Les meilleures races de poules (2/5)

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Suite de notre série en cinq volets sur les races de poules traditionnelles. Le premier volet vous contait la Marans, la Sussex, la Gâtinaise… Dans ce nouvel épisode, voici leurs cousines alsacienne, normande, bretonne, voire même… anglaise !
Poule à la ferme

L’Orpington

C’est qu’elle a du succès, la débonnaire Orpington, cette grosse dondon anglaise qui se gonfle les plumes pour faire croire à des kilos qu’elle n’a pas ! Elle le doit à son physique original et à son caractère très calme, voire familier. Tout en flegme britannique, cette native d’Orpington, dans le comté du Kent, est aussi appréciée pour sa chair fine et abondante. Le coq pèse 4  kg et la poule 3  kg (voire un peu plus, pour chacun), ce qui est beaucoup mais finalement moins qu’il n’y paraît à première vue. Elle reste, malgré une aptitude à la couvaison généralement contre-indiquée, une bonne pondeuse d’œufs de 55/60  grammes.

Dessin d'une poule rousse : l'Orpington

On la trouve en plusieurs variétés de coloris : noire, blanche, herminée. Mais c’est en roux qu’elle est la plus connue et recherchée et… meilleure, disent certains. Elle traîne aussi une vieille réputation de rusticité sous n’importe quel climat. Anglaise, quoi…

La poule d’Alsace

Comme la Géline de Touraine, la poule d’Alsace était en voie de disparition. Ces dernières années, seuls deux ou trois passionnés continuaient de l’élever. Son avenir est désormais assuré : elle vient de rejoindre le centre de sélection de la volaille de Bresse, à Béchanne, dans l’Ain. Elle y retrouve ses copines Coucou de Rennes, Géline de Touraine, et quelques autres venues, elles aussi, s’y refaire une petite santé génétique. Un port altier, sûrs de leurs charmes, la poule et le coq d’Alsace (2 à 2,5 kg pour la première, 2 à 3 kg pour le second) sont reconnaissables à leurs oreillons blancs et crêtes frisées si particulières. C’est en noir qu’ils sont génétiquement le plus stabilisés. Mais qu’est-ce qu’ils sont beaux en doré !

Dessin d'une poule d'Alsace

Ces bonnes pondeuses, comme beaucoup de volailles à croissance lente, offrent à ceux qui savent attendre leur incomparable qualité gustative.

La Houdan

Cette belle Normande, dont on parle déjà au XIVe siècle, est de taille honorable : 3 kg pour le coq et 2,5 kg pour la poule. La qualité de sa chair laisse pantois quand on sait qu’elle aussi a failli, comme tant d’autres, disparaître au profit des hybrides dopées pour les gondoles des grandes surfaces. C’est une pondeuse moyenne, d’œufs plutôt gros de 65 grammes environ. Elle est particulièrement originale et charmante avec sa huppe, sa barbe, sa crête unique en forme de feuille de chêne et ses pattes à cinq doigts. Elle existe en différentes couleurs, noire, blanche, gris perle mais c’est en noir caillouté blanc qu’elle est la plus connue. Il est préférable, du fait de ses particularités vestimentaires, de l’élever sur terrain sec ou en tout cas pas trop humide.

Dessin de deux poules noires Houdan

Comme ses congénères traditionnelles, c’est une poule à croissance lente, six mois environ. Elle a retrouvé ses lettres de noblesse sur la table des gourmets grâce aux éleveurs amateurs et à quelques professionnels moins pressés et plus en recherche de qualité.

La Coucou de Rennes

Comme la plupart de nos races traditionnelles, elle a été sélectionnée vers la fin du XIXe siècle et homologuée début du XXe. Elle doit son nom à la ville, mais aussi au coucou des bois, auquel son plumage barré de blanc et de noir et aux nuances bleutées la fait ressembler. Très rustique, calme, un peu plus lourde que la majorité de ses collègues (3,5 kg pour le coq et 3 kg pour la poule), la Coucou de Rennes à la chair savoureuse était autrefois très commune en Bretagne. C’est à la fois une bonne pondeuse (œufs teintés d’une soixantaine de grammes), même en hiver, et une bonne couveuse. Plusieurs couvées par an ne sont pas rares : deux qualités intéressantes dans un poulailler familial. En revanche, elle s’adapte mal aux espaces trop restreints.

Dessin d'une poule noir et blanche : la Coucou de Rennes

Après avoir failli disparaître, elle retrouve une seconde vie notamment grâce au travail de conservation mené par l’écomusée du pays de Rennes. On la retrouve désormais sur certains marchés de Bretagne.

Maxime Chanteraine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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