Mouche du chou : lutter naturellement

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Les racines de vos choux sont dévorées ? Il s’agit probablement des larves de la mouche du chou qui n’en font qu’une bouchée ! Découvrez comment lutter naturellement contre ce nuisible.
Photo de la mouche du chou

Symptômes et dégâts de ce nuisible

Comme s’il n’y avait pas assez des altises, de la piéride, des limaces ou des pucerons cendrés ! Pauvres choux, il leur faut encore supporter les larves de cet insecte qui dévorent leurs racines.

Dessin d'un plant de chou dont les feuilles sont flétries

Les plants de chou, dont les racines sont dévorées par la larve de la mouche du chou, flétrissent.
© Christian Galinet

Delia radicum (ou Hylemia brassicae) est une minuscule mouche de 6 à 8 mm que vous aurez quelques difficultés à observer au potager. Elle, par contre, n’aura aucun mal à trouver vos choux – ou les autres crucifères de votre jardin (navets, raves, radis noirs, radis de Chine, etc.) -, sans doute attirée par l’un des composés soufrés qui caractérisent cette famille.

Carte d’identité de la mouche du chou

Dessin d'une mouche adulte

Minuscule, la mouche du chou pond des paquets d’œufs à proximité du collet. 
© Christian Galinet

Les dégâts les plus graves s’observent en pépinière : les jeunes plants, dont le système racinaire n’est pas encore très développé, flétrissent et se dessèchent. Sur les choux d’un stade plus avancé, la végétation est nettement ralentie. Ils prennent un aspect fané lors des journées chaudes, comme s’ils souffraient d’un grand manque d’eau. Les feuilles périphériques se teintent souvent de rouge violacé, puis jaunissent et se dessèchent. Selon l’importance de l’attaque, les choux peuvent ne pas s’en remettre, ou bien refaire de nouvelles racines, sans préjudice pour la récolte. Les crucifères racines – radis, navet et rutabaga – sont particulièrement exposés, puisque c’est la partie de la plante que l’on consomme qui se trouve parcourue de calamiteuses galeries, souvent accompagnées de pourriture.

Mode et cycle de vie de ce parasite

La vie des mouches est courte : douze à quinze jours, essentiellement consacrés à se nourrir de pollen et de nectar, généralement dans une haie, et à se reproduire. Cela suffit à chaque femelle pour trouver des crucifères et venir pondre, à plusieurs reprises, des petits paquets d’œufs déposés à proximité immédiate du collet de ces plantes auxquelles elles sont inféodées. Les dates des premières pontes varient, selon les régions et les températures, de fin mars à début mai. Ce sont les plus dangereuses pour les choux, dont les plants sont encore jeunes, alors que les prédateurs des larves ne sont pas encore très actifs.

Dessin montrant une larve et un pupe

Les larves pénètrent dans les racines, puis se transforment en pupes d’où sortiront les mouches adultes.
© Christian Galinet

Il y aura d’autres périodes de ponte ensuite, jusqu’en septembre, puisque l’on peut avoir deux ou trois générations de mouche du chou en un an (parfois même quatre). Le cycle est en effet assez rapide : l’éclosion des larves, qui ressemblent à des grains de riz, a lieu quatre à six jours après la ponte. Elles s’enfoncent alors dans le sol et pénètrent dans les racines où elles creusent des galeries dans les parties les plus tendres. Au bout de trois semaines, elles quittent la plante pour descendre un peu plus dans le sol. Là, elles se nymphosent et se transforment en pupes (sortes de petites capsules brun clair) d’où sortiront les mouches adultes au bout de vingt jours. Les pupes peuvent stopper leur développement dans deux cas : lorsque la température du sol dépasse 22 °C en été, et à partir de septembre-octobre, où elles rentrent en diapause jusqu’au printemps.

 

 

Pavé essembio 594*164

 

Moyens de lutte préventifs

Les périodes de vols d’adultes étant très échelonnées et de courte durée, il faut mettre en œuvre conjointement plusieurs moyens de lutte préventive :

  • mettez en place très précocement – ou au contraire tardivement – les plants de choux, afin d’éviter les premiers vols d’avril ;
  • plantez profondément et buttez bien les plants ;
  • protégez le collet des plants en épandant autour un peu de poudre de roche, de la cendre ou de la suie ;
  • pour les choux, la méthode la plus efficace consiste à découper des petits carrés de carton, plastique ou moquette, avec une encoche, et à les placer au pied de chaque plant ;
  • les semis en pépinière d’extérieur seront protégés par un filet anti-insectes ;
  • enfin, un semis de trèfle au pied des choux permet de limiter les pontes et favorise les prédateurs ;
  • pour les autres crucifères, couvrez le sol avec des plantes à odeur forte : absinthe, tanaisie, livèche… et arrosez avec des purins végétaux ;
  • plantez à proximité des tomates, dont l’odeur éloigne les mouches, et évitez l’usage du fumier frais, qui les attire.

Traitements biologiques

  • La mouche du chou a quelques ennemis naturels, comme les carabes et les staphylins, qui mangent ses œufs ou ses larves. Les pupes sont également parasitées par certains hyménoptères.
  • Si vos choux sont attaqués avant le repiquage, vous pouvez pulvériser des nématodes (vers microscopiques) qui se chargeront de faire le ménage en vous débarrassant des larves en quelques jours.
  • En dernier recours, il existe un insecticide biologique qui éradique les larves et les moustiques : le Vectobac. Efficace, ce traitement est respectueux de l’environnement.

Antoine Bosse-Platière