Sobriété | 4 saisons n°258

Article publié le
L'édito des 4 saisons n°258 par Marie Arnould, rédactrice en chef.

Il aura fallu la guerre en Ukraine et l’explosion des coûts de l’énergie pour qu’on redécouvre les vertus de la sobriété. Et qu’on se rende compte
qu’on a des gisements gigantesques d’économies devant nous. Parce que oui, c’est une aberration complète de laisser les vitrines et les bureaux
inoccupés allumés la nuit et d’avoir des panneaux publicitaires éclairés…
Il y a deux façons de voir la crise énergétique actuelle. D’un côté, on peut la trouver terriblement anxiogène. À raison, car le bouclier tarifaire spécifique à la France ne va pas pouvoir continuer éternellement à juguler l’augmentation des factures d’énergie pour les particuliers. Et suivre le yoyo des tarifs de l’essence à la pompe n’a rien de particulièrement comique pour les gens qui
dépendent de leur véhicule pour se déplacer…

UNE CRISE QUI NOUS FERA AVANCER ?

On peut aussi se dire que, l’humain étant ce qu’il est, c’est-à-dire globalement pas très doué pour l’anticipation, il ne change que lorsque les circonstances l’y forcent. Et que, quand on vit une vie confortable comme la nôtre, on n’a guère envie de changer de mode de vie. Vue sous cet angle, cette crise est positive. Parce qu’elle remet sur le devant de la scène des questions qu’on balaye sous le tapis depuis des lustres, comme la sobriété. Il aura fallu cette crise pour que cette évidence fasse la une des grands médias, et que les scénarios de l’association NégaWatt touchent un plus large public. Dans les pages des 4 saisons, mes collègues – Antoine Bosse-Platière en tête – ont parlé
de NégaWatt dès sa naissance, il y a une vingtaine d’années. Ainsi un article dans le n°145, en 2004 : l’association y parlait déjà réduction du transport aérien, télétravail, covoiturage, réhabilitation des bâtiments, recours au solaire thermique, amélioration de la performance énergétique des appareils électriques… Cette sobriété, cela fait donc longtemps que Les 4 saisons la préconisent.
Nous avons voulu y consacrer une nouvelle rubrique, en p.78, où nous explorerons des pistes concrètes, au quotidien. Que faire si l’on a froid quand on garde la température à 19 °C chez soi ? Quelles économies d’électricité au-delà d’éteindre les lampes inutilisées ? Comment économiser sur l’eau chaude sanitaire ? Vaut-il mieux couper le chauffage ou le laisser allumé à basse température ? Des questions que tout le monde se pose aujourd’hui.
Enfin ?

 

Marie Arnould

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