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Choisir ses semences

© Jean-Jacques Raynal
legende © Jean-Jacques Raynal
Depuis les années 50, 80% des variétés de légumes cultivées en France ont disparu. Patrimoine culturel, témoin vivant de l’adaptation des plantes aux modifications de l’environnement, réservoir de substances pour usages thérapeutiques ou garant d’une indépendance alimentaire : les enjeux autour de la biodiversité sont multiples.
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De quelles semences a besoin un jardinier bio ?

Dans un jardin bio, la priorité est de créer les conditions favorables au développement de plantes vigoureuses qui permettent d’éviter l’utilisation de pesticides. Les variétés anciennes, sélectionnées pour leur résistance, y trouvent naturellement leur place. De même, des variétés locales adaptées au terroir sont moins sensibles à des attaques de parasites et prédateurs. Par ailleurs, la diversité des espèces et variétés au potager met le jardinier bio à l’abri d’une perte massive de sa production quelles que soient les conditions climatiques de la saison à venir. En dehors des conservatoires, des producteurs et associations proposent de larges gammes de variétés intéressantes sur le plan gustatif aux formes et aux couleurs surprenantes à découvrir (voir bonnes adresses). 

Par ailleurs, les pratiques du jardinier bio sont destinées à préserver la qualité de la terre, de l’air et de l’eau. C’est pourquoi il privilégie aussi l’approvisionnement en graines biologiques. En effet, la production de semences indemnes de contamination par des graines de mauvaises herbes implique un désherbage méticuleux. Les graines conventionnelles sont donc cultivées avec force pesticides. En cultures de semences bio, le désherbage s’effectue par des interventions mécaniques et/ou thermiques. 

Et les hybrides ? L'intérêt des hybrides, c'est que les plantes directement issues de ce croisement sont souvent plus vigoureuses, plus productives et plus homogènes que celles issues de semences de variétés fixées. On parle de la vigueur hybride. Mais cela n'est valable que pour la première génération : si vous récoltez les graines issues de ces hybrides pour les semer l'année suivante, vous obtiendrez des plantes très hétérogènes. La seconde génération fait réapparaître toute la diversité du patrimoine génétique des lignées parentales de ces hybrides. On ne peut donc conserver les spécificités de la variété choisie. De ce fait, l’utilisation systématique de variétés hybrides induit une dépendance : il faut acheter chaque année de nouvelles semences. Cette dépendance est soumise au choix de production des semenciers qui s’est souvent fait au détriment des variétés anciennes. De plus, puisque leurs graines ne sont pas ressemées, les hybrides ne participent pas à l’évolution des semences, le garant de l’adaptation concomitante des graines et de leur environnement. Ces variétés hybrides sont vendues sous l’identifiant F1, ce qui signifie hybride de première génération.

Soutenir la biodiversité, pourquoi, comment

Tout jardinier peut revendiquer la souveraineté de la production de semences en achetant ses graines auprès de réseau de producteurs de semences indépendants. Les nombreuses fêtes de trocs de graines et bourses d’échanges offrent par ailleurs la possibilité de participer à la diffusion de graines… Enfin, semer des variétés de graines locales est une façon de faire vivre le patrimoine culturel de nos régions.

Antoine Bosse-Platière, Les 4 Saisons du jardin bio

La graine, réservoir génétique

Fruit de la fécondation, la graine est le résultat d’une combinaison génétique originale et inédite. Depuis la naissance de l’agriculture, le cultivateur a appris à repérer les caractères d’une plante qui l’intéressaient (précocité, résistance, productivité, goût…) et à sélectionner les graines correspondantes. Bien souvent, il a encouragé de nouveaux mélanges pour créer des variétés aux qualités complémentaires. Ainsi, au fil des campagnes de culture et au hasard des rencontres de pollens et de stigmates (organe femelle de la fleur), le patrimoine culturel des semences s’est étoffé sous l’œil vigilant des générations de paysans et jardiniers. L’intervention de l’être humain dans ce ballet des chromosomes s’est faite de plus en plus pressante, jusqu’à la création des organismes génétiquement modifié (OGM). La sélection des graines est effectuée par quelques multinationales de l’industrie agrochimique (entre 8 et 10 pour toute la planète). Leurs critères de sélection sont basés sur les contraintes de l’agriculture productiviste : forte productivité, aspect irréprochable, tolérance aux pesticides, bonne réponse aux engrais minéraux, longue conservation et bonne résistance au transport pour une commercialisation en circuit long, sur des centaines de kilomètres. 

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