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Redécouvrez le plâtre

© Antoine Bosse-Platière
legende © Antoine Bosse-Platière
Sa prise rapide décourage plus d’un amateur. Pourtant, le plâtre est un matériau écologique qui mérite d’être réhabilité. Essayez-le… sans essuyer les plâtres.

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Depuis la généralisation de l'usage du "placo" (plaque de plâtre contrecollée sur du carton) industriel monté sur ossature métallique, le plâtre n'a pas très bonne presse chez les éco-constructeurs. Certains l'accusent aussi d'être un sous-produit de l'industrie des engrais phosphatés, riche en métaux lourds et doté d'une radioactivité naturelle élevée. 
Gypse friable après cuisson dans un petit four creusé à même le sol - © Antoine Bosse-PlatièreGypse friable après cuisson dans un petit four creusé à même le sol - © Antoine Bosse-Platière

Rendons-lui justice, cette forme de plâtre, le phosphogypse, n'est plus utilisée en Europe depuis longtemps. Et, à y regarder de plus près, le plâtre est un liant qui ne manque pas d'atouts. Il est issu de la cuisson du gypse, une roche très tendre et abondante. Cette cuisson se faisait autrefois dans des fours paysans rudimentaires, car elle ne nécessite qu'une température de 150°C, contre 900°C pour la chaux et 1400°C pour le ciment. Un bon point pour l'énergie et les rejets de CO2.

Autre atout écologique, le plâtre est totalement recyclable : une fois sec, il retrouve les caractéristiques de la roche originelle et peut être recuit pour être réutilisé indéfiniment. A condition que les déchets de plâtre soient correctement triés et ne contiennent pas trop d'additifs.

Quel plâtre choisir ?

Les plâtres proposés par les industriels contiennent de plus en plus d'adjuvants, certains sans inconvénients, d'autres à éviter. Attention notamment aux panneaux et aux plâtres pour lieux humides qui contiennent souvent des fongicides. Certaines plaques de plâtre "composées" sont associées avec divers isolants synthétiques ou avec une feuille de PVC aussi peu respirants que peu écologiques.

Les plaques de "placo" courant conviennent particulièrement pour les plafonds et les doublages de murs à isoler. Plus résistants, les panneaux renforcés avec 20% de fibres de cellulose issues de papier recyclé - type Fermacell - seront préférés pour la réalisation de cloisons (voir tableau comparatif ci-dessous).

Quant aux plâtres en poudre, Claude Collot, ingénieur formulateur chez BPB (anciennement Plâtres Lambert), assure que les adjuvants utilisés - hormis les fongicides - sont sans inconvénient pour l'environnement, pour la porosité du matériau ou son recyclage. Ce sont divers retardateurs de prise, des rétenteurs d'eau à base de cellulose ou des charges (carbonates, perlite...). On préférera les plâtres qui en contiennent le moins (gamme Lutèce ou Molda chez BPB, Prestia chez Lafarge). A éviter par contre, un grand nombre d'enduits à base de plâtre mais qui contiennent résines synthétiques, copolymères acryliques et autres liants organiques ou hydrauliques...

Peu coûteux, à condition de maîtriser la prise

Matériau peu coûteux, le plâtre assure une excellente régulation de l'humidité grâce à sa porosité, s'il n'est pas recouvert par une peinture imperméable ou un papier peint vinylique. Le "placo" n'a pas son pareil pour réaliser un doublage d'une parfaite planéité. En éco-construction, on préférera monter les plaques sur des tasseaux de bois plutôt que sur des montants métalliques. Environ trois fois plus chères que les plaques courantes, les plaques de gypse renforcées de cellulose (Fermacell) peuvent être préférées pour leur plus grande résistance (possibilité d'accrocher des charges lourdes) et leurs meilleures performances acoustiques (associées à un isolant, par exemple la laine de chanvre).

Quant au plâtre à gâcher et aux carreaux de plâtre, ils nécessitent un certain savoir faire car la prise du plâtre est rapide (voir encadré ci-dessous). En rénovation, les bons bricoleurs gagneront à s'y essayer car, si le "placo" est l'outil des parois rectilignes et des angles bien droits, le plâtre frais est idéal pour cintrer des ouvertures, pour réaliser des niches, des moulures ou de belles formes courbes. A condition de gâcher par petites quantités, si vous ne voulez pas "essuyer les plâtres"...


Antoine Bosse-Platière

Fermacell contre "placo"



Fermacell

Plaque type BA 13 - "placo"

Composition

plâtre + 20 % de fibres de cellulose issues de papier recyclé

plâtre contrecollé sur du carton

Poids

lourd et difficile à bien positionner

nettement moins lourd

Solidité

nettement plus résistant à épaisseur égale, on peut accrocher des charges bien plus lourdes

fragile, moins rigide, nécessite l'usage de chevilles et vis pour cloisons creuses

Isolation

un peu meilleur en thermique et surtout en phonique

un peu moins bon, mais dépend surtout de l'isolant et de la qualité du montage

Prix

en moyenne, trois fois plus cher

matériau bon marché

Usages

création de cloisons

plafonds, doublages de murs

Fermacell (dessus) et placo BA 13 dessous - © Antoine Bosse-PlatièreFermacell (dessus) et placo BA 13 dessous - © Antoine Bosse-Platière

Sur le plan écologique, il n'y a guère de différence. Le "placo" contient un peu de colle (assemblage carton-plâtre) mais le fabricant de Fermacell préconise d'utiliser une colle polyuréthane pour les joints, alors que les plaques courantes se contentent de plâtre.

Gâcher sans gâchis

Le plus important lorsque l'on gâche du plâtre, c'est qu'il faut délayer le plâtre dans l'eau et non le contraire. Calculez la quantité d'eau nécessaire et versez-la dans la gamatte (caisse ou auge à gâcher). Puis saupoudrez régulièrement le plâtre sur toute la surface de l'eau et laissez-le s'imbiber plusieurs minutes avant de mélanger. Mélangez rapidement à la truelle jusqu'à obtenir une consistance homogène et sans grumeaux. Un mélange trop long raccourcit la durée de prise et réduit la capacité d'absorption d'eau.

  • Voir aussi les pages Monter une cloison en plaques de plâtre et Doubler des murs en Fermacell.
  • L'association Okhra, Conservatoire des ocres et pigments appliqués, organise chaque année des ateliers de formation sur les enduits décoratifs (plâtre, moulure, stuc...) ouverts aux particuliers, de 50 à 100 € TTC par jour. Okhra, Ancienne usine Mathieu,  84220 Roussillon en Provence. Tél./fax : 04 90 05 66 69 - www.okhra.com
  • L'association Le Gabion propose de temps à autre des stages sur le plâtre : Le Gabion, Parc d'Entraigues, 05200 Embrun, tél. 04 92 43 89 66 - http://gabionorg.free.fr/
  • Idem pour le Centre de formation de Maisons Paysannes de France,  8 passage des Deux-Sœurs, 75009 Paris. Tél. 01 44 83 63 63 - www.maisons-paysannes.org
  • Plâtre, murs, formes et volumes, par JC. Bidaux, éd.Eyrolles, 2008.
  • Technique et pratique du plâtre, par J. Festa, éd. Eyrolles, 1998.
  • Plâtres Lafarge, tél. 01 44 34 11 11  - www.lafarge-platres.fr
  • BPB (Plâtres Lambert), tél. 01 46 25 46 25 - www.placo.fr/bpb_fr
  • DécoSystème / Plâtres Vieujot, tél : 01 39 89 20 48 - www.platre.com
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