Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Les taches pourpres du fraisier

Des taches rougeâtres sont apparues sur les feuilles de vos fraisiers ? Très courante, cette maladie n’est pas forcément très grave, mais elle peut fragiliser votre plantation.
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© Vincent Jeannerot© Vincent Jeannerot

Voici venu le moment de planter les fraisiers, notamment les plants en godets vendus en jardinerie. Choisissez-les exempts de taches foliaires et autres signes de dégénérescence. L’un des plus courants se présente sous la forme de taches rougeâtres assez spectaculaires, à contour irrégulier et dont le centre est gris-brun. C’est la maladie des taches pourpres. Au début, elle épargne les feuilles les plus jeunes, mais les taches peuvent ensuite s’agrandir jusqu’à recouvrir toute la surface des feuilles. Le bord des feuilles se dessèche et semble grillé. Le pétiole des feuilles et le calice des fruits peuvent aussi être atteints. La maladie se développe surtout à l’automne. Les plants atteints résistent mal aux rigueurs de l’hiver et la production de l’année suivante peut en souffrir.
Le champignon responsable est un cousin de celui qui est la cause des taches noires sur le feuillage des rosiers. Comme ce dernier, Marssonina fragariae est lui aussi favorisé par l’humidité. Il peut se conserver pendant l’hiver sous des formes qui résistent au froid et réapparaître au printemps. Mais il se développe généralement plus tard, favorisé par des températures variant entre 20 et 25 °C et par les éclaboussures (de pluie et/ou d’arrosage) qui dispersent les spores.

Une plantation à renouveler avant épuisement

Au début de leur développement, les taches s’accompagnent parfois d’un duvet blanchâtre qui peut gagner les fleurs. © Vincent JeannerotAu début de leur développement, les taches s’accompagnent parfois d’un duvet blanchâtre qui peut gagner les fleurs. © Vincent Jeannerot

Le fraisier est une culture épuisante pour le sol et il est difficile de la laisser en place plus de trois ans. Les taches foliaires – de différentes sortes – et la baisse de production sont un bon indice qu’il est temps de renouveler votre plantation. Pratiquez une rotation d’au moins quatre ans avant de remettre des fraisiers au même endroit.
Pour repartir sur des bases saines, le plus sûr est d’acheter en juillet-août des plants certifiés (1), pas contaminés par des virus ou les principales maladies : plants à racines nues ou en godets vendus en jardinerie. Vous pouvez aussi replanter le premier stolon bien enraciné de chaque filet issu de plants vigoureux et sans signes de dégénérescence. Pour les variétés qui ne donnent pas de stolons, vous pouvez pratiquer la division des plus belles touffes fin septembre-début octobre. Ne conservez que les pieds munis d’un bourgeon et ayant de nouvelles radicelles.

Antoine Bosse-Platière

1. Pour les fraisiers, il existe deux niveaux de certification : les plants certifiés SOC – PV (Service officiel de contrôle des semences – Protection des végétaux) qui subissent de nombreux contrôles sanitaires et les plants certifiés CAC (Conformité agricole communautaire) garantissant une qualité sanitaire minimale.

Moyens de lutte

La prévention se décline en plusieurs conseils :

  • plantations suffisamment espacées, soit au minimum 30 cm sur la ligne et 50 cm entre deux lignes  ;
  • évitez les apports excessifs d’engrais organiques riches en azote, utilisez de préférence du compost  ;
  • n’arrosez pas le feuillage, utilisez le goutte à goutte ou des tuyaux microporeux.

Si le champignon est bien installé, la lutte commence par la suppression des feuilles les plus atteintes. Vous pouvez d’ailleurs couper tout le feuillage après la récolte. Dès les premiers symptômes, pulvérisez régulièrement une décoction de prêle (faites tremper pendant 24  h 200 g de prêle des champs séchée dans 10 litres d’eau ; faites bouillir 20 mn., filtrez et diluez au 1/5e). Enfin, en cas d’attaques importantes, le traitement de référence reste toujours le cuivre, à utiliser avec parcimonie : un traitement au printemps (12 g de bouillie bordelaise ou 5 g d’oxychlorure par litre pour 10 m2).

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