Puisque nous avons choisi d’installer une VMC simple flux, il faut préciser en commandant les portes et fenêtres celles qui doivent comprendre un percement dans le haut de leur châssis en guise d’entrée d’air.
G. Le Ménahèze |
Cet article est extrait du livre Ma rénovation écologique de A à Z de Gwendal Le Ménahèze.
L’hiver passé dans la maison avant sa rénovation nous suffit à constater que la ventilation n’est alors assurée que par les fuites d’air. Notamment au niveau des fenêtres, aux contours desquelles on sent les courants d’air. Nous dénichons un bloc de VMC abandonné dans les combles, en panne mais jamais remplacé. Conséquences visibles : certaines tapisseries se décollent, voire moisissent…
Santé du bâtiment et des habitants
Les nouvelles menuiseries extérieures étant performantes et posées dans les règles de l’art, de manière étanche (voir dans le livre chapitre 17 « L’heure de la pose a sonné », p. 105), l’air ne peut plus se faufiler autour. Il ne transite plus non plus par la cheminée puisque celle-ci a été retirée. Or, respiration, transpiration, plantes d’intérieur, cuisine, vaisselle, lavage et séchage du linge, douches ajoutent leur dose de vapeur dans l’air intérieur. Le taux d’humidité de l’air (hygrométrie) joue un rôle majeur dans la sensation de confort dans l’habitat.
Au-delà ou en-deçà de 40 à 60 % d’humidité relative, les habitants peuvent souffrir de maux de tête ou de gênes voire de maladies respiratoires comme l’asthme. La santé du bâti en pâtit aussi : les enduits fissurent, les peintures s’écaillent, les murs se fragilisent, des moisissures colonisent les parois (des pièces, puis de nos poumons).
La ventilation a aussi pour mission d’évacuer les polluants nocifs pour notre santé qui s’invitent irrémédiablement dans l’air intérieur de nos logements : monoxyde et dioxyde de carbone (CO et CO2), composés organiques volatiles (COV), virus, bactéries, poussières… Ces polluants ne sont pas exclusivement liés à nos activités et sont donc dégagés en continu, malgré les efforts que l’on peut porter au choix des revêtements, du mobilier et de produits d’entretien écologiques.
Alors, même s’il peut paraître paradoxal de consacrer tant d’attention à rendre le bâtiment étanche à l’air pour finalement ménager de gros trous dedans pour le ventiler, la différence est d’importance : les débits d’air sont ainsi maîtrisés. Sans pour autant faire entrer plus de froid que nécessaire, la ventilation doit assurer un renouvellement de l’air régulier et suffisant.
VMC : simple ou double flux, telle est la question
Le match s’ouvre alors entre une ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple flux ou double flux. La seconde a le gros avantage d’économiser l’énergie : des gaines extraient l’air vicié, d’autres insufflent l’air neuf dans le logement et les deux se croisent dans un échangeur qui transmet les calories de l’air intérieur – que l’on s’est évertué à chauffer en hiver – vers l’air extérieur froid que l’on fait entrer à sa place. Le système de chauffage du logement est ainsi dispensé de chauffer une partie de cet air neuf. Le principe peut s’inverser en période de canicule pour rafraîchir l’air entrant. En bonus, la VMC double flux filtre l’air entrant (pollens, insectes, gaz d’échappement, etc.).
Malgré sa conception plus technologique, cette option est très tentante. Mais elle coûte près de trois à quatre fois plus cher qu’une VMC simple flux. Son caisson doit de préférence être placé dans le volume chauffé de la maison (restreint chez nous) et il est plus encombrant, de même que son double réseau de gaines.
Avec le recul, étant donné les possibilités qu’offraient les combles inoccupés pour lui ménager un espace isolé et le surcoût largement atténué par les économies d’énergie et les aides financières conséquentes accordées pour installer une VMC double flux, je ne suis pas certain que notre choix se porterait finalement sur une VMC simple flux.
Mais c’est ce que nous décidons alors. Plus low-tech et facile à entretenir, cette dernière dispose d’un moteur qui extrait simplement l’air vicié par des bouches d’aspiration positionnées dans les pièces de service ou « humides » (cuisine, salle d’eau, toilettes et buanderie) afin de le rejeter dehors. L’air neuf prend sa place en entrant par des fentes ménagées dans les pièces dites principales : séjour, salon, chambres et bureaux (voir plan des flux d’air ci-dessous).
