Usines à gaz | 4 saisons n°247

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L'édito des 4 saisons n°247 par Marie Arnould, rédactrice en chef.
Usines à gaz | 4 saisons n°247

L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. Les exemples actuels sont pléthore. Prenons celui de l’électricité verte. En 2007, à l’heure de la libéralisation du marché, Antoine Bosse-Platière enquêtait sur la question (n° 166). À l’époque, il évoquait les certificats verts qui devaient attester l’origine renouvelable de chaque mégawatt/heure produit. Le ton était déjà circonspect. Quatorze ans plus tard, que constatons-nous1 ? Que le système européen de “garanties d’origine” s’apparente à de la poudre aux yeux ; la plupart des offres d’électricité verte n’ont rien de vert, si ce n’est leur nom. En corollaire, le résultat est pitoyable : en 2001, l’Europe avait fixé à 21 % la part d’électricité renouvelable en 2010. En France, on y est, mais dix ans plus tard : 21,5 % en 2020 !
Même chose du côté de la rénovation énergétique. À une époque, les choses étaient relativement simples : le crédit d’impôt. Ensuite, l’État a tenté de transférer le maximum de coûts sur le secteur privé, inventant les certificats d’énergie, usine à gaz que personne ne comprend, d’où ont émané les fameuses offres à 1 € donnant lieu à du harcèlement téléphonique, à de multiples arnaques et à des travaux souvent menés en dépit du bon sens. Le nouveau dispositif MaPrimeRénov’, censé simplifier les choses, ne semble pas réellement prendre ce chemin1. Le maquis des aides à la rénovation énergétique est devenu tellement inextricable qu’il décourage les meilleures volontés, et l’Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat) semble dépassée par la complexité des dispositifs, comme en témoigne l’excellente enquête de Que Choisir, parue en janvier.

VISER LA SIMPLIFICATION !

L’empilement des mesures et la complexification administrative atteignent des niveaux inégalés. S’ils aboutissaient à des résultats tangibles en matière de protection de l’environnement, le jeu en vaudrait la chandelle. C’est loin d’être le cas. Quant à nous, nous continuons à viser la simplification : concernant l’emballage du magazine, nous avons décidé de poursuivre l’expérience de l’envoi à découvert, après le test du numéro de janvier. Une bonne centaine d’abonnés se sont plaints d’avoir reçu leur exemplaire en mauvais état, et nous leur avons bien sûr renvoyé un autre numéro. Ce nombre reste faible par rapport au nombre total de nos abonnés. D’autres nous ont fait part de leur satisfaction, voire nous ont demandé pourquoi nous ne l’avions pas fait plus tôt ! Des encouragements qui nous incitent à continuer, même si nous resterons vigilants et à votre écoute.

1 Voir l’article de Josselin Rivoire sur l’électricité verte et la brève sur la rénovation énergétique.

 

Marie Arnould

Crédit photo : J.-J. Raynal

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