Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Le puceron vert du pêcher

© Bernard Chaubet
legende © Bernard Chaubet
C’est le puceron le plus dangereux pour le pêcher, notamment parce qu’il véhicule de nombreux virus. Pensez aux coccinelles et autres syrphes, pour une régulation naturelle.
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Carte d'identité

Parmi les différentes espèces de pucerons qui peuvent coloniser le pêcher, Myzus persicae, le puceron vert du pêcher, est le plus dangereux.
D'abord parce qu'il est sans doute de tous les pucerons le plus polyphage : on le retrouve aussi sur les autres arbres du genre Prunus, qui constituent ses hôtes primaires, mais encore, plus tard, sur un grand nombre d'hôtes secondaires herbacés sauvages ou cultivés, parmi lesquels la plupart des légumes : pommes de terre, tomates, poivrons, laitues, chicorées, épinards, choux, carottes, concombres, courgettes, melons...
Ensuite parce qu'il est le vecteur de nombreux virus contre lesquels on ne dispose d'aucun moyen de lutte curatif : sharka du prunier ou du pêcher, mosaïque du concombre et de la laitue, jaunisse de la betterave... près d'une centaine en tout. Une vraie calamité !
Les adultes aptères (sans ailes) sont vert clair, de 1,2 à 1,5 millimètres de long ; les adultes ailés sont un peu plus grands. L'abdomen de ces derniers est vert taché de noir ; leur thorax est noir et porte de longues ailes transparentes.

Symptômes

Feuilles pêcher attaquées par puceron
Alors que les pucerons prélèvent la sève, les feuilles se crispent et de recroquevillent. ©B. Chaubet

Les premiers pucerons verts se remarquent en avril sous le limbe des feuilles du pêcher où ils prélèvent la sève grâce à leurs stylets buccaux. À mesure que la population se développe – cela peut aller très vite – les feuilles se crispent puis se recroquevillent. Les colonies s'installent de préférence sur les jeunes pousses et finissent par les faire dépérir (cet effet s'observe aussi sur les légumes). Elles produisent du miellat en abondance, prélevé par les fourmis qui, en échange, les protègent contre leurs ennemis naturels. S'il n'y a pas de fourmis, les excrétions de miellat provoquent l'apparition d'un champignon noirâtre, la fumagine, qui contrarie la photosynthèse. Mais les pucerons peuvent aussi inoculer des virus. Ces derniers se traduisent par des décolorations du feuillage, des marbrures, puis des déformations qui gagnent également les légumes. Il n'y a d'autre solution que la destruction.
Quant au sharka, virus propre au pêcher et au prunier, on le reconnaît grâce aux marbrures ou aux taches en anneau sur les fruits qui prennent un goût acide déplaisant et chutent prématurément. Il faut arracher l'arbre et le brûler pour éviter la contagion (ce virus est surtout présent dans le Midi. Si vous avez des doutes, appelez les services de la protection des végétaux).

Mode de vie

Déposés en fin d'automne à la base des bourgeons, les œufs donnent naissance en avril à des "fondatrices". Chaque fondatrice engendre une quarantaine de larves, uniquement des femelles, qui deviennent des adultes ailés ou aptères en huit jours et s'empressent de se reproduire à leur tour.
Au bout de trois ou quatre générations, il ne naît plus que des formes ailées qui migrent à partir de mi-mai vers leurs hôtes secondaires et peuvent développer encore plusieurs générations sur vos légumes.

Moyens de lutte

  • Les ennemis naturels des pucerons sont nombreux et certains sont d'une redoutable efficacité, notam­­ment les larves de coccinelles, de chrysopes et de syrphes. Malheu­reu­sement, cette régulation naturelle intervient un peu trop tard lorsque les conditions météo sont favorables aux pullulations de pucerons. Les essais d'introductions précoces d'auxiliaires en verger sont moins probants que sous serre. L'important est de faire en sorte que votre jardin leur soit le plus accueillant possible, avec des haies, des bandes florales et des zones enherbées diversifiées et aux floraisons précoces. Ce n'est pas suffisant pour empêcher les premiers dégâts, mais c'est indispensable pour assurer un contrôle des infestations.
  • Autre mesure préventive importante : évitez les excès de fertilisation azotée et limitez les risques de carences. On apportera du compost mûr et d'éventuels compléments en fonction de la nature du terrain.

Pour enrayer les attaques à leur début et éviter l'envahissement, l'éventail des solutions reste assez large :
  • s'il y a des œufs à la base des bourgeons en avril, un traitement aux huiles blanches (paraffine, colza) permet de tuer les œufs et les jeunes fondatrices ;
  • installez des colliers englués anti-fourmis sur les troncs avant le démarrage de la végétation
  • arrosez à plusieurs reprises les premières colonies avec un jet d'eau puissant ;
  • s'il n'y a encore que quelques foyers, supprimez les feuilles atteintes ;
  • pulvérisez à plusieurs reprises ou alternativement des préparations à base de plantes : purin d'ortie de 12 heures (1 kg de plante fraîche dans 10 l, dilué à 10 %), infusion de tanaisie (30 g de fleurs dans 1 l d'eau), purin de fougère aigle (1 kg pour 10 l).
  • d'autres produits sont également efficaces en pulvérisation : le savon noir (250 g dans 10 l d'eau) ou encore les extraits de neem (voir Les 4 Saisons du jardin bio n° 136 page 39 et n° 143 page 84).
  • Quant à la roténone et au pyrèthre, séparément ou en association (en jardinerie), ne les utilisez qu'en début d'infestation, ou bien en dernier recours si les auxiliaires ne sont pas au rendez-vous, car ces insecticides ne sont pas sélectifs. L'hécatombe de pucerons se doublerait d'un massacre d'auxiliaires, anéantissant tous vos efforts pour les accueillir.
Antoine Bosse-Platière
En savoir plus

Nutrition des plantes et sensibilité aux parasites

Au terme de sa carrière de directeur de recherches à l'NRA, Francis Chaboussou a montré que « les relations entre plante et parasite sont avant tout d'ordre nutritionnel ». Une fertilisation déséquilibrée, notamment les carences en oligo-éléments et les excès d'engrais azotés, perturbent la synthèse des protéines à l'intérieur de la plante. Les substances solubles qui servent de matériau à cette synthèse s'accumulent alors dans les tissus et constituent une nourriture de choix pour les parasites. L'utilisation de pesticides de synthèse supprime provisoirement les parasites mais aggrave le déséquilibre. Des travaux que l'on aimerait voir reprendre.
Pour en savoir plus :
Santé des cultures de Francis Chaboussou, éd. La Maison Rustique, 1985.

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350 pages; (15 x 21 cm); 27,40 €

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