Rotation des cultures : à quoi cela sert et comment faire ?

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Mais où installer ces différentes cultures et comment organiser au mieux votre potager ? Vous avez vaguement entendu dire qu’il ne fallait pas remettre le même légume au même endroit d’une année à l’autre. Là, plutôt perplexe, vous vous grattez la tête… : « Mais que suis-je allé(e) faire dans cette galère ? » Pas de panique ! Découvrez pourquoi il est important d’assurer la rotation des cultures, et comment s’y préparer.
Une femme qui note la rotation de ses cultures dans un carnet

Rotation des cultures : pourquoi ?

On appelle rotation, cet “art” de faire se succéder des cultures sur une même parcelle. D’ailleurs, les raisons d’une telle pratique sont faciles à comprendre.

  • Valoriser les apports de compost. En outre, certaines espèces (pomme de terre, courgette, potiron…) sont gourmandes ; d’autres (salades, navet, radis…) sont frugales ; d’autres encore (carotte, ail, oignon…) redoutent trop de fumure organique, avec pour conséquence possible des racines fourchues (carotte), ou bien des maladies (oignon);
  • Utiliser au mieux les ressources du sol : une salade (légume feuille) n’a pas les même besoins nutritifs qu’une betterave rouge (légume racine) ou qu’une tomate (légume fruit). C’est-à-dire que l’enracinement, plus ou moins profond, permet d’en explorer les différentes couches : jusqu’à un mètre pour les racines d’une carotte !
  • Limiter le développement des ravageurs et des maladies propres à chaque culture.
  • Prévenir la “fatigue” du sol, provoquée notamment par l’installation et la multiplication de ravageurs et de maladies vivant dans le sol : nématodes, champignons… Ce phénomène est régulièrement mis en évidence chez les maraîchers ne cultivant que trois ou quatre espèces, revenant trop souvent sur une même parcelle.

En une phrase : 

plus longue est la rotation, meilleurs sont les résultats. 

 

Comment procéder dans la pratique ?

Dans la pratique, la rotation s’appuie sur trois principes clefs. L’outil incontournable ? Le plan du potager dessiné sur un carnet. De cette façon, les “planches” sont identifiées et numérotées. Conséquemment, chaque année, on notera la fertilisation apportée et la succession des cultures.

Premier principe

schéma sur la rotation des cultures

Prenez en compte les apports de matières organiques (compost mûr ou demi-mûr) :

  • la première année, la planche où vous apportez du compost verra une culture gourmande (pomme de terre, tomate, poireau, chou…) ; mais encore, c’est ce que les professionnels appellent la tête de rotation ;
  • les deuxième et troisième années, mettez en place des cultures moyennement exigeantes ou ne supportant que des composts très bien décomposés (betterave, carotte…) ;
  • ensuite, viendront les cultures frugales ou redoutant les excès de compost (ail, oignon, haricots…) ;
  • enfin, un nouveau cycle commencera avec un nouvel apport de compost et une culture gourmande. En ce qui concerne l’idée à retenir : un cycle peut durer de trois à cinq ans.

Deuxième principe

D’autre part, évitez la succession, sur une même planche, du même légume ou de deux légumes de la même famille botanique.

Une main qui écrit sur une feuille de papier

Vous pouvez adopter un intervalle de trois ans (c’est un minimum), sauf pour les cultures suivantes, pour lesquelles il vaut mieux respecter un intervalle de cinq ans :

  • ail, oignon, échalote (risque de pourriture blanche) ;
  • chou pommé, chou-fleur, chou de Bruxelles (l’hernie du chou : tumeurs sur les racines) ;
  • laitue (sclérotinia : flétrissement de la plante) ;
  • carotte, betterave (rhyzoctone violet : taches violacées sur les racines, pourriture).

Troisième principe

Finalement, à la dernière étape, faites intervenir tour à tour dans les rotations des légumes cultivés pour la production de feuilles (laitues, chicorées, chou, épinard…), de bulbes (ail, oignon, échalote…), de racines (betterave, carotte, navet, panais…), de fruits (aubergine, tomate, courgette, melon…).

Les astuces pour aller plus loin après la rotation

Vous savez à présent comment déjouer l’appauvrissement de vos sols. Néanmoins, évitez toujours de laisser des résidus de la précédente culture, et ne les enfouissez jamais sur place, sous peine de favoriser nématodes, champignons… Profitez-en plutôt pour enrichir votre compost.

  • Plantez des tagètes ou des œillets d’Inde dont les racines émettent des substances détruisant les nématodes.
  • Un engrais vert (graminée + légumineuse ; exemple : seigle + vesce) a un effet stimulant sur la microfaune du sol, renforçant leur action contre les organismes pathogènes.
  • Aménagez l’environnement du potager pour attirer les insectes auxiliaires (fleurs annuelles et vivaces).

En définitive, ayez toujours ce réflexe rotation : un excellent moyen de profiter au mieux des ressources de votre jardin, et de prévenir nombre de pépins de santé chez vos légumes préférés. Bientôt, vous deviendrez de véritables autonomes au jardin ! 

Rémy Bacher

 

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