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L'édito du mois

Tiré du n° 227 des 4 Saisons du jardin bio, novembre/décembre 2017

À quoi pensent les arbres ?

Marie ArnouldC’est un livre qui nous vient d’Allemagne et qui ouvre un champ vertigineux. Forestier, Peter Wohlleben, a un jour réalisé qu’une souche vieille de plusieurs centaines d’années était toujours vivante. Couverte de mousse, il l’avait prise pour un amas de pierres. L’ayant grattée avec un couteau, il s’aperçut qu’elle était encore verte. Or, cette couleur n’apparaît qu’en présence de chlorophylle. Donc le morceau de bois n’était pas mort ! Comment était-ce possible, sans une feuille verte pour l’alimenter ? « Elle bénéficiait de l’aide que les arbres voisins lui apportaient par l’intermédiaire des racines. […] Les hêtres environnants lui diffusaient une solution de sucre pour la maintenir en vie. »
D’aucuns pousseront des hauts cris, invoqueront l’anthropomorphisme, la simplification outrancière. Mais les preuves scientifiques s’accumulent. Depuis les années 1970, on sait qu’en Afrique, les acacias se défendent contre les girafes ou les koudous, ces antilopes qui mangent leurs feuilles, en émettant des substances volatiles qui génèrent la fabrication de tannins indigestes. Grâce à ces substances, l’information passe d’arbre en arbre et les autres arbres, prévenus, anticipent la production de tannins. Peter Wohlleben va plus loin, en expliquant que les arbres mères sont capables de reconnaître par leurs racines les rejetons qui sont leurs enfants, pour les nourrir et ainsi les soutenir. Il nous explique aussi que les arbres sont capables de mémoire, puisqu’après un événement violent, tel une sécheresse, ils changent leur façon de gérer l’eau pour le restant de leur vie. Si le livre de Peter Wohlleben se vend comme des petits pains, tant en France qu’en Allemagne, c’est parce qu’il met le doigt sur une chose que nous ressentions confusément : l’évolution ne s’est pas résumée à la survie des plus forts. Le forestier nous apprend que les arbres sont régis par une organisation sociale où la coopération prime largement sur la compétition, où l’entraide n’est pas un vain mot, où la communauté est primordiale. Décidément, les interactions au sein du vivant ne cesseront jamais de nous interpeller et de nous émerveiller..
À lire : La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben, éditions Les Arènes.
À voir : le documentaire L’intelligence des arbres (le 25 septembre en salles) pour lequel Terre vivante est partenaire.

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

Couverture du n° 227 des 4 Saisons du jardin bio

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