Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'épuration par les plantes, pensez-y !

© Antoine Bosse-Platière
legende © Antoine Bosse-Platière
Nos eaux usées polluent trop souvent la nature sans que l’on s’en rende compte. Un grave problème dans les zones rurales qui ne connaissent pas le tout-à-l’égout.
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L'épuration autonome classique avec tranchées d'épandage © D. KleckaL'épuration autonome classique avec tranchées d'épandage © D. Klecka
La phytoépuration fait appel aux bactéries présentes dans les systèmes racinaires des plantes pour épurer l'eau.
Par rapport à l'épuration classique, elle a d'indéniables avantages. Elle permet de traiter phosphates et nitrates : ainsi, les bambous "mangent" littéralement les phosphates. De plus, elle est un peu moins chère qu'une installation classique, surtout si l'on fait une partie du travail soi-même. Elle ne produit pas de boues, sauf lorsqu'elle comprend une fosse toutes eaux qu'il faut vidanger, et permet un contrôle facile des rejets, à la différence des dispositifs enfouis. Seule contrainte, elle nécessite de l'entretien.

Comment ça marche ?

Différents cas de figure sont possibles pour la phytoépuration.

Le prétraitement se fait soit dans un lit vertical planté de roseaux, soit dans une fosse toutes eaux.

Pour le traitement, il faut ensuite prévoir un bassin à écoulement horizontal planté d'espèces végétales capables d'absorber les charges polluantes (bambous, massettes, iris des marais, laîches...), suivi d'une mare ou d'un fossé planté d'espèces semi-aquatiques ou ornementales gourmandes.

 

Filtres à roseaux - © D. KleckaFiltres à roseaux - © D. Klecka
Si vous optez pour le lit vertical planté de roseaux en prétraitement, prévoyez un dénivelé d'environ 90 cm avec le second bassin. Attention à l'entretien : il faut alterner la circulation de l'eau tous les trois jours dans les parties des bassins plantés de roseaux, tailler ces derniers tous les ans et retirer le compost en surface tous les dix ans. Dans le second bassin, contenez la progression des bambous volontiers envahissants et fauchez-les tous les quatre ans. Des tâches somme toute légères pour qui aime s'occuper de sa maison et de son jardin... mais qui peuvent en rebuter certains. Dans certains cas, il peut être judicieux de se grouper avec ses voisins pour réaliser une petite installation collective au lieu de plusieurs installations individuelles.

Les démarches à suivre

Si vous décidez d'évoluer vers une installation plus écologique, vous devrez d'abord retirer auprès de votre commune une déclaration d'installation de dispositif d'assainissement autonome. Dans ce dossier, vous devrez expliquer les caractéristiques de votre terrain, ainsi que les principes du système d'épuration que vous avez choisi. Pour mettre toutes les chances de votre côté, mieux vaut passer par un bureau d'études qui appuiera votre démarche. L'important, c'est de montrer que vous n'allez pas bricoler une solution au hasard. Car l'assainissement, c'est sérieux. La réglementation précise que les installations ne doivent pas représenter de risques de contamination ou de pollution des eaux et que l'assainissement doit être installé par une entreprise spécialisée. Pas toujours facile de trouver un bureau d'étude qui connaisse des solutions alternatives !

Mieux vaut prévenir que guérir

Même si vous ne devez pas renouveler votre système d'assainissement tout de suite, n'attendez pas pour agir. Avant de se consacrer au traitement de la pollution, mieux vaut d'abord chercher à ne pas polluer. Comment ? Tout d'abord, choisissez des produits respectueux de l'environnement, biodégradables, sans phosphates, ou portant le label bio. Utilisez avec parcimonie lessives, savons ou shampoings. Moins nous "salirons" notre eau, et moins nous aurons besoin de traitements pour la "nettoyer" ! Ensuite, vous pouvez opter, si vos conditions d'habitation le permettent, pour des toilettes à compost sans eau, ce qui permet de se passer du prétraitement (fosse toutes eaux ou lit vertical planté de roseaux). Le second bassin suffira pour traiter vos eaux grises (cuisine et salle de bains).
Carine Mayo

  • Voir les articles en archive sur la phytoépuration : "Epuration individuelle par les plantes" (n° 125 - novembre-décembre 2000), "Systèmes d'assainissement individuel" (n° 143 - novembre-décembre 2003) et "Eaux usées, les plantes à la rescousse" (n° 168 - novembre-décembre 2007) des 4 Saisons du jardin bio.
  • Réseau Idéal, www.reseau-eau.net

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