Comment récupérer l’eau de pluie ?

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Quel dommage de ne pas récupérer l’eau de pluie qui tombe parfois abondamment du ciel… Quels équipements choisir ? Quels précautions prendre ? Quelques conseils pour enfin passer à l’acte.
Jardinier qui récupère l'eau de pluie stockée

L’eau de pluie est un bien commun, accessible à tous, idéale pour arroser le jardin. 
JJ. Raynal |

Contrairement à celle du réseau, l’eau de pluie n’est ni calcaire, ni chlorée, ni trop froide, qualité appréciée des plantes du jardin. Elle a de plus l’immense avantage d’être gratuite. Le potentiel de récupération d’eau de pluie est important puisque l’on peut collecter selon les régions entre 45 et 80 m3 pour 100 m² de toiture. De quoi assurer, en théorie, la totalité des besoins d’arrosage d’un jardin de 200 m² si les pluies sont bien réparties, ou si vous disposez d’un réservoir d’une capacité suffisante.

Vous pouvez également utiliser l’eau de pluie pour vos toilettes ou pour le lavage des sols. Cela constitue une économie d’eau non négligeable en plus d’économiser l’eau potable.

Attention cependant : ne récupérez pas l’eau de toits couverts de toile goudronnée ou de matériaux d’étanchéité bitumés qui libèrent des hydrocarbures. Pour les bardeaux de bois, il faut attendre environ un an avant que l’eau soit bien claire et ne contienne plus de tanins.

Combien de litres allez-vous récolter ?

Cela dépend de votre région, en moyenne on estime le volume à : 600 litres/m2 de toiture. Cette moyenne est à titre indicatif, mais une formule permet d’avoir une idée plus précise :

Volume récupérable (l/an) = précipitations (l/m²/an) x surface toiture (m²) x coefficient.

Pour connaître les précipitations moyennes de votre région, vous pouvez vous renseigner auprès de Météo France. Le coefficient de perte dépend du type de toiture : 0,6 pour une toiture plate, 0,9 pour une toiture en tuile et 0,8 pour un toit ondulé. Cela vous permet d’estimer l’eau que vous allez économiser et donc le montant annuel.

Quel volume de cuve choisir ?

Usages Besoins annuels
Arrosage modéré (moins de 50 m2 à arroser). 150 litres à 500 litres.
Arrosage important (plus de 50 m2). 500 litres à 1500 litres.
Arrosage important, lavage voiture. 1500 litres à 3000 litres.
Arrosage important, lavage voiture, utilisation pour la maison. 3000 litres à 6000 litres.
Arrosage important, lavage voiture, utilisation pour la maison, rajouts eau de piscine. 6000 litres à 9000 litres.

 

Trois types d’équipements

Selon le budget que vous êtes prêts à y consacrer, on peut distinguer schématiquement trois cas de figure.

  • Équipement minimal et peu coûteux : cuve plastique de 200 à 800 litres (en jardinerie ou de récupération) à installer au pied de votre descente d’eau de pluie. Évitez le PVC et préférez le polyéthylène. À disposer si possible sur un support qui permet de poser son arrosoir sous le robinet situé au pied de la cuve. L’ensemble étant d’une esthétique douteuse, prévoyez de le cacher avec des plantes grimpantes. N’oubliez pas de vidanger votre cuve avant les risques de gelées. On raccorde la descente à la cuve avec un tuyau en zinc ou en plastique.
  • Équipement plus conséquent, à partir de 1 000 ou 1 500 litres. Les fabricants spécialisés proposent différents modèles de cuves en polyéthylène de 1 000 à 2 000 litres. Vous pouvez en connecter plusieurs ensembles. Là encore, recouvrez-les de plantes grimpantes et pensez à les vidanger en hiver. Ou alors optez pour une citerne conçue pour être installée dans une cave (cuves de 700 à 1 100 litres qui passent par une porte).
  • Il existe enfin des citernes à enterrer en polyéthylène renforcé, à partir de 3 500 litres, mais l’investissement est nettement plus élevé. Toutefois, il est pertinent de penser à les installer au moment de la construction d’une maison, ce qui réduit le coût de l’installation.

Il faudra aussi prévoir :

  • un collecteur filtrant à double position été/hiver et capable de jouer le rôle de trop plein, il s’adapte facilement sur la gouttière ;
  • des raccords, robinets, embouts et tuyaux pour jumeler deux cuves, disponibles chez certains fabricants ;
  • si votre toit est parfois couvert de feuilles : un “stop-feuilles”, astucieuse grille cylindrique à disposer tout le long de la gouttière, ou bien, s’il y en a peu, une simple crapaudine à installer au départ de la descente ;
  • vous pouvez arroser avec des tuyaux suintants ou envisager l’achat d’une petite pompe électrique pour arroser au jet. Votre investissement sera amorti en deux ou trois ans, compte tenu du prix de l’eau économisée.

 

Antoine Bosse-Platière

 

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