Sapotier blanc (Casimiroa edulis)

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Le sapotier dans son habitat naturel pousse entre 800 et 2 000 m d’altitude en zone subtropicale, chaude et humide. Aujourd’hui, il se cultive dans de nombreuses autres zones subtropicales. Il existe également des petits vergers en Californie, Floride, Hawaï, Australie et Nouvelle-Zélande, ainsi qu’en Amérique du Sud. Les arbres peuvent vivre au moins deux cents ans.
Sapotier blanc (Casimiroa edulis) 3

Les fruits du sapotier blanc.
R. Kran
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Cette fiche botanique est issue du livre Un jardin fruitier pour demain, de Robert Kran et Perrine Dupont. 

Nom latin : Casimiroa edulis.
Noms vernaculaires : Sapotier blanc, pommier mexicain.
Famille botanique : Rutacées.
Origine géographique : Amérique centrale, Est du Mexique.
Zone de rusticité : Usda 9 à 11.

Variétés

Plusieurs cultivars ont été développés, tels que ‘Dade’, ‘Harvey, Pike’, ‘Coleman’, ‘Golden’, ‘Lenz’, ‘Wilson.

Description

Petits arbres à feuillage persistant, mesurant 3,50 à 15 m de haut, à tronc court et épais, souvent couvert de lenticelles verruqueuses à la base.

Les feuilles sont alternes, palmées, comportant 3 à 5 folioles, mesurant 6 à 13 cm de long et 2,5 à 5 cm de large, avec un bord entier. Pétiole de 10 à 15 cm de long.

Des fleurs jaune-vert en panicules se développent à partir de fin janvier. Il faut compter 5 à 7 mois entre la fleur et la formation du fruit.

Le fruit est une drupe ovoïde, de 5 à 10 cm de diamètre, à peau fine, évoluant du vert au jaune à maturité, et à la pulpe comestible. La pulpe peut être de couleur blanc crème dans les variétés à la peau verte ou beige jaune dans les variétés à la peau jaune. Une sapote contient entre 1 et 5 graines. Les fruits arrivent à maturité fin août.

En climats subtropicaux, le sapotier fleurit et fructifie tout au long de l’année

Besoins culturaux

  • Le sapotier blanc a besoin de beaucoup de soleil, de chaleur et d’humidité pour fructifier.
  • Peu exigeant, il résiste à des conditions défavorables : sols durs et pierreux, périodes de sécheresse prolongées… L’idéal étant pour lui de pousser en sol sablo-argileux, donc drainant mais bénéficiant d’une certaine humidité.
  • Il est sensible au vent fort.
  • Supporte des gelées ponctuelles jusqu’à – 5 °C en situation abritée, à condition que le sol soit sec. Cela peut provoquer la chute des feuilles, qui se renouvelleront au printemps. Jeunes pousses, boutons floraux et fruits, en revanche, ne résistent pas au gel.
  • En cas de vague de froid inférieur à – 5 °C, les arbres peuvent être rabattus pour avoir une chance de repartir par la base.
  • La plage de précipitation annuelle optimale nécessaire à sa bonne croissance se situe entre 1 500 et 3 000 mm par an, mais il peut se satisfaire d’une plage entre 500 et 4 000 mm.

Pollinisation

Par les insectes.

Modes de multiplication

  • Semis à chaud, germination après un mois.
  • Greffage en écusson, sur porte-greffe de la même espèce.

Âge de fructification

7 à 8 ans.

La petite histoire

Sur ses terres d’origine, Casimiroa edulis est appelé Zapote blanco, le mot zapote venant du nahuatl tzapol, d’où le nom de « sapotier blanc ». Le terme « sapote » peut désigner au moins quatre fruits différents qui ont une forme proche et la particularité d’être doux et juteux. Pour savoir de quel fruit on parle, il faut bien lui accoler l’adjectif ou le nom qui le caractérise : sapotier blanc, donc (Casimiroa edulis), mais aussi noir (Diospyros digyna), jaune (Pouteria campechiana), mamey (Pouteria sapota).

Le sapotier dans son habitat naturel pousse entre 800 et 2 000 m d’altitude en zone subtropicale, chaude et humide.

Aujourd’hui, il se cultive dans de nombreuses autres zones subtropicales.

Il existe également des petits vergers en Californie, Floride, Hawaï, Australie et Nouvelle-Zélande, ainsi qu’en Amérique du Sud. Les arbres peuvent vivre au moins deux cents ans.

Usages

Alimentaire

La saveur ne fait pas l’unanimité. Certains trouvent le fruit fade ou amer. Il mérite en tout cas d’être cueilli bien mûr pour délivrer tous ses arômes, que l’on associe à ceux de la banane, de la pêche, de la poire, de la vanille, de la mangue, de la papaye ou encore de l’anone…

Les sapotes se mangent crues : couper le fruit verticalement, ôter la peau extérieure et extraire les graines. Il est possible d’en faire de la confiture.

La pulpe blanche est riche en vitamines A et C, et particulièrement sucrée. La texture du fruit est crémeuse et sa peau assez fragile, ce qui rend sa commercialisation difficile à grandes échelles.

Autre

La plante était connue à l’époque des Aztèques pour les propriétés soporifiques de ses graines, et Francisco Hernandez de Tolède, médecin et botaniste du xvie siècle, mentionna aussi que la consommation du fruit provoquait la somnolence, mais uniquement en cas d’importante consommation.

Les graines, les feuilles et l’écorce contiennent en effet de la casimirosine, qui génère une action sédative. Une étude indique qu’elles pourraient avoir une application dans le traitement de l’hypertension artérielle et d’autres maladies vasculaires, mais il faudrait d’autres études cliniques pour le vérifier.

 

Robert Kran et Perrine Dupont

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L’expérience de Robert 

La sapote est un fruit à la chair crémeuse, comme celle de l’asiminier, que je déguste sur place, à parfaite maturité.

Au départ, mon arbre avait gelé, mais avec le temps, il a progressivement développé une résistance aux petites gelées que nous connaissons ici et s’est finalement bien acclimaté.

Les graines sont vides et ne se fécondent pas. J’ai planté un autre pied à proximité, mais il va me falloir attendre qu’il pousse. Il demande ici un arrosage régulier.

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