Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Les taches noires du rosier

© A. Bosse-Platière
legende © A. Bosse-Platière
Ces taches noires provoquent la chute des feuilles et affaiblissent à terme les rosiers. Des moyens permettent d’inhiber le développement de la maladie.
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Symptômes

Taches noires du rosier
Les taches noires, caractéristiques, sont entourées d'une auréole jaunâtre. © A. Bosse-Platière
C'est comme si quelqu'un avait pris un malin plaisir à maculer le feuillage de vos rosiers avec de l'encre ou de la peinture noire. À la différence que les taches se multiplient toutes seules sur la face supérieure des feuilles, allant jusqu'à provoquer leur chute prématurée en cours d'été. Des taches d'autant plus visibles qu'elles s'entourent d'une auréole jaunâtre, sorte de chlorose qui peut s'étendre à tout le limbe. Le rosier en est très affaibli et l'issue peut même lui être fatale. La maladie est très fréquente et bien connue des jardiniers, mais elle n'est pas toujours aussi grave, heureusement pour la beauté de nos jardins !

Carte d'identité

Souvent appelée à tort "Marsonia", cette maladie est due à un champignon microscopique : Marssonina rosae. Il n'y a guère de risques de confusion : les taches sont très caractéristiques avec leur forme arrondie et leur couleur brun-noirâtre.

Mode de vie

Le champignon hiverne sous forme d'amas mycéliens sur des feuilles mortes ou des rameaux. Au printemps, par temps pluvieux, se produit une émission de spores qui attaquent les jeunes feuilles et perforent leur épiderme. C'est l'infestation primaire : le mycélium, de couleur noire, se développe de manière rayonnante sous la cuticule en formant les premières taches. À chaque période pluvieuse ou lors d'arrosages sur le feuillage, les champignons vont à nouveau fructifier en libérant une énorme quantité de spores (jusqu'à 32 000 pour une tache de six millimètres de diamètre). Transportées par les gouttes d'eau, ces spores provoquent des contaminations secondaires qui disséminent la maladie sur d'autres feuilles. La présence d'eau est indispensable pour leur germination, ainsi qu'une température assez élevée, de 13 à 30 °C. En deçà et au-delà, le développement de la maladie est inhibé. Les spores conservent leur faculté germinative pendant deux à trois semaines. Elles sont parfois dispersées par les insectes.

Antoine Bosse-Platière, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

 

Moyens de lutte

  • Mieux vaut prévenir que guérir. Certaines variétés, notamment de roses anciennes, sont plus résistantes. Recherchez-les dans les catalogues.
  • Évitez d'implanter vos rosiers dans des endroits humides et ombragés. Les sols lourds, les plantations trop denses et l'arrosage par aspersion sont des facteurs aggravants. Les jeunes pousses sont particulièrement vulnérables.
  • La lutte contre la dissémination de la maladie commence avec le ramassage régulier des feuilles tombées que vous brûlerez.
  • À partir du mois de juin et jusqu'à mi-septembre, si le temps est humide,  pulvérisez toutes les trois semaines un produit à base de cuivre (bouillie bordelaise, oxychlorure, cuivrol, etc.) ou de préférence une décoction de prêle, riche en silice. Les pulvérisations de soufre contre l'oïdium seraient également efficaces contre les taches noires. Les Suisses utilisent avec succès un produit contenant diverses plantes finement moulues (dont la prêle, l'ortie et des alliacées), des algues, des poudres de roche et 20 à 30 % de soufre : le Bio S (Hector; voir Bonnes adresses). En cas de forte attaque, on peut y ajouter un peu de cuivre (0,05 %), ou un produit qui en contient.

Mieux qu'une lessive, ces traitements et les mesures préventives préconisées débar­rasseront les feuilles de vos rosiers des taches les plus rebelles.

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