Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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Le mildiou

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Avec les étés humides de ces dernières années, le mildiou a fait des ravages dans nos jardins. Plutôt que d'atteindre l'arrivée des champignons, optez pour plus de prévention !

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© Vincent Jeannerot© Vincent Jeannerot
Le mildiou est le cauchemar des jardiniers, la terreur des tomates et des autres solanacées potagères. L'agent qui en est responsable est un champignon parasite qui attaque tous les organes de la plante : feuilles, tiges, fruits, tubercules. Si les conditions lui sont favorables, sa progression est très rapide et ses dégâts peuvent être terribles.

Les taches foliaires sont identiques sur tomate et pomme de terre : brunes, huileuses et irrégulières, elles s'étendent très rapidement par temps doux et humide. À un stade plus avancé, elles apparaissent également sur les tiges. Les tissus atteints deviennent brun foncé et se dessèchent. Si l'attaque n'est pas enrayée, elle se poursuit sur les fruits : taches vert-brunâtre à jaune marbré de brun, bosselées sur les tomates ; taches superficielles brunes et grises, déprimées sur les tubercules de pommes de terre, gagnant ensuite en profondeur et provoquant le pourrissement. L'alternariose (Alternaria solani) présente des symptômes proches mais elle est favorisée par le temps chaud et sec.

Les champignons du mildiou sont formés de filaments (mycélium) qui se développent à l'intérieur des tissus végétaux en envoyant des suçoirs à l'intérieur des cellules. Les organes de reproduction émergent en très grand nombre par les tomates à la surface inférieure des feuilles en formant un feutrage blanc qui laisse s'échapper les spores. La progression de la maladie peut être très rapide, quand les conditions sont favorables. Pour se déclarer, l'attaque de mildiou a besoin de pluies ou de rosées abondantes suivies d'une période de ciel couvert et d'air humide, avec des températures supérieures à 16 °C. Les périodes sèches avec des températures supérieures à 30 °C font régresser la maladie. Les souches du champignon ne cessent d'évoluer : elles sont devenues très virulentes et résistantes à de nombreux traitements.

Prévenir, faute de pouvoir guérir

La mesure préventive la plus efficace consiste à protéger vos pieds de tomate – ou une partie d'entre eux – sous une serre ou un abri à tomates, la pluie restant le principal mode de propagation.

Sélectionnez des plants sains et vigoureux, évitez les endroits humides, les excès de fertilisants riches en azote, faites des rotations sans solanacées pendant au moins trois ans et ne plantez pas trop serré. La classique poignée d'orties hachées est plus à sa place en surface qu'au fond du trou. Paillez vos plantations et arrosez toujours au pied. L'arrosage ou les pulvérisations foliaires avec des extraits d'algues et/ou du purin d'ortie renforcent les défenses naturelles des plantes.

Antoine Bosse-Platière, de la rédaction des 4 Saisons du jardin bio

Moyens de lutte

En début d'attaque : le cuivre sous ses différentes formes - bouillie bordelaise, oxychlorure (peu phytotoxique mais moins résistant au lessivage) ou hydroxyde de cuivre (action choc, peu résistant au lessivage) - reste à ce jour le traitement autorisé en bio de loin le plus efficace. Mais il finit par être toxique pour les plantes et, surtout, pour les très utiles champignons microscopiques du sol. Traitez seulement dès que vous apercevez les premières taches et lorsque le temps devient favorable au mildiou. Essayez aussi la décoction de prêle des champs (500 g pour 10 l d'eau puis dilution à 1/5e), efficace préventivement mais aussi pour enrayer un début d'attaque. Coupez (au sécateur, pour éviter les blessures inutiles) les feuilles basses qui sont les premières atteintes et mettez-les au compost.

Les alternatives au cuivre font l'objet de nombreuses expérimentations mais peinent à convaincre. Les pulvérisations d'eau sucrée (2 cuillères à thé pour 4,5 litres d'eau), et celles d'extraits aqueux de compost (compost bien mûr mélangé à trois à dix fois son volume d'eau, filtré après six à neuf jours et pulvérisé aussitôt) stimulent la microfaune naturellement présente sur les végétaux par des apports massifs de micro-organismes. Avec les stimulateurs de défenses naturelles des plantes, c'est une des voies les plus prometteuses. Mais leur efficacité est encore bien loin de celle du cuivre. Et on ne dispose pas de traitement curatif.

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