Enrouement, aphonie, laryngite : retrouver sa voix naturellement

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Souvent consécutifs à un rhume ou à une grippe, l’enrouement et l’extinction de voix traduisent une inflammation du larynx. Le plus souvent bénigne, la laryngite nécessite repos vocal, hydratation et soins adaptés pour soulager l’inflammation et accélérer la guérison, tout en restant vigilant face aux signes de gravité.

Mitrey |Pixabay

Ces explications sont issues du livre Le guide Terre vivante de la santé au naturel de Dr Christine Cieur.

 

Qu’est-ce que c’est ?

La laryngite désigne une inflammation de la muqueuse du larynx. Elle se manifeste au décours d’autres affections comme le rhume, la grippe, la bronchite, etc. D’origine virale ou bactérienne, elle se caractérise par une modification de la tonalité de la voix qui va du simple enrouement à l’extinction de voix (aphonie). Celle-ci s’explique par le gonflement des cordes vocales qui dès lors vibrent moins bien. D’autres signes peuvent accompagner le tableau : fièvre et toux rauque (trachéite).

Certains facteurs sont favorisants : le tabagisme, l’alcool, la sur-sollicitation de la voix, le reflux gastro-oesophagien ou encore l’utilisation de certains médicaments (corticoïdes inhalés). Le plus souvent, la laryngite est bénigne et guérit en moins de 1 semaine (avec un traitement adapté !). Chez l’enfant, une dyspnée (difficulté à respirer, s’accompagnant d’une sensation de gêne ou d’oppression) peut apparaître, en raison de l’étroitesse du larynx.

 

Quand consulter ?

Fièvre persistant plus de 2 jours, difficulté à respirer, lorsque la laryngite est d’origine bactérienne ou si elle concerne un nourrisson, un enfant, une personne âgée ou immunodéprimée. La consultation est également indispensable lorsqu’un enrouement perdure afin de vérifier l’absence d’un autre trouble ou lésion (reflux gastro-oesophagien, polypes, nodules, etc.).

 

Conseils alimentaires et d’hygiène de vie

  • Évitez de parler afin de mettre les cordes vocales au repos et couvrez le cou avec un tissu chaud car la chaleur exerce un effet antalgique local.
  • L’humidification des pièces à vivre apporte un confort supplémentaire. À défaut d’appareil, disposez des récipients remplis d’eau chaude dans lesquels vous faites infuser des feuilles d’eucalyptus ou des bourgeons de pin.
  • Les facteurs favorisant l’aphonie seront à supprimer : tabagisme, pollution, air sec.
  • Buvez beaucoup d’eau, ou mieux, des tisanes (voir ci-après) pour bien hydrater les cordes vocales.

 

Que faire ?

Ici encore, le traitement local ne doit pas être négligé. La préparation utilisée pour l’humidification de l’atmosphère pourra servir en même temps d’inhalation. Le gargarisme d’eau salée décongestionne les cordes vocales et apaise la douleur. Si le goût vous gêne, la tisane proposée pour la voie orale peut également faire office de gargarisme, 3 fois par jour (voir plus loin).

Les onctions aromatiques au niveau de la gorge sont très bénéfiques :

  • Huile essentielle d’eucalyptus citronné : 2 gouttes
  • Huile essentielle de lavande officinale : 2 gouttes
  • Huile végétale de calophylle : 8 gouttes

Trois fois par jour, massez la gorge avec ce mélange puis appliquez un linge chaud pendant 10 minutes. Chez l’enfant à partir de 6 ans : possible à demi-dose.

La voie orale permet de réduire rapidement l’œdème local à l’aide de plantes anti-inflammatoires, décongestionnantes et émollientes. Si besoin, en cas de douleur associée, une action anti-infectieuse complémentaire sera requise.

À FAIRE SOI-MÊME : UNE PRÉPARATION INSOLITE

Lavez et épluchez 2 ou 3 poireaux ; coupez-les en morceaux puis faites-les cuire dans un minimum d’eau, sans saler.
Lorsqu’ils sont cuits, réduisez-les en purée et ajoutez 2 cuillères à café de miel liquide d’acacia. Prenez 1 cuillère à soupe de cette préparation 3 à 5 fois par jour et le soir au coucher. Vous retrouverez votre voix sans tousser de la nuit !

 

Phytothérapie

Deux plantes, qui passent souvent inaperçues sur le bord des routes, méritent notre intérêt ; vous pourrez les employer seules ou en association avec des plantes à mucilages dont l’efficacité sans faille n’est plus à prouver !

