Votre logement fait-il partie des 5 millions de passoires thermiques en France ?

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Froid glacial en hiver, fournaise en été, facture élevée due à une surconsommation d’énergie… Votre habitation compte peut-être parmi les quelque 5 millions de “passoires thermiques” en France, ces logements très énergivores.
Votre logement fait-il partie des 5 millions de passoires thermiques en France ?

Fenêtre avec condensation.
O. Ozden | Unsplash

En 2020, encore « 3,5 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique en France », selon Arnaud Leroy, président de l’Observatoire national de la précarité énergétique. 3,5 millions de ménages qui éprouvent dans leurs logements, d’après la loi du 12 juillet 2010, « des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de [leurs] besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de [leurs] ressources ou de [leurs] conditions d’habitat ».

« Le froid rentre par le garage en dessous, par le grenier du bout… par les fenêtres aussi… la pluie s’infiltre par la fenêtre de la cuisine », « les murs suintent quand il fait froid », « les matins d’hiver, ma bouteille d’eau, posée sur le plancher à côté du lit, était gelée », « en hiver, c’est une glacière, en été, c’est un four ». Interrogés par le Secours catholique, plusieurs ménages témoignent des conditions de vie dans ces « maisons à courants à d’air ». Un logement froid malgré le chauffage en hiver, chaud malgré l’aération ou la climatisation en été, une surconsommation d’énergie pour pallier les déperditions qui fait grimper tant les factures que les émissions de gaz à effet de serre, une détérioration de l’habitat à cause des moisissures et de l’humidité pouvant entraîner des maladies… Le dernier rapport du ministère de la Transition écologique recense en France 4,8 millions de logements très énergivores, qualifiés de “passoires thermiques”, sur 29 millions de résidences principales. Sur une échelle de A à G, ces logements relèvent des classes F et G au diagnostic de performance énergétique (DPE), consommant plus de 330 kWh par m2 et par an d’énergie primaire – la classe A consommant moins de 70 kWh/m2/an. Obligatoire depuis 2006-2007 à titre informatif et désormais devenu opposable en juillet 2021, ce DPE calcule les consommations d’énergie et émissions de gaz à effet de serre des logements. Critiqué à plusieurs égards, considéré comme favorisant notamment les logements chauffés à l’électricité, le DPE offre cependant un ordre d’idée du nombre de passoires thermiques en France.

Comment reconnaître ces passoires thermiques ?

Une mauvaise isolation ou une piètre qualité des systèmes de chauffage se cachent derrière cet inconfort thermique et ces faibles performances énergétiques. Murs, plancher, toiture, combles, ventilation ou encore fenêtres en simple vitrage sont souvent en cause. Les passoires thermiques sont principalement des logements de petite taille (moins de 30 m2), des maisons individuelles plutôt que des logements en habitat collectif, et sont souvent construits avant les années 1950 ou localisés en zone rurale ou montagneuse selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique. Logiquement, les climats les plus doux nécessitant moins de chauffage accueillent moins de passoires thermiques. Faire réaliser un DPE par une personne professionnelle agréée permettra de vérifier la qualité de l’isolation de votre logement. 

Si vous vous trouvez dans cette situation, des aides à la rénovation existent. Même s’il n’est pas toujours aisé d’y recourir, plusieurs financements de l’État sont néanmoins disponibles. Le site du ministère de l’Économie fait le point sur ces aides. Des articles du magazine Les 4 saisons et plusieurs livres aux éditions Terre vivante sur l’isolation et le confort thermique donnent également de précieux conseils pour vous lancer dans la rénovation (écologique) de vos logements !

 

Madeleine Goujon

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