Comment lutter contre la louvette ?

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Vos salades affichent une triste mine ? Leurs racines sont peut-être grignotées par une chenille de couleur blanchâtre, à la tête brun rouge. Appelée la louvette, elle est hyperactive et passe très facilement de plant en plant. Découvrez comment la reconnaître, son mode de vie, discerner les symptômes sur vos salades. Nous vous livrons tous nos conseils pour lutter naturellement contre la louvette !
Salades du potager

Symptômes

Vos laitues fraîchement repiquées tournent de l’œil les unes après les autres ? Voyons un peu : les feuilles extérieures montrent d’abord quelques signes de faiblesse, comme si elles n’étaient plus correctement irriguées par la sève. Puis c’est tout le plant qui flétrit peu à peu, sans autre symptôme apparent. Vos chicorées, vos plants de fraisiers, ainsi qu’iris, dahlias, delphiniums, pivoines et muguet peuvent également être attaqués. Vous pensez alors aux ravageurs terricoles les plus courants qui dévorent le collet des plantes : les larves de taupins, ces affreux vers “fil de fer” fins et coriaces de couleur orange, ou bien les noctuelles terricoles, vers gris et dodus que l’on découvre souvent dans la terre, enroulés sur eux-mêmes. Effectivement, le collet et les grosses racines sont bel et bien rongés, mais pas de trace de larves de taupins ni de vers gris…

En grattant le sol un peu plus profondément autour de pieds récemment attaqués, vous allez finir par mettre à jour l’auteur de ces dégâts : une chenille blanchâtre à la tête brun rouge, au corps mince et luisant, plutôt agitée.

Dessin d'une chenille de louvette qui grignote les racines d'un plant

Pendant un an, les chenilles de louvette se développent et se nourrissent de racines de salades, plants de fraisiers, iris, dahlias.
© Christian Galinet

Carte d’identité

Dessin d'une chenille de louvette (couleur blanche)dans la terre

© Christian Galinet

Il s’agit de la chenille de la petite hépiale du houblon (Korscheltellus lupulinus), ou louvette, un petit papillon nocturne d’un groupe très primitif et assez peu représenté en France : les hépiales (seulement 9 espèces). L’adulte ne dépasse guère 30 mm d’envergure. Il n’a pas de trompe et ses deux paires d’ailes ont la même taille et la même forme, de couleur gris/marron clair avec une série de taches blanches obliques. La chenille mesure de 30 à 40 mm. Son corps est long et sinueux, parsemé de poils clairs à peine visibles.

Mode de vie

Dessin d'une louvette sur une tige

© Christian Galinet

Il n’y a qu’une génération par an, mais la louvette est plutôt du genre hyperactive et peut devenir un ravageur très gênant dans les jardins. La ponte a lieu en mai juin, et les œufs sont alors dispersés à la base des plantes. Ils éclosent neuf jours après, et les jeunes chenilles s’enfoncent dans la terre, commençant à ronger les racines et le collet des plantes. Très polyphages, elles apprécient tout particulièrement les salades ; leur vigueur et leur agilité leur permettent de passer assez rapidement d’une plante à l’autre. Elles résistent très bien au froid et continuent à s’alimenter jusqu’au printemps de l’année suivante. La nymphose a lieu en avril mai et dure environ un mois, laissant apparaître les nouveaux papillons.

 

 

Pavé essembio 594*164

 

Moyens de lutte

La louvette est un ravageur souterrain secondaire, peu signalé par les professionnels qui se plaignent surtout des larves de taupins et des vers gris des noctuelles. Mais elle semble assez présente dans les jardins et s’en prend régulièrement aux salades. Ses ennemis naturels ne peuvent intervenir que pendant la courte période qui suit la ponte. Par la suite, les méthodes de lutte contre les ravageurs souterrains sont assez limitées. Les maraîchers bio utilisent parfois des appâts de son imprégné d’un mélange roténone/pyrèthre, mais c’est assez fastidieux et très aléatoire : comment être sûr de les placer au bon endroit ? Certains ont testé avec succès le purin de fougère comme répulsif, d’autres les extraits d’ail, mais leur efficacité n’a pas été confirmée lors d’essais réalisés par le Grab (Groupe de recherche en agriculture biologique).

La méthode la plus efficace est tout à fait empirique et adaptée à un petit jardin : surveillez régulièrement vos salades et, dès le premier signe de flétrissement, arrachez le plant et attendez quelques instants, le couteau à la main. Dotée d’une grande vivacité, la chenille ne tardera pas à pointer sa tête, si elle est restée à proximité, comme si elle voulait protester contre votre intervention. Si elle ne se manifeste pas, creusez au couteau tout autour du plant jusqu’à ce que vous l’ayez fait remonter à la surface. Sa couleur claire permet de la repérer facilement sur le sol. La moindre blessure lui sera fatale. Sachant que ce ravageur “secondaire” a été très peu étudié, faites-nous part de vos observations et des résultats de vos essais de lutte.

Vous pouvez aussi fouiller la terre avec un râteau tout autour de vos salades. Vous devriez alors voir apparaître les petites chenilles blanches, qu’il faudra alors tuer et brûler. N’hésitez pas à passer à l’offensive dès que vous l’apercevez car elle est très vive et retournera rapidement s’enfouir sous terre !

Antoine Bosse-Platière