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Afin de comparer les intérêts respectifs de différents paillages sur la culture des fraisiers, des essais ont été conduits durant trois ans dans les jardins du centre Terre vivante. Six placettes d'essai de 1 m² y ont été consacrées afin de comparer un sol nu (témoin) et cinq paillages différents : film plastique (récupéré : sacs de terreau), paille, paillette de chanvre, broyat de bois de résineux (voir encadré) et vieux terreau de rempotage. Deux variétés (‘Gariguette' et ‘Mara des bois') ont été plantées sur chaque placette à l'automne 2007 et elles ont toutes reçu le même apport de compost chaque automne. Les mesures réalisées de 2008 à 2010 ont porté sur trois critères : poids de fraises, enherbement et nombre de stolons.
Les résultats cumulés sur les trois ans (schéma 1) confirment que la mise en place d'un paillage favorise la production de fraises. Le broyat de bois et le terreau donnent les meilleurs résultats. La paille déçoit et l'irrégularité des résultats du plastique semble liée à la difficulté d'apporter du compost sous une bâche permanente dans une culture bien installée.
Les récoltes de la première année ont été très faibles, avec peu de différences selon les lots. La plantation tardive pour notre climat de moyenne montagne (octobre) n'a sans doute pas permis un bon enracinement avant l'hiver. Cette année est donc à considérer comme l'année d'enracinement des fraisiers. A cela s'ajoute un impondérable souvent rencontré dans les parcs ouverts au public : le "visiteur picoreur"...
De plus il n'y a pas eu de récolte d'automne pour la ‘Mara des bois' (remontante) du fait du manque d'eau chronique à Terre vivante au cœur de l'été. D'où le faible poids des récoltes en 2009 et 2010.
Le plastique reste le meilleur paillage pour limiter l’enherbement, suivi de près par le broyat de bois. Les autres se valent (schéma 2). Les parcelles ont été soigneusement déherbées au cours des trois saisons, en notant à chaque fois le poids des végétaux retirés. La différence est très nette entre la parcelle témoin (sol nu) et les autres parcelles avec paillage, notamment pour les deuxième et troisième années avec une quantité d’herbe 3 à 10 fois supérieure sur le témoin.
2008 et 2009 montrent une très nette différence entre la parcelle témoin (sol nu) et les parcelles paillées. La différence est plus marquée en 2009, une fois les fraisiers bien installés. La production de stolons sur les parcelles paillées peut être jusqu’à 4 ou 5 fois supérieure à celle du sol nu (schéma 3). Cette fois, les résultats ne sont exploitables que les deux premières années. En 2010, c’est un visiteur d’un autre type qui a perturbé l’essai : un jeune chevreuil qui a dévoré les plants et leurs stolons. Heureusement, l’essentiel de la récolte était terminé !
Sans prendre en compte l’amélioration du sol (structure et activité biologique) – plus complexe à mettre en évidence –, les résultats obtenus avec cet essai confirment l’efficacité du paillage pour la culture des fraises. Le broyat de bois a obtenu ici les meilleurs résultats pour les trois critères. L’utilisation de vieux terreau de rempotage comme paillage semble également une piste intéressante à creuser. Le fraisier étant à l’origine une plante de sous-bois, ces résultats ne sont pas étonnants. Ils confirment les conseils donnés par notre collaborateur Denis Pépin dans un article sur les fraisiers paru dans les 4 Saisons du jardin bio (n° 184) : déçu par la paille, il privilégie désormais le broyat de branches ou les feuilles mortes.
Plutôt qu’un broyat grossier d’écorces de pin (bon pour les allées), utilisez du BRF (bois frais de rameaux de feuillus) ou, comme pour cet essai, du broyat d’écorce et de bois vivant (liber) de pin sylvestre. Il est fourni par une scierie qui ne garde que le bois de cœur. En plus de l’effet paillage, ce type de broyat enrichit le sol.
Les 4 Saisons du jardin bio, édité par Terre vivante, est le magazine leader en jardinage bio depuis plus de trente ans. Il s'appuie sur l'expertise de journalistes et de praticiens du jardinage, de l'alimentation et de l'habitat écologique, et sur des échanges constants avec ses lecteurs. Ceux-ci participent notamment à des essais et expérimentations, menés en parallèle au Centre Terre vivante.
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