Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L’anthonome du pommier

© Christian Galinet
legende © Christian Galinet
Glissées dans les bourgeons floraux des pommiers, les larves de l’anthonome les dévorent. Si la floraison n’est pas importante, les dégâts sont lourds.
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Symptômes
larve anthonome du pommier
La larve, jaune et dodue, mesure 6 mm de long. © Christian Galinet

C’est le printemps, vous guettez votre pommier, en avril, pour ne pas manquer l’apparition des boutons floraux, puis celle des premières fleurs. Un superbe spectacle dont on ne se lasse pas : le rose délicat des premiers pétales… Mais voilà que, sur de nombreux bouquets, les fleurs ne sont pas au rendez-vous. Les pétales qui apparaissent sont bruns et tous racornis. Ils restent fermés et prennent l’aspect d’un gros clou de girofle. Si vous avez la curiosité de les ouvrir, vous y découvrirez, confortablement lovée à l’intérieur de la fleur dont elle dévore les organes de reproduction et les pétales internes, une larve jaunâtre bien dodue (ci-contre, à droite) ou, un peu plus tard, une nymphe (ci-dessous) du même acabit.

Carte d’identité

nymphe anthonome du pommier
La nymphe de l'anthonome, confortablement installée à l'intérieur de la fleur dont elle se nourrit. © Christian Galinet

L’insecte issu de cette nymphose est un petit coléoptère brun noirâtre de la famille des charançons (dessin du haut), appelé anthonome du pommier. Ce ravageur a nettement régressé dans les vergers conventionnels à cause des traitements chimiques, mais il faut le surveiller en verger bio ou amateur. Un cousin très proche, de couleur brun rougeâtre, l’anthonome d’hiver du poirier, s’attaque aux bourgeons et aux fleurs de cet arbre. Enfin, vos fraisiers en fleurs peuvent être la cible d’une attaque de l’anthonome de la fleur du fraisier, plus petit, mais non moins actif.

Mode de vie

L’adulte reste en diapause (période de vie ralentie) de fin juin jusqu’au printemps suivant sous l’écorce du pommier ou d’autres arbres, sous des feuilles mortes ou des pierres. Il quitte son abri entre mi-février et fin mars, lorsque la température diurne moyenne atteint 9 °C pendant plusieurs jours. Il se nourrit alors grâce à quelques piqûres sur les bourgeons et s’accouple dix à quinze jours après sa reprise d’activité. Trois jours plus tard, les femelles pondent en moyenne 25 œufs, chacun déposé dans un bourgeon floral différent en début de gonflement. Il n’y a heureusement qu’une génération. Si le débourrement est lent (printemps froid), la femelle a le temps de déposer tous ses œufs dans les bourgeons parvenus au stade favorable. Si en plus la floraison n’est pas très abondante, les dégâts peuvent être très importants. Dans le cas contraire, ils peuvent s’apparenter à un éclaircissage naturel.
Huit jours après la ponte apparaît une larve, qui commence à dévorer l’intérieur du bourgeon floral et s’y développe pendant trois semaines avant de se nymphoser. Dix jours plus tard apparaît l’insecte adulte, qui sort de son abri douillet pour se nourrir de petites morsures sur les feuilles pendant une quinzaine de jours, avant de chercher un abri pour sa longue période d’inactivité.

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

  • Les oiseaux insectivores peuvent constituer de précieux alliés pour la saison suivante en brisant les « clous de girofles » pour se nourrir des larves. Favorisez leur présence en installant quelques nichoirs.
  • Le badigeon d'automne sur les troncs est un bon moyen pour réduire la présence des charançons hivernant sous l'écorce (1/4 d'argile, 1/4 de bouse de vache fraîche et 1/2 d'eau).
  • Les dégâts des anthonomes peuvent rester tout à fait tolérables si la floraison est abondante. Mais gare à l'explosion de leur population l'année suivante qui, avec l'alternance, risque de connaître une floraison beaucoup plus modeste. Si vous avez constaté leur présence l'année précédente, le pyrèthre (en jardinerie, on ne trouve que le mélange pyrèthre-roténone, qui fera l'affaire) s'avère le traitement le plus efficace contre les adultes. Pensez à traiter dès fin février dans le sud et jusqu'à mi-mars plus au nord. Après cela, il est trop tard, la larve étant inaccessible, bien à l'abri dans le bourgeon floral.
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