  • L’aigremoine (partie aérienne fleurie) : riche en tanins et flavonoïdes, elle renferme aussi des minéraux (silice), des vitamines (C, B1, K), et une Huile essentielle qui lui confère des propriétés antimicrobiennes et immunomodulatrices en plus des effets anti-inflammatoires et décongestionnants.
    Prenez 1 cuillère à café bombée de plante par tasse d’eau bouillante, en infusion de 10 minutes ; filtrez et buvez 2 à 3 tasses par jour, de préférence entre les repas.
    L’aigremoine excelle aussi en gargarismes : 1 cuillère à soupe en décoction prolongée dans 150 ml d’eau.
    Attention : L’aigremoine est contre-indiquée en cas d’hypersensibilité et ne doit pas être prise à fortes doses en cas de syndrome de Raynaud ou d’infarctus (risque de convulsions). La présence de tanins dans la plante peut occasionner de la constipation (suivant la dose).
  • L’érysimum ou herbe aux chantres (partie aérienne fleurie) : réputée comme la plante des orateurs ou des chanteurs, son action bienfaisante sur le larynx et le pharynx est due à la présence d’une Huile essentielle soufrée et de mucilages. Son action antitussive complémentaire est appréciable dans les laryngites.
    L’érysimum est principalement employé sous forme de teinture mère ou d’extrait fluide : 20 gouttes à diluer dans un peu d’eau (ou dans la tisane ci-dessous), toutes les 2 à 3 heures, sans dépasser 5 fois par jour :

    • Guimauve (racine) : 20 g
    • Coquelicot (pétale) : 20 g
    • Bouillon-blanc (fleur) : 20 g
    • Érysimum ou aigremoine (plante entière) : 40 g

Versez 750 ml d’eau bouillante sur 3 cuillères à soupe du mélange ; laissez infuser 10 minutes ; filtrez impérativement avec un filtre à papier afin d’éliminer les poils irritants du bouillon-blanc.
Buvez la tisane tout au long de la journée en l’absorbant lentement car elle recouvre ainsi les muqueuses d’un film protecteur apaisant.

 

Aromathérapie

La prise complémentaire d’Huile essentielle se montre utile : absorbez sur un support neutre ou dans un peu de miel 1 goutte d’Huile essentielle de niaouli associée à 1 goutte d’Huile essentielle de citron, 3 à 4 fois par jour, pendant 5 jours. En cas de forte douleur et pour renforcer l’action anti-infectieuse et antitussive, ajoutez 1 goutte d’Huile essentielle de thym CT thuyanol ou linalol (le chémotype thymol est possible chez l’adulte) au mélange précédent. En revanche, le complexe sera administré seulement 3 fois par jour (au lieu de 4 fois).
L’Huile essentielle de niaouli est déconseillée par voie orale en cas d’antécédents de pathologies hormonodépendantes.

 

Homéopathie

En fonction des signes, prenez 3 granules des remèdes choisis, 3 à 4 fois par jour, à espacer très rapidement dès l’amélioration :

  • Arum triphyllum 5 CH : la voix passe du grave à l’aigu.
  • Arnica montana 9 CH : enrouement dû à un usage prolongé de la voix.
  • Rhus toxicodendron 5 CH : enrouement au réveil mais qui s’estompe en parlant.
  • Sambucus nigra 5 CH : laryngite associée à un sifflement lors de l’inspiration, avec toux brusque et suffocante, aggravation nocturne et amélioration en position assise.
  • Spongia tosta 5 CH : laryngite aiguë avec enrouement et toux sèche rauque, améliorée par les boissons chaudes.
  • Hepar sulfur calcareum 15 CH : douleur à type d’écharde, toux douloureuse suffocante, sèche et rauque, aggravée par le froid.
    Cette souche doit toujours être utilisée en haute dilution sous peine d’aggraver une suppuration existante.
  •  Selon les conditions de survenue de l’enrouement, prenez 1 dose de Dulcamara 9 CH en cas d’exposition au froid humide ou d’Aconitum napellus 9 CH s’il s’agit d’une exposition au froid sec.

 

Symbolique

En dehors d’une contamination externe, l’enrouement indique notre difficulté à nous exprimer. Un blocage émotionnel se forme, peut-être induit par une dualité : devons-nous parler ou nous taire ? Préférons nous dire ce que les autres attendent de nous (ou ressenti comme tel) ou allons-nous oser dire librement et gentiment les choses ?

 

Dr Christine Cieur