliorée et retient mieux l’eau. »  

 

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