Hernie du chou : symptômes et traitements

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Provoquées par un champignon microscopique, des excroissances blanches se développent sur les racines, perturbant ses capacités d’assimilation : voilà la fameuse hernie du chou. Découvrez comment reconnaître les symptômes et quels traitement naturels utiliser.
Zoom sur un chou

Symptômes et dégâts de la hernie du chou

L’attaque peut commencer en pépinière sur des jeunes plants qui deviennent chétifs. À un stade plus avancé, elle se manifeste par un flétrissement du chou aux heures chaudes de la journée, auquel l’arrosage n’apporte pas d’amélioration. C’est alors qu’en arrachant le plant dépérissant, vous découvrez le symptôme caractéristique : un grand nombre de galles qui se sont développées sur les racines, formant des excroissances blanchâtres très irrégulières qui perturbent les capacités d’assimilation de la plante. Pour être tout à fait sûr du diagnostic, une deuxième vérification s’impose : avec votre couteau, tranchez l’une de ces galles par le milieu. Si elle est creusée de galeries, vous allez trouver également des larves. Elles proviennent de pontes déposées au niveau du collet par le charançon gallicole du chou qui peut, lui aussi, causer de gros dégâts sur les crucifères. Par contre, si la galle ne laisse apparaître aucune cavité, il s’agit bien de la hernie du chou.

Dessin d'une excroissances sur les racines

Les galles se développent sur les racines, formant des excroissances blanchâtres.
C. Galinet |

 

Carte d’identité de cette maladie cryptogamique

Provoquées par un champignon microscopique, Plasmodiophora brassicae, ces monstrueuses déformations racinaires sont connues depuis le Moyen Âge, où l’on parlait de “syphilis du chou”. C’est une maladie spécifique des crucifères (ou Brassicacées) que l’on retrouve sur les navets, les rutabagas, le colza et parfois sur les radis. Les crucifères sauvages, comme la bourse-à-pasteur, la ravenelle et la moutarde y sont également sensibles.

 

Biologie de la maladie

Lorsque les galles se décomposent dans le sol, l’éclatement des cellules libère des millions de spores, qui assurent la dissémination du champignon et peuvent se conserver dans le sol pendant dix ans. La contamination peut s’effectuer par les plants de chou en place, mais aussi par les outils, par des composts contenant des plantes atteintes, par les eaux de ruissellement, et même par des fumiers provenant d’animaux nourris avec des racines de crucifères contaminées (navets, raves, rutabagas).

Pour pouvoir infester les plantes, les spores du champignon doivent bénéficier de conditions favorables : un sol mouillé et un pH compris entre 5 et 6. Elles commencent par se transformer en zoospores munies d’un flagelle, sorte de nageoire qui assure leur mobilité. Puis elles pénètrent dans les racines, par les poils absorbants ou par des blessures, et germent. Le champignon se multiplie alors très rapidement en formant les nombreuses excroissances caractéristiques de la hernie.

 

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Des moyens de lutte surtout préventifs

Tous les efforts doivent se concentrer sur la prévention, en particulier après un hiver très humide.

Vous adopterez tout d’abord des rotations d’autant plus longues que les conditions sont favorables au développement du champignon, afin de ne pas cultiver de crucifères au même endroit avant plusieurs années (sept à huit ans si la maladie s’est déjà déclarée).

Il est également possible de modifier ces conditions favorables à la hernie :

  • En drainant et en allégeant les sols trop humides ou asphyxiants. Pour cela, vous pouvez ajouter du sable ou de la tourbe pour alléger le substrat. Disposer une couche de paillage organique pour éviter à la terre de se tasser en hiver ;
  • En relevant progressivement le pH du sol par des amendements calcaires : calcaire broyé, dolomie, marne, craie, chaux éteinte (20 kg pour 100 m2 ), sable coquiller (qui allégera aussi la structure du sol).

Pour ce qui est des précédents culturaux, évitez de semer des engrais verts de la même famille que le chou, comme la moutarde. Supprimez également les crucifères sauvages comme la bourse-à-pasteur, fréquente dans les jardins. Par contre, des graminées comme le ray-grass ou le dactyle sont recommandées sur un terrain contaminé, car elles provoquent la germination des spores présentes dans le sol, sans leur permettre de poursuivre leur cycle au-delà. Poireau, oignon et ail sont également de bons précédents, grâce à leurs propriétés antifongiques.

Enfin, quand vous achetez vos plants de choux, choisissez-les de préférence à racines nues. Ils seront plus vigoureux que les plants en motte, grâce à un chevelu racinaire plus développé, et vous pourrez vérifier l’absence de galles sur les racines.

 

Lutte manuelle

Pour éviter de disséminer les spores dans le sol, il faut enlever et brûler les plantes atteintes au fur et à mesure. C’est à peu près la seule mesure de lutte directe que l’on puisse appliquer qui soit réellement efficace.

 

Antoine Bosse-Platière