Rien ne sert d’intégrer des grilles d’entrée d’air dans l’ensemble des portes et fenêtres des pièces principales, il suffit de réfléchir aux emplacements où elles sont nécessaires pour que l’ensemble du logement soit « balayé » par la circulation de l’air depuis les bouches d’entrée d’air vers les bouches d’extraction.
Nous optons pour un système hygroréglable, à l’époque subventionné par des aides publiques pour les équipements à économie d’énergie (seuls les Certificats d’Economies d’Energies les financent désormais). Ce système fait varier le débit de l’air en fonction de son taux d’humidité. C’est un modèle de type B : entrées et sorties d’air sont munies d’un élément sensible à l’humidité. Plus l’hygrométrie est élevée, plus la bouche s’ouvre pour augmenter la quantité d’air renouvelé. Les VMC Hygro A n’en équipent que les bouches d’extraction.
Contre les nuisances sonores, le bloc moteur de la VMC est accroché à la charpente par des suspentes antivibratiles, qui ne transmettent pas les vibrations à la structure du bâtiment.
G. Le Ménahèze |
Camoufler les gaines
Nos combles perdus facilitent l’installation du réseau de gaines d’évacuation, en évitant les coudes qui induiraient des surcoûts et surtout des pertes de charge affaiblissant le débit d’air. Ces gaines sont entourées d’un manchon isolant mais sont tout de même placées autant que possible sous la ouate de cellulose. Cela évite que l’air chaud qui est extrait de la maison se condense dans les gaines en hiver, provoquant des moisissures.
Je ne résiste pas aux allures de bonhomme-robot de l’ancien caisson de VMC et décide de faire de ce vestige du passé de notre maison une mascotte. Trônant sur la clôture qui délimite notre domaine, de sa bouche moustachue formée par un câble de l’ancienne installation électrique, Victor Marie-Claire (alias VMC) sourit aux passants.
G. Le Ménahèze |
Gwendal Le Ménahèze
Entretien, quand tu nous tiens
Quel que soit le système de ventilation choisi, il ne faut pas négliger son entretien. Si l’on ne nettoie pas régulièrement les bouches d’entrée et de sortie d’air, les pales du moteur et les gaines, les débits de renouvellement d’air peuvent faiblir et des micro-organismes, être relargués dans l’air que nous respirons.
VMC autoréglable ou hygroréglable : et si c’était à refaire ?
Aujourd’hui, j’opterais probablement pour un modèle autoréglable. Près de 40 % moins cher, il assure un débit d’air constant. Car la ventilation ne doit pas évacuer que la vapeur d’eau. Or, si on réduit le renouvellement d’air lorsque l’hygrométrie est satisfaisante, on réduit aussi l’évacuation des autres polluants*. La régulation par l’humidité est d’autant plus hasardeuse que nos cloisons et enduits en terre crue contribuent à réguler l’humidité.
* Les débits de renouvellement d’air minimaux préconisés par la réglementation sont définis par l’arrêté du 24 mars 1982. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000862344/2021-01-08/
Alerte aux moisissures
En dormant, deux personnes peuvent dégager 1 l de vapeur d’eau par nuit ! Ainsi, quelques années après la fin des travaux, nous repérons des moisissures dans notre chambre. Ces mousses blanchâtres ou sombres se situent principalement derrière les meubles et au niveau du bas et des angles de murs : symptôme classique d’un défaut de ventilation. Je démonte les bouches d’entrée et d’extraction d’air pour les nettoyer ; une opération à réaliser au moins tous les six mois. Et je me rends compte qu’en cinq ans, je n’ai jamais dépoussiéré la turbine du moteur de la VMC alors qu’il faudrait le faire chaque année (après l’avoir mise hors tension au tableau électrique), sans quoi le débit d’air faiblit. Après avoir parcouru le guide de recommandations professionnelles Rage, je vérifie l’espace libre sous nos portes intérieures. Je les avais bien détalonnées, mais pas assez, d’autant que les barres de seuil grignotent quelques millimètres par rapport au niveau du sol. L’interstice n’était que d’environ 5 mm sous certaines portes ! Je dégonde donc toutes les portes pour en raboter le bas, afin que le jour entre elles et la barre de seuil soit supérieur à 1 cm. Ainsi, l’air circule facilement d’une pièce à l’autre pour « balayer » l’ensemble du logement.








