Plâtre : plaques de Placo® ou Fermacell® ?

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Sa prise rapide décourage plus d’un amateur. Pourtant, le plâtre est un matériau écologique qui mérite d’être réhabilité. Faites votre choix entre Placo® ou Fermacell® selon des critères bien définis : composition, prix, poids, solidité...
Mur en plâtre

Un liant qui ne manque pas d’atouts

Un homme entrain de travailler le plâtre

Depuis la généralisation de l’usage du Placo® (plaque de plâtre contrecollée sur du carton) industriel monté sur ossature métallique, le plâtre n’a pas très bonne presse chez les éco-constructeurs. Certains l’accusent même d’être un sous-produit de l’industrie des engrais phosphatés, riche en métaux lourds et doté d’une radioactivité naturelle élevée. Rendons-lui justice !

Cette forme de plâtre, le phosphogypse, n’est plus utilisée en Europe depuis longtemps. Pourtant, à y regarder de plus près, le plâtre est un liant qui ne manque pas d’atouts. Il est issu de la cuisson du gypse, une roche très tendre et abondante (photo ci-dessous). Sa cuisson se faisait autrefois dans des fours paysans rudimentaires, car elle ne nécessite qu’une température de 150°C, contre 900°C pour la chaux et 1400°C pour le ciment. Un bon point pour l’énergie et les rejets de CO₂.

Gypse friable entre les mains

Autre atout écologique, le plâtre est totalement recyclable. En effet, une fois sec, il retrouve les caractéristiques de la roche originelle et peut être recuit pour être réutilisé indéfiniment. La condition sine qua non : que les déchets de plâtre soient correctement triés et ne contiennent pas trop d’additifs.

Quel plâtre choisir ?

Les plâtres proposés par les industriels contiennent de plus en plus d’adjuvants, certains sans inconvénients, d’autres à éviter. Attention notamment aux panneaux et aux plâtres pour lieux humides, contenant bien souvent des fongicides. De plus, certaines plaques de plâtre “composées” sont associées avec divers isolants synthétiques ou avec une feuille de PVC. Un procédé aussi peu respirant que peu écologique.

À propos des plâtres en poudre, Claude Collot, ingénieur formulateur chez BPB (anciennement Plâtres Lambert, racheté par Saint-Gobain en 2005), assure que les adjuvants utilisés (hormis les fongicides) sont sans inconvénient pour l’environnement, pour la porosité du matériau ou son recyclage. Ce sont divers retardateurs de prise, des rétenteurs d’eau à base de cellulose ou des charges (carbonate, perlite…). On préférera les plâtres qui en contiennent le moins (gamme Lutèce, Molda, ou Prestia). À éviter par contre, un grand nombre d’enduits à base de plâtre contenant résines synthétiques, copolymères acryliques et autres liants organiques ou hydrauliques…

Les plaques de Placo® conviennent particulièrement pour les plafonds et les doublages de murs à isoler. Autrement, les panneaux renforcés avec 20 % de fibres de cellulose issues de papier recyclé (type Fermacell®), seront préférés pour la réalisation de cloisons (tableau comparatif ci-après). En plus, ils sont plus résistants.

Fermacell (dessus) et placo BA 13 dessous

Fermacell®(dessus) et Placo® BA 13 (dessous).

Fermacell® contre Placo®

 

Fermacell®

Plaque type BA 13 – Placo®

Composition

Plâtre + 20 % de fibres de cellulose issues de papier recyclé.

Plâtre contrecollé sur du carton.

Poids

Lourd et difficile à bien positionner.

Nettement moins lourd.

Solidité

Nettement plus résistant à épaisseur égale. On peut accrocher des charges bien plus lourdes.

Fragile et moins rigide. Nécessite l’usage de chevilles et vis pour cloisons creuses.

Isolation

Un peu meilleur en thermique et surtout en phonique.

Un peu moins bon, mais dépend surtout de l’isolant et de la qualité du montage.

Prix

En moyenne, trois fois plus cher.

Matériau bon marché. 

Usages

Création de cloisons.

Plafonds et doublages de murs.

 

Sur le plan écologique, il n’y a guère de différence. Le Placo® contient un peu de colle (assemblage carton-plâtre). Concernant le Fermacell®, son fabricant préconise d’utiliser une colle polyuréthane pour les joints, alors que les plaques courantes se contentent de plâtre.

Peu coûteux, à condition de maîtriser la prise

Matériau peu coûteux, le plâtre assure donc une excellente régulation de l’humidité grâce à sa porosité, s’il n’est pas recouvert par une peinture imperméable ou un papier peint vinylique. En revanche, le Placo® n’a pas son pareil pour réaliser un doublage d’une parfaite planéité. En éco-construction, on préférera monter les plaques sur des tasseaux de bois plutôt que sur des montants métalliques. Environ trois fois plus chères que les plaques courantes, les plaques de gypse renforcées de cellulose (Fermacell®) peuvent être préférées pour leur plus grande résistance (possibilité d’accrocher des charges lourdes), et leurs meilleures performances acoustiques (associées à un isolant comme la laine de chanvre).

Quant au plâtre à gâcher et aux carreaux de plâtre, ils nécessitent un certain savoir-faire car la prise du plâtre est rapide. En rénovation, les bons bricoleurs gagneront à s’y essayer car, si le Placo® est l’outil des parois rectilignes et des angles bien droits, le plâtre frais est idéal pour cintrer des ouvertures, réaliser des niches, moulures ou belles courbes. À condition de gâcher (préparer) par petites quantités, si vous ne voulez pas “essuyer les plâtres”…

Gâcher sans gâchis

Le plus important lorsque l’on gâche du plâtre, c’est qu’il faut délayer le plâtre dans l’eau et non le contraire. Calculez la quantité d’eau nécessaire et versez-la dans la gamatte (caisse ou auge à gâcher). Puis, saupoudrez régulièrement le plâtre sur toute la surface de l’eau et laissez-le s’imbiber plusieurs minutes avant de mélanger. Mélangez rapidement à la truelle jusqu’à obtenir une consistance homogène et sans grumeaux. Un mélange trop long raccourcit la durée de prise et réduit la capacité d’absorption d’eau.

Pour en savoir plus :
Plâtre, murs, formes et volumes“, par Jean-Claude Bidaux, édition Eyrolles, 2008.
Technique et pratique du plâtre“, par Jean Festa, édition Eyrolles, 1998.

Antoine Bosse-Platière

 

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