Médecine par les plantes : essayez les bourgeons !

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À chaque étape de leur existence, et même dès leurs tout premiers instants, les plantes veulent notre bien ! C'est ce que démontre la gemmothérapie, une médecine par les plantes, l’art de soigner par les bourgeons.
Bourgeons et fleurs de Prunus

La gemmothérapie : soigner avec les bourgeons

En anglais, printemps se dit spring, ce qui signifie aussi “source” et “jaillissement”. Et il est vrai qu’à cette saison jaillissent de partout les bourgeons, ces minuscules sources de vie, ces promesses de fruits, de fleurs, de feuilles et de branches. C’est ce potentiel incroyable que la gemmothérapie, l’art de soigner par les bourgeons, met à profit. La gemmothérapie emploie la macération de bourgeons dans un mélange d’alcool et de glycérine, nommés des macérats glycérinés. Ils sont disponibles en pharmacie, herboristerie et certains magasins de produits naturels. Ces solutions sont un concentré des principes actifs des végétaux. Les vertus diffèrent en fonction des plantes, mais la plupart sont diurétiques, drainants ou détoxifiants.

Bourgeon de résineux

Bourgeons d’épicéa
© Joël Valentin

Le bourgeon, un embryon thérapeutique

Promesse d’éclosion des fleurs et du développement de la plante, le bourgeon est un concentré d’éléments actifs comme des vitamines, des oligo-éléments ou des minéraux. En quelques sortes, il serait un concentré des bienfaits de la plante entière (racines, feuilles, rameaux…) et aurait des propriétés plus importantes que celles des différentes parties de la plante. Le bourgeon est la principale réserve de méristèmes, des tissus de cellules végétales engendrant la croissance et les autres tissus végétaux. On parle alors de « globalité », dans le milieu de la gemmothérapie, c’est-à-dire que ces bourgeons offrent beaucoup plus de possibilités de soin que la fleur, la feuilles ou les racines mises à part.

Du bourgeon au macérat

Mais alors, comment utiliser les vertus de ces précieux bourgeons ? La technique d’extraction consiste à laisser macérer les bourgeons dans un mélange d’eau, de glycérine et d’alcool durant plusieurs semaines. L’alcool extrait les principes actifs, l’eau récupère les dérivés hydrosolubles et la glycérine se charge des autres principes non extraits par l’alcool comme les flavonoïdes. Il s’agit donc uniquement d’une macération, pas besoin de matériel élaboré, ni de modification de température qui pourrait altérer les cellules de la plante. Le macérat obtenu est donc un élixir, appelé « macérat-mère », à ne pas confondre avec la solution 1D. Cette solution est obtenue presque de la même manière, mais sans eau dans la macération. Une fois la macération terminée, le liquide obtenu est ensuite dilué dix fois, dans un mélange eau/alcool/glycérine, ce qui crée le macérat glycériné 1D. Elle est ainsi dix fois plus diluée que le macérat-mère. Pour avoir les mêmes résultats, au lieu de prendre 7 gouttes de macérat-mère, il faut donc en prendre 70…

Quels macérats pour quels maux ?

On peut aussi les préparer soi-même, mais cela nécessite une certaine maîtrise.

  • L’un des macérats glycérinés les plus utiles est le bourgeon de cassis (tonique général, anti-inflammatoire, immunostimulant, dépuratif) recommandé en cas de fatigue, d’épreuve, de douleurs diffuses.
  • Le bourgeon d’aubépine, lui, renforce le cœur et normalise la tension artérielle sans avoir les effets indésirables des médicaments de synthèse.
  • Celui du romarin, très polyvalent, peut être recommandé en cure pour de nombreux troubles fonctionnels et métaboliques (mauvaise digestion, acné, excès de cholestérol…).
  • Le macérat de gui abaisse le taux de cholestérol sanguin et donc réduit le risque de maladies cardio-vasculaires.
  • Les bourgeons de bouleau permettent de nettoyer le foie et les voies urinaires.
  • Enfin, le bourgeon de tilleul argenté est efficace contre l’anxiété ou les phases dépressives, notamment celles liées à la ménopause.

En général, pour tous ces remèdes, on recommande des cures de trois semaines suivies d’une semaine de pause avant la cure suivante.

Recette de décoction de bourgeons de bouleau blanc

On peut également valoriser sa propre récolte de bourgeons, sous forme de décoctions. Ainsi, les bourgeons de bouleau blanc peuvent soulager les affections grippales et les douleurs rhumatismales. Ceux du pin, de sapin et d’épicéa sont connus pour leurs bienfaits sur les affections respiratoires. Dans les deux cas, comptez une cuiller à soupe rase par tasse, faites bouillir trois minutes dans l’eau, puis laissez infuser 5 à 10 minutes hors du feu.

Un rendez-vous de gemmothérapie

Cette activité est pratiquée par des spécialistes des plantes médicinales comme les naturopathes, les homéopathes ou les phytothérapeutes. Ce professionnel sera alors à même de vous prescrire le ou les bourgeon(s) recommandés pour vos besoins, la quantité à consommer et la fréquence. Attention aux femmes enceintes, aux personnes cardiaques, souffrant d’hypertension et toute personne prenant un traitement quotidien ! Il faut bien vous renseigner auprès d’un professionnel avant de prendre des macérats qui pourraient ne pas convenir avec vos médicaments actuels.

Syvie Hampikian

 

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