Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Faire son compost

© Jean-Jacques Raynal
legende © Jean-Jacques Raynal
Le compost est la clé de voûte de la fertilité du sol. En recyclant les déchets verts du jardin et ceux de la cuisine, il restitue au sol les éléments dont les plantes ont besoin.
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Un compost bien mené fournira un humus nutritif et performant qui allègera les terres lourdes et donnera du corps aux terres légères. Avec du compost longuement mûri, vous n’aurez besoin d’aucun autre engrais, ni de terreau de magasin. D’ailleurs, attention au fumier “frais” ! Il cause, ce qu’on sait rarement, de nombreuses maladies et des pullulations de limaces.

Quel matériel ?

Le compostage peut être mené dans un composteur (ou silo à compost), bien adapté aux petits jardins et aux petits volumes de déchets, ou bien tout simplement en tas, ce qui correspond mieux aux grands jardins. Ce tas devra plutôt se situer à l’ombre, pour éviter le dessèchement.

De tout un peu

  • Les matières “brunes” : feuilles mortes, brindilles sèches, branches broyées, copeaux de bois et sciure, écorce, paille… Sèches et dures, elles sont riches en lignine et en cellulose, substances carbonées qui fournissent le plus d’humus stable. Utilisées seules, elles se décomposent lentement car elles manquent d’eau et d’azote.
  • Les matières “vertes” : déchets de cuisine et tontes de gazon fraîches. À l’inverse des matières brunes, elles sont humides, molles et contiennent beaucoup de substances rapidement fermentescibles. Elles sont riches en sels minéraux et en azote, mais leur rendement en humus est faible.
  • Pour obtenir un bon dosage carbone/azote et maintenir une bonne aération du compost, il faut donc à peu près moitié matières vertes, moitié matières brunes.
  • Réduire les déchets en petits morceaux permet un mélange plus aisé, une réduction des volumes et surtout une attaque plus rapide par les micro-organismes décomposeurs. Le compost sera plus facile à récupérer en fin de décomposition et ne nécessitera pas d’être tamisé.

© D. Klecka

Conseil pratique : au fur et à mesure de vos tailles ou râtissages, en particulier à l’automne, constituez, à côté de votre silo à compost, un tas de matières brunes : coupes d’arbres et de haies, broyats, brindilles sèches, feuilles mortes… Lorsque vous verserez vos déchets de cuisine, vous pourrez aussitôt les recouvrir de ces matières brunes. Sinon, à certaines époques, notamment en hiver, vous risquez de manquer de ces précieuses matières brunes.

Aérez et remuez !

  • Aérer et remuer est essentiel, car les micro-organismes décomposeurs ont besoin d’oxygène. Sans cela, il se produit une fermentation anaérobie, putride, malodorante, qui donne un “ersatz” de compost peu fertile. S’il y a trop de matières vertes, elles se tassent en fermentant, ce qui diminue l’aération. Les mélanger à des matières brunes assez grossières permet de maintenir une porosité suffisante dans le tas. Sinon, vous devrez compenser le tassement en remuant très souvent, voire en retournant le tas plusieurs fois…
  • À chaque apport, mélangez les nouveaux déchets avec l’apport précédent et avec le compost qui commence à se former en dessous. Ainsi, vous ensemencez les déchets nouveaux avec les micro-organismes et les petits animaux décomposeurs, ce qui accélère leur décomposition.

Arrosez si nécessaire

Au toucher, vérifiez régulièrement que la masse est suffisamment humide pour permettre une bonne décomposition. Arrosez ou ajoutez des déchets humides si c’est sec. Attention aux excès d’humidité qui favorisent la fermentation anaérobie, source d’odeurs et de prolifération de moucherons. Pour éviter le dessèchement, installez le tas à l’ombre, ou posez un couvercle ou une bâche non étanche en été.

Quand utiliser votre compost ?

  • © D. Klecka
    Attendez que votre compost soit mûr, c’est-à-dire noirâtre, grumeleux et sans odeur. On n’y reconnaît plus les matériaux d’origine et les vers rouges ne sont plus très nombreux. On l’obtient au bout de six mois environ, parfois plus vite en silo. C’est celui-là que vous devez privilégier pour la plupart de vos plantes. C'est celui que l'on voit au bas du silo dans le dessin à droite. 
  • Le compost demi-mûr se reconnaît à ses vers rouges, qui y sont extrêmement nombreux. On le distingue vers le milieu, sur le dessin de droite. Son cycle de décomposition n’est pas complètement achevé. Certaines plantes gourmandes, comme les courges et les tomates, apprécient ce type de compost.
Denis Pépin 

L’expérience du Centre Terre vivante

© J.-J. Raynal

« Nous épandons ce compost directement sur la terre après le passage de la grelinette, à l’automne, explique Pascal Aspe, le chef jardinier du centre Terre vivante. Ici, en altitude, nous laissons le sol à nu car c’est le gel qui se charge de casser les mottes argileuses. Ailleurs, on paillerait ou on mettrait des engrais verts. Nous, il nous suffit de laisser le compost en surface, sans l’enfouir. Les vers de terre s’en chargent ! Comme dans une forêt, où la litière de feuilles se décompose pour nourrir le sol. Au printemps, le compost a quasiment disparu et la terre s’est enrichie. »

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