Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Haies : osez l'osier !

© Dominique Klecka
legende © Dominique Klecka
Charmantes et peu onéreuses à mettre en place, les haies d'osier vivant sont peu exigeantes sur la nature du terrain. Les différentes variétés de saules s’adaptent à vos besoins et vous assurent au minimum trente ans de haie sans souci. Un plaisir qui demande juste la patience d’un méticuleux travail de tressage.
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Choisir sa haie

Pour réussir sa haie, il faut réfléchir à sa destination finale. S'il s'agit d'une petite séparation symbolique, un tressage à deux brins suffira. Mais pour une vraie haie, il faut la tresser à quatre brins, c'est-à-dire à brins doubles. Les brins ainsi travaillés deux par deux assurent une plus grande densité de végétation et donc davantage d'intimité.

Il faut également choisir l'espèce de saule utilisé. Le plus courant est Salix alba vitellina, extrêmement vigoureux, mais qui développe un système racinaire important, préjudiciable aux abords des dallages, piscines, murets. Près des massifs ou des potagers, il constitue une concurrence pour les plantations. Dans ces cas-là, on lui préfère Salix Triandra ‘Noir de Villaines', un osier naturellement arbustif (3 à 4 mètres), qui nécessite des terres moins humides et dont les racines restent sages.

Préparez le terrain

Fig.1 ©D. Klecka

Une haie à brins doubles se met en place de fin novembre à mars (entre la chute et la repousse des feuilles).

Plantez un cordeau à l'emplacement de la haie et marquez son tracé au sol à l'aide de sable ou de chaux.

Travaillez ensuite le sol à la grelinette ou à la fourche bêche sur 30 à 40 cm de large et 30 cm de profondeur.

Désherbez très soigneusement car, pour que les boutures s'enracinent tranquillement, il faudra éviter d'aller fourrager profondément autour des racines.

Incorporez un seau de compost maison pour 2 m2 de terre, en mélangeant à la griffe (dessin 1).

Récoltez les boutures

Fig.2 ©D. Klecka

Coupez des pousses de l'année, non ramifiées, longues d'environ 2 mètres (dessin 2). Tout est fonction de la hauteur finale désirée pour la structure, en sachant que les 10 ou 15 premiers centimètres ne sont généralement pas utilisables (les entre-nœuds sont trop espacés et donneraient une haie peu fournie à la base).

Pensez aussi à la partie qui sera plantée dans le sol, et ajoutez enfin 20 cm pour la bordure finale. La base des boutures doit avoir la taille d'un gros crayon (moins grosses, elles reprennent plus difficilement). Il est possible d'acheter des brins prêts à planter par correspondance chez un osiériste.

Tuteurez la haie

Fig.3 ©D. Klecka
Pour réussir une belle haie, il faut la rigidifier en la maintenant par deux rangées de fil de fer
, sinon elle s'effondrera sous l'emprise du vent, même si elle n'est pas très haute. Formez un cadre en plantant des piquets d'acacia ou de châtaignier tous les trois mètres, complétés par des jambes de force aux extrémités. Tendez ensuite, à l'aide de tenseurs, deux fils, un à mi-hauteur et un en haut (dessin 3).

Plantez, tressez...

 

 Plantez vos brins d'osier dans le sol tous les 15-20 cm, pointe du bourgeon vers le haut. Vous pouvez planter vos quatre brins côte à côte. À noter qu'il ne faut que deux brins au début et à la fin de la haie.

Fig.4 ©D. Klecka

 Tressez ensuite (de bas en haut) en croisant les brins selon les indications données dans le dessin. Ce premier croisement densifie le bas de la haie. Inversez toujours le croisement d'un rang à l'autre : les brins de dessous viennent dessus et vice-versa. Vous formez ainsi des losanges que vous fixerez au niveau du croisement par un brin de raphia ou d'osier (dessin 4). Ne vous préoccupez pas des côtés.

La finition

Fig.5 ©D. Klecka
Arrivés au dernier rang, reprenez les brins des côtés et changez leur direction au niveau du piquet en les attachant avec une ficelle (en laissant un peu de jeu) et continuez le tressage avec les autres. Puis rabattez en arrondi chaque brin sur le dernier fil de tension et fixez au raphia (dessin 5).

En cas de sécheresse

Par temps très sec ou de fortes chaleurs, les feuilles peuvent jaunir. Surtout, ne traitez pas ! C'est juste une réaction physiologique : l'arbuste fait du délestage. Il reprendra un feuillage normal au printemps suivant. Si, pour une raison quelconque, des branches de la structure sèchent, inutile de les enlever, il suffit d'en laisser pousser une nouvelle qui sera palissée et tressée par-dessus.

Taille et entretien

Un désherbage minutieux est indispensable au printemps, en faisant attention de ne pas bousculer les jeunes plants qui s'enracinent. Au besoin, aidez-vous d'une gouge à asperges. Paillez ensuite avec du broyat afin de limiter le désherbage et l'évaporation.

Arrosez régulièrement, la première année, deux fois par semaine (un goutte-à-goutte est idéal). Ensuite, espacez pour arriver à tous les quinze jours au bout de trois ans, une fois que les racines sont suffisamment profondes. Pour des plantations sur faible épaisseur de terre ou en jardinières, l'arrosage deux fois par semaine continue d'être nécessaire.

Fig.6 ©D. Klecka

La taille s'effectue au sécateur de décembre à février, c'est-à-dire avant la remontée de sève (jusqu'en mars en climat plus froid), en retaillant au ras de la structure d'osier (dessin 6) . Pour les longues haies, vous pouvez utiliser le taille-haie, mais dans ce cas, restez à 10-15 cm de la structure pour ne pas risquer de l'entailler.

Une deuxième taille peut être nécessaire en mai-juin pour maîtriser les jeunes pousses, surtout si vous souhaitez garder le dessin du croisillon apparent.

Brigitte Lapouge-Déjean

Que faire des branches taillées ?

Les branches taillées donnent un matériau intéressant. Elles peuvent être réutilisées pour former de nouvelles haies ou des bosquets. Vous pouvez aussi en faire des bordures de massifs tressées, garder les plus grandes pour des tuteurs (vivaces, ipomées, potager). Si vous avez un broyeur suffisamment puissant (ces pousses sont très ligneuses et font du "fil"), broyez-les. Vous aurez un excellent paillis à étaler au pied de la haie ou dans les massifs.

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