Trame noire : réduire la pollution lumineuse

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Connaissez-vous la trame noire et l’importance qu’elle revêt pour la biodiversité ?
De nombreux animaux en ont besoin pour vivre et nos comportements face à la lumière artificielle ont des conséquences sur leurs rythmes biologiques. Mais nos propres rythmes sont aussi impactés par la pollution lumineuse.
Entrez donc dans les mystères de la trame noire pour en comprendre les enjeux et découvrir comment réduire cette pollution lumineuse, à votre niveau.
Tout jardin, terrasse, balcon est l’occasion de questionner son intégration à la trame noire.

S. Tellier |

Cet article est extrait du livre Les antisèches de Terre vivante : Ecogestes au jardin de Sandrine Tellier.

 

Qu’est-ce que la trame noire ?

Vous connaissez les trames verte et bleue ? Elles soulignent les continuités écologiques en termes de milieux naturels terrestres et aquatiques. La trame noire, quant à elle, fait référence aux continuités écologiques nocturnes. Les lumières artificielles créent une fragmentation des habitats des animaux nocturnes. Réduire cette pollution lumineuse est nécessaire à la préservation de la biodiversité.

 

Impacts de la pollution lumineuse sur le vivant

Les impacts de cette pollution sont nombreux :

  • Trouble des rythmes biologiques
  • Modification des comportements
  • Perte de ressources alimentaires
  • Fragmentation de l’habitat
  • Perturbation des déplacements
  • Mortalité accrue
  • Effet néfaste sur la santé

Une véritable alternance jour/nuit est indispensable pour une majorité d’êtres vivants.

 

Animaux plus particulièrement concernés

De nombreux cycles, déplacements et fonctionnements naturels sont perturbés :

  • Vision des rapaces nocturnes
  • Déplacements des amphibiens
  • Vision infra-rouge des reptiles
  • Reproduction des lucioles et vers luisants, leur propre lumière étant moins visible
  • Prédation accrue de la faune aquatique, perturbée dans ses migrations
  • Zones d’habitat restreintes pour les chauves-souris
  • Oiseaux migrateurs déviés de leur route
  • Insectes volants nocturnes désorientés et piégés par la lumière des lampadaires
  • Épuisement des oiseaux lève-tôt à force de chanter en pleine nuit
  • Mammifères terrestres bloqués par les routes éclairées

Sans oublier les plantes sauvages dont les rythmes sont également perturbés.

 

Actions possibles

À titre individuel

  • N’éclairez que le nécessaire et seulement le temps nécessaire.
  • Fermez les volets lorsque vous allumez la lumière à l’intérieur.
  • Choisissez des couleurs chaudes et des lumières faibles.
  • Éclairez uniquement du haut vers le bas.
  • N’éclairez pas les points d’eau.

À titre collectif, interpellez vos élus !

  • Prévoir un éclairage public bien orienté et uniquement vers les trottoirs : pas sur les jardins des riverains ni sur la route.
  • Ne pas éclairer en milieu de nuit.
  • Éteindre les enseignes et vitrines des magasins aux heures de fermeture.

 

Le petit plus !

Il existe d’autres trames intéressantes à préserver pour favoriser le vivant :

  • Trame turquoise : recouvrement des trames verte et bleue (concerne les amphibiens).
  • Trame brune : continuités des sols.
  • Trame blanche : pollutions sonores.

 

Sandrine Tellier

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