Permaculture : septembre/octobre | 4 saisons n°244

Article publié le
Laisser le basilic monter à graines, semer des verdures asiatiques, planter un figuier de Dalmatie en pot, réussir ses carottes d’hiver, installer un point d’eau et des plantes multifonctions… Avec l’approche de la permaculture, les conseils d’un jardinier pour optimiser l’espace et la production, même dans un petit espace.
Petit élevage : septembre/octobre | 4 saisons n°244 9

Laissez le basilic monter à graines


F. Claveau

LE GESTE – Quelle plante aux saveurs incroyables, ce basilic ! Elles peuvent être citronnées, épicées, anisées ou au parfum de cannelle… Profitez des mois de septembre et octobre pour conserver quelques-unes de ses semences. Laissez monter à graines le pied que vous aurez sélectionné comme étant le plus parfumé, productif et homogène (dans la taille de ses feuilles, sa couleur…). Attendez que les hampes florales se dessèchent. De petits réceptacles vont apparaître tout au long de la tige, chacun contenant une graine. Coupez les hampes au fur et à mesure de leur maturité et disposez-les sur un drap, dans un endroit sec, pour terminer leur séchage. Secouez-les ensuite au-dessus d’un saladier, pour récupérer les minuscules graines que vous pourrez ensacher dans une petite enveloppe. Les semences se conserveront trois à quatre ans au minimum, bien davantage pour certaines variétés.


Éviter les petits creux


J. Chauffrey

Entre mars et mai, on observe généralement un creux dans les légumes disponibles pour la consommation. Cette période, que l’on appelle la soudure, voit diminuer les stocks de légumes de conservation (courges, betteraves, rutabagas…), alors que les primeurs (pois, carottes, navets, radis…) ne sont pas encore entrés en production. Ce manque peut être comblé par la mise en œuvre de cultures offrant leurs productions dès le début du printemps. Pour cela, les plants doivent avoir atteint une taille minimale avant que la durée du jour ne diminue trop ; c’est donc dès septembre que les semis des cultures d’hiver devront être minutieusement réalisés. En Normandie, je sème en septembre les verdures asiatiques (moutarde ‘Red Giant’, mizuna,…), les blettes, les épinards et les betteraves – pour consommer les feuilles –, puis les carottes courant octobre.


Figues en bac


V. Quéant

Le figuier de Dalmatie forme un petit arbre étalé, très intéressant pour les petits jardins ou la culture en bac. Facile à réussir, il tolère bien l’humidité et le froid, ce qui en fait un arbre adapté aux régions fraîches. Bifère, il offre ses premières figues fin juillet (les figues fleurs) puis, en septembre-octobre, il produit de nombreuses et grosses figues en forme de poire. Leur chair rouge foncé est excellente, douce, sucrée et parfumée. Offrez-lui une situation ensoleillée et bien abritée. Il poussera dans tout bon sol filtrant que vous aurez enrichi en compost bien décomposé. Même si le figuier se passe aisément de taille, je lui applique pour ma part une taille relativement sévère, pour limiter son développement et hâter sa fructification. Celui planté au milieu de ma terrasse m’a donné, en 2019, près de 12 kg de figues fondantes. Un régal.


Un élément, plusieurs fonctions


J. Chauffrey

LE PRINCIPE – C’est un principe de base en permaculture : chaque élément devrait être choisi et disposé de manière à exercer le plus de fonctions possible. Un point d’eau dans un jardin possède, à la base, une fