Est-ce que le système alimentaire de votre territoire est résilient ?

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Finitude des ressources, perte de biodiversité, changement climatique… de nombreux événements peuvent avoir de lourds impacts sur la sécurité alimentaire. L’agro-industrie a profondément modifié notre système alimentaire, engendrant une vulnérabilité accrue. Rendre plus résilient ce système face aux perturbations permettrait d’assurer localement les besoins essentiels des populations.
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Page de couverture du rapport “Vers la résilience alimentaire” des Greniers d’Abondance.
| Les Greniers d’Abondance

« Un Français sur cent produit la nourriture des 99 autres. Un banal yaourt est l’aboutissement d’un processus industriel improbable mêlant algues chinoises, phosphates marocains, soja brésilien et pétrole saoudien », affirment les Greniers d’abondance, une association travaillant sur la résilience alimentaire. Événements climatiques extrêmes, choc pétrolier, épuisement des ressources, effondrement de la biodiversité, récession économique et instabilités politiques… les potentielles perturbations du système alimentaire ne manquent pas, alors qu’aujourd’hui, « la quasi-totalité de la production agricole d’un département est exportée et la quasi-totalité de sa nourriture est importée ». Quelles sont les voies de résilience de nos sociétés face à ces crises ? Comment satisfaire les besoins essentiels de la population ? Un récent rapport des Greniers d’abondance explore les vulnérabilités de notre système alimentaire et propose des leviers d’action opérationnels dans l’objectif « d’atteindre une certaine autonomie dans les territoires pour assurer une sécurité alimentaire de base en cas de perturbations fortes », comme expliquait Félix Lallemand, un des deux fondateurs de l’association au Monde. Le calculateur CRATer permet d’ailleurs de visualiser pour chaque ville, département ou région de France métropolitaine leur niveau de résilience.

Pour parvenir à l’autonomie, l’association insiste sur la nécessite de sortir d’une production agricole intensive et spécialisée reposant sur les intrants, et privilégier au contraire une agriculture relocalisée, issue de variétés diversifiées et adaptées au terroir. Pratiques agroécologiques, préservation des terres agricoles, lutte contre l’artificialisation des sols, même si le rôle de l’État et des collectivités locales est essentiel pour atteindre ces objectifs, chacun et chacune peut agir en s’engageant dans la profession agricole par exemple ou en privilégiant les réseaux de distribution locaux, en mangeant plus de végétal, des produits peu ou pas transformés, tout en évitant le gaspillage alimentaire.

Les Greniers d’abondance se basent également sur un autre outil, Parcel, élaboré par la coopérative Terre de liens en association avec la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture bio) : ce dernier permet d’évaluer le nombre d’hectares à mobiliser pour relocaliser la production, en fonction de la part dans l’alimentation des produits d’origine animale et du mode de production, bio ou non. Deux outils complémentaires pour approfondir l’autonomie alimentaire de votre territoire !

 

Madeleine Goujon

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