Une cloison en panneaux de paille compressée

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Les panneaux de paille compressée, recouverts de carton, constituent une solution écologique, économique et rapide, pour réaliser des cloisons intérieures. Pourtant, mieux vaut bien lire leurs caractéristiques techniques avant de se lancer. Pour la pose, suivez le mode d'emploi !
Une coccinelle sur un épi de blé

Les panneaux de paille, bon plan ?

Une fabrication française à l’écobilan responsable

Les panneaux de paille ont été développés en Angleterre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, où ils équipèrent environ 350 000 logements. Les bottes de paille sont introduites dans une machine qui les coupe, les nettoie, puis les compresse entre deux plaques chauffantes (à 240 °C). La nappe de paille est recouverte sur ses deux faces par une feuille de carton fort recyclé. Absolument aucun liant chimique. La résine est naturellement présente dans la lignine, et la cellulose de la paille assure la rigidité des panneaux. Une fois la nappe coupée à la longueur voulue, une bande de carton est thermo-collée sur la tranche.

L’écobilan de ces panneaux est excellent : paille et carton sont issus de végétaux renouvelables, et leur fabrication est moins énergivore que celle des plaques de plâtre

Une utilisation avantageuse

On dit d’elle qu’elle est abondante, renouvelable, bon marché et perspirante (qui régule la température, l’humidité et le CO₂). Mais la paille présente bien d’autres avantages : recyclable, économique… C’est pourquoi elle est largement utilisée pour des cloisons intérieures, grâce à des panneaux prêts à poser. En revanche, évitez les pièces humides, même s’il est possible de prévoir un revêtement hydrofuge sur la face exposée.

Des caractéristiques à considérer

Les panneaux sont disponibles en trois dimensions, ainsi que les pattes de fixation et les bandes de rebordage. Concernant les panneaux standard, ils sont disponibles en 1,20 x 2,50 m (d’autres longueurs sur commande) pour une épaisseur de 58 mm. Prévoyez donc de les manipuler à deux : chaque panneau pèse tout de même 67 kg !

Même s’ils contiennent de la paille, ces panneaux ne sont pas assez épais pour être très isolants. Leur conductivité thermique (lambda) est de 0,113 W/mK, à peine au-dessus de celle du bois, mais bien meilleure que celle du Fermacell® seul (0,32 W/mK). Quant aux performances phoniques, l’indice d’affaiblissement acoustique annoncé (entre 27 et 30 dB) n’est pas très bon (32 dB pour une plaque de Fermacell®, 37 dB pour deux plaques de Placo® sur ossature métallique sans isolant). Il est valable pour une large gamme de fréquences et l’absorption reste à tester. Pour une cloison phonique, doublez les panneaux (affaiblissement de 49 dB) ou associez-les à d’autres matériaux.

Les panneaux se découpent à la scie à bois ou circulaire (24 dents ou moins). Prévoyez un équipement de protection : lunettes de protection, masque anti-poussière et gants. En effet, la paille sèche projetée est coupante et très pointue.

La mise en œuvre

Illustration d'un homme entrain de poser une semelle bois à la visseuse

La mise en œuvre commence par la pose d’une semelle bois (clouée ou vissée selon le support), de même largeur que la plaque (58 mm) et de 34 à 50 mm d’épaisseur. Même chose au plafond dans le cas d’un plafond déjà existant, avec une lambourde un peu moins épaisse.

Illustration de deux agrafes de fixation

Marquez la position du premier panneau contre le mur. Des agrafes de fixation spéciales sont prévues. De plus, les pattes orientables sur les côtés permettent différents types de fixations (dessin ci-dessus).

Illustration d'une répartition régulières des agrafes sur toute la hauteur de plaque

Vissez au mur quatre agrafes réparties de manière régulière sur toute la hauteur (dessin ci-dessus). Puis, appliquez un enduit-colle, ou de la colle Fermacell®, sur la tranche verticale du premier panneau, et mettez-le en place. Retirez les bavures. Sans omettre de fixer les pattes des agrafes aux panneaux avec des vis à bois de 4,5 x 50 mm.

Fixation du panneau sur la semelle

Ensuite, fixez le panneau sur la semelle et sur la lambourde au plafond, avec des vis à bois en biais. Pour y parvenir, fixez bien quatre agrafes, réparties sur la tranche verticale du premier panneau (dessin ci-dessus). Juste après, appliquez l’enduit colle sur la tranche du second panneau et mettez en place.

Illustration : action de visser

Pour cette dernière étape, repliez les pattes des agrafes en alternant sur chaque panneau, et vissez (dessin ci-dessus). N’installez pas plus de quatre plaques sans prévoir une lisse verticale pour renforcer la paroi.

Pour les joints entre les panneaux, collez des bandes de calicot (bandes adhésives) de 70 mm de large sur les joints. Pour finir, utilisez un enduit plâtre (les bords des panneaux sont amincis). Enduisez les deux faces le même jour pour éviter d’éventuelles déformations.

Antoine Bosse-Platière

 

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