Planter dans la pente

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Nous venons d'aménager notre terrain en créant une plateforme, laquelle descend en pente sur un des côtés. Quelles plantes nous conseillez-vous pour retenir la terre de la partie pentue (vivaces, arbustes ou arbres, voire engrais verts) ? _Claudine Peyvel, Bourg-lès-Valence (26)
Potager sauvage

La réponse des 4 saisons

Il est difficile de vous conseiller des plantes à mettre en place sans informations concernant le type de sol, l’orientation, l’exposition, la présence d’eau ou pas, l’altitude… et autres facteurs discriminants. Les dimensions de l’ensemble font également défaut pour être précis dans la réponse.

Voici quelques grandes lignes à suivre en tout état de cause :

  1. matérialisez plusieurs courbes de niveau dans la pente, avec des piquets. Pour ce faire, vous pouvez employer, au choix, un niveau à eau ou un niveau égyptien, faciles à construire soi-même à peu de frais et à utiliser ;
  2. le long des lignes de niveau ainsi obtenues, plus ou moins rapprochées selon l’inclinaison de la pente, vous pouvez planter des grosses boutures (jusqu’à 5-7 cm) d’arbres ou d’arbustes adaptés aux conditions locales (saules, par ex.). Ces « piquets » vivants peuvent vous servir à maintenir des fagots de branches un peu plus fines d’espèces facilement bouturables, que vous poserez en amont et enfouirez partiellement dans la terre : toutes ces boutures s’enracineront et fixeront la pente ;
  3. vous pouvez aussi tracer des petites baissières (ou noues), sortes de petits « fossés » horizontaux (l’eau ne doit pas s’écouler dans la longueur, mais s’y infiltrer perpendiculairement à la pente) : la terre retirée en amont forme une butte en aval ;
  4. plantez des plantes préférant l’humidité dans la baissière, des plantes de milieux plus secs sur la butte ;
  5. semez à la volée des espèces couvrantes, comme le trèfle blanc, prélevez dans la nature et plantez dans la pente, si elle est ombragée ou mi-ombragée, des fraisiers des bois, du lierre terrestre (Glechoma hederacea), pourquoi pas du « vrai » lierre (Hedera helix, qui n’a rien à voir avec le précédent !), des pervenches… ou si c’est vraiment chaud et sec avec des aromatiques de garrigue : thyms, serpolet, lavande, romarin, sauges, hysope, sarriette vivace, santoline, hélichryse…
  6. quelques grosses pierres dans la pente, voire un muret en pierres sèches y trouvera toute sa place : maintien de la pente, de l’humidité, abris pour insectes et reptiles, tampons thermiques…
  7. pensez à diversifier au maximum les « milieux » : de la terre à nue (pour les abeilles et autres espèces terricoles) ; un couvert végétal vivant, lui-même diversifié ; du paillage mort ; des cailloux et des pierres ; des petits réservoirs d’eau peu profonds (par exemple avec de vieux pneus)…

Pour alimenter votre imagination, je vous renvoie à ces articles parus dans les 4 saisons, accessibles dans votre espace abonnée web, pensez à aller y farfouiller : il regorge de trésors ! ????

  • n° 238 : Sur la bonne pente
  • n° 220 : Jardin aux 1001 fleurs : l’été en pente raide
  • Lisez aussi le reportage de Josiane Goepfert Création d’un sol – Potagers de l’extrême, p. 84 du dernier hors-série (n° 25).

Tout ceci est, une fois encore, à adapter aux conditions qui sont les vôtres.