Editions Terre Vivante – L’écologie pratique

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L'édito du mois

Tiré du n° 221 des 4 Saisons du jardin bio, novembre-décembre 2016

Nuées de papillons

Hiver doux, été sec… la pyrale du buis a trouvé en 2016 les conditions météorologiques idéales pour se multiplier allègrement. De véritables nuées de papillons se sont abattues sur certaines régions françaises, notamment Rhône-Alpes, où leurs chenilles ont dévoré les arbustes des jardins et les forêts de buis. En Drôme, en Isère ou en Savoie, à la fin de l’été, les peuplements étaient décimés : les buis, les seuls à pouvoir pousser sur des pentes calcaires où le substrat est mince et où règne la sécheresse, n’ont pas résisté aux chenilles voraces. Ailleurs en France, les dégâts sont importants, à la fois dans les jardins et dans les forêts. La chenille est désormais dans 86 départements ; outre Rhône-Alpes, toutes les régions sont concernées, particulièrement l’Alsace, l’Îlede- France, le Limousin, l’Aquitaine et, depuis cette année, le sud de la Bretagne et les Pays de la Loire.

C’est en 2008 que la pyrale a été observée pour la première fois en France, en provenance de Chine via un lot de buis infesté ayant transité par l’Allemagne. Après la coccinelle et le frelon asiatiques, c’est encore une espèce invasive arrivée via le commerce des plantes. Déjà, depuis quelques années, les buis souffraient du dépérissement causé par les champignons Volutella buxi et Cylindrocadium buxicola, en provenance d’Angleterre et qui se sont propagés en France depuis les années 2000 (voir notre sujet p. 50, n°210). Les responsables de jardins à la française étaient sur le pont pour sauver leurs buis, avec la création du programme SaveBuxus, coordonné par Plante & Cité. Mais, contre la pyrale, les remèdes sont rares : le Bt (Bacillus thuringiensis) est efficace, mais doit être pulvérisé à de nombreuses reprises, et ne distingue pas les “bonnes” chenilles des “mauvaises”. Ne reste plus qu’à attendre qu’une régulation naturelle se mette en place, comme pour la coccinelle asiatique. La bonne nouvelle, c’est que le frelon asiatique est un prédateur de la pyrale du buis… et il semblerait que les moineaux, mésanges et geais, qui ne s’intéressaient jusqu’ici pas aux buis, commencent à y chercher leur nourriture. À suivre !

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

Editos précédents

Nuées de papillons - n° 220

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