Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Les altises, poinçonneurs des crucifères

© Vincent Jeannerot
legende © Vincent Jeannerot
Eté sec, chaleur… ces conditions plaisent à ces redoutables petits coléoptères, qui causent de gros dégâts aux choux et semis d'automne.
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© Vincent Jeannerot© Vincent Jeannerot

Des p’tits trous, des p’tits trous… Les feuilles de vos choux, navets, radis, cresson, roquette sont criblées de petites perforations de forme arrondie, souvent sur les jeunes semis, qui peuvent avoir beaucoup de mal à s’en remettre (dessin ci-contre).

Le coupable n’est pas très facile à observer : l’altise est un minuscule coléoptère sauteur (entre 1,5 et 5 mm selon les espèces) qui disparaît dès qu’il est dérangé et dont les larves sont très discrètes.
Parmi les nombreuses espèces d’altises présentes en France, certaines s’en prennent aux betteraves, aux pommes de terre, aux tomates ou à la vigne. Mais les plus redoutables sont celles qui s’attaquent aux crucifères (ou Brassicacées, famille du chou) : Phyllotreta nemorum aux élytres noirs ornés d’une large bande jaune et d’autres Phyllotreta de couleur généralement sombre ou Psylliodes chrysocephala (dessin du haut), la plus grande des altises, aux élytres d’un bleu-noir brillant.

Douées pour le saut

Phyllotreta nemorum est reconnaissable à ses élytres noirs ornés d’une large bande jaune. © Vincent JeannerotPhyllotreta nemorum est reconnaissable à ses élytres noirs ornés d’une large bande jaune. © Vincent Jeannerot

 

Cachés dans les feuilles mortes, sous les mottes de terre ou les tas d’herbe, les adultes sortent d’hibernation en mai : ils se dirigent d’abord vers les crucifères sauvages (ravenelle, cardamine, bourse-à-pasteur…). Mais ils sont très vite attirés par les composés aromatiques dégagés par les crucifères cultivées, et cela, dès la germination. Les feuilles endommagées par les premières piqûres émettent davantage de ces composés, ce qui attire d’autres altises. Leurs pattes arrière très développées leur permettent de faire des sauts de grande amplitude, ce qui leur a valu le surnom de “puces de terre”.

Mais contrairement aux vraies puces, les altises – comme tous les coléoptères – cachent des ailes sous leurs élytres et peuvent voler plus d’un kilomètre pour trouver leurs plantes préférées. Les dégâts les plus graves se constatent sur les jeunes semis en avril-mai. Une fois le semis repéré, la nourriture étant assurée, les femelles vont pondre chacune une centaine d’œufs minuscules au pied des plantes. Une à deux semaines plus tard vient l’éclosion et les larves se nourrissent en rongeant les racines. Chez certaines espèces – notamment Psylliodes –, les pontes sont plus échelonnées et les larves creusent aussi des galeries dans le limbe des feuilles et dans les tiges. Les adultes émergent une douzaine de jours plus tard, généralement en juillet.
Il n’y a qu’une génération par an mais si les conditions leur sont favorables (chaleur et sécheresse), les dégâts peuvent se prolonger : rendement réduit, feuillage criblé, semis d’automne ravagés.

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

  • Parmi les mesures préventives, certains préconisent de supprimer les crucifères sauvages autour du potager, pour ne pas attirer les altises.
  • D’autres installent des “plantes pièges” (moutarde ou choux chinois), pour les attirer loin des choux, radis et navets ! Ce n’est pas sans effet, mais n’en attendez pas une grande efficacité. Même chose pour les purins ou décoctions à base d’absinthe ou de tanaisie.
  • Une autre mixture mérite d’être testée : broyez de l’ail ou du piment fort et mélangez ce broyat à de l’eau. Puis filtrez et pulvérisez sur tout le feuillage. Les poudrages légers d’un mélange de cendres et de chaux ou de poudres de roches auraient également un effet répulsif.
  • L’arrosage régulier du feuillage et l’écroûtage fréquent du sol déplaisent beaucoup aux altises, car ils dérangent les pontes et favorisent leurs ennemis naturels (parasites, mycoses…).
  • Mais le moyen le plus efficace reste le filet ou voile anti-insectes à maille très fine (filets de 2,20 x 5 ou 10 m ou en VPC), soigneusement installé juste après le semis, en enterrant les bords et en laissant de l’espace pour la croissance des plantes ou en installant des arceaux.
  • Sans oublier le pyrèthre, lorsque la prévention n’a pas suffi et que vous avez beaucoup d’altises. Traitez deux fois à quelques jours d’intervalle en pulvérisant bien les deux faces du feuillage.

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