La phytoépuration : l’épuration par les plantes

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Nos eaux usées polluent trop souvent la nature sans que l’on s’en rende compte. Un grave problème dans les zones rurales qui ne connaissent pas le tout-à-l’égout. La phytoépuration, utilise le pouvoir dépolluant de certaines plantes, zoom sur son fonctionnement !
Bassin filtrant

Grâce à la filtration naturelle des plantes, le recyclage des eaux grises de la maison est possible. 
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Une solution avantageuse

La phytoépuration fait appel aux bactéries présentes dans les systèmes racinaires des plantes pour épurer l’eau. La phytoépuration permet de dépolluer et d’épurer l’air, le sol et l’eau. Par rapport à l’épuration classique, elle a d’indéniables avantages. Elle permet de traiter phosphates et nitrates : ainsi, les bambous “mangent” littéralement les phosphates. De plus, elle est un peu moins chère qu’une installation classique, surtout si l’on fait une partie du travail soi-même. Elle ne produit pas de boues, sauf lorsqu’elle comprend une fosse toutes eaux qu’il faut vidanger, et permet un contrôle facile des rejets, à la différence des dispositifs enfouis. Seule contrainte, elle nécessite de l’entretien.

Schéma du fonctionnement d'une fosse toutes eaux

Ce type d’installation peut aussi être fait pour plusieurs foyers si aucun produits ménagers toxiques sont utilisés. 
D. Klecka |

Comment ça marche ?

Différents cas de figure sont possibles pour la phytoépuration :

  • le prétraitement se fait soit dans un lit vertical planté de roseaux ; 
  • soit dans une fosse toutes eaux.

Pour le traitement, il faut ensuite prévoir un bassin à écoulement horizontal planté d’espèces végétales capables d’absorber les charges polluantes (bambous, massettes, iris des marais, laîches…), suivi d’une mare ou d’un fossé planté d’espèces semi-aquatiques ou ornementales gourmandes.

Schéma montrant le fonctionnement d'un lit vertical planté de roseaux

La phytoépuration produira un compost riche, à curer au moins tous les dix ans. 
D. Klecka |

Si vous optez pour le lit vertical planté de roseaux en prétraitement, prévoyez un dénivelé d’environ 90 cm avec le second bassin. Attention à l’entretien : il faut alterner la circulation de l’eau tous les trois jours dans les parties des bassins plantés de roseaux, tailler ces derniers tous les ans et retirer le compost en surface tous les dix ans. Dans le second bassin, contenez la progression des bambous volontiers envahissants et fauchez-les tous les quatre ans.

Des tâches somme toute légères pour qui aime s’occuper de sa maison et de son jardin… mais qui peuvent en rebuter certains. Dans certains cas, il peut être judicieux de se grouper avec ses voisins pour réaliser une petite installation collective au lieu de plusieurs installations individuelles.

Les démarches à suivre

Si vous décidez d’évoluer vers une installation plus écologique, vous devrez d’abord retirer auprès de votre commune une déclaration d’installation de dispositif d’assainissement autonome. Dans ce dossier, vous devrez expliquer les caractéristiques de votre terrain, ainsi que les principes du système d’épuration que vous avez choisi. Pour mettre toutes les chances de votre côté, mieux vaut passer par un bureau d’études qui appuiera votre démarche. L’important, c’est de montrer que vous n’allez pas bricoler une solution au hasard. Car l’assainissement, c’est sérieux. La réglementation précise que les installations ne doivent pas représenter de risques de contamination ou de pollution des eaux et que l’assainissement doit être installé par une entreprise spécialisée. Pas toujours facile de trouver un bureau d’étude qui connaisse des solutions alternatives !

Mieux vaut prévenir que guérir

Même si vous ne devez pas renouveler votre système d’assainissement tout de suite, n’attendez pas pour agir. Avant de se consacrer au traitement de la pollution, mieux vaut d’abord chercher à ne pas polluer. Comment ? Tout d’abord, choisissez des produits respectueux de l’environnement, biodégradables, sans phosphates, ou portant le label bio. Utilisez avec parcimonie lessives, savons ou shampoings. Évitez les produits dans des emballages, préférez des savons comme le savon de Marseille, d’Alep ou le savon noir.  Sachez que le savon de Marseille est très efficace pour faire la vaisselle. Avec une brosse en bois aux poils souples, il mousse et dégraisse bien, sans polluer les eaux. Côté cheveux, choisissez des shampoings solides sans emballage, dont la composition est issue d’ingrédients naturels et biologiques, ils ne sont pas plus cher ! Moins nous “salirons” notre eau, et moins nous aurons besoin de traitements pour la “nettoyer” ! Ensuite, vous pouvez opter, si vos conditions d’habitation le permettent, pour des toilettes à compost sans eau, ce qui permet de se passer du prétraitement (fosse toutes eaux ou lit vertical planté de roseaux). Le second bassin suffira pour traiter vos eaux grises (cuisine et salle de bains).

 

Carine Mayo

 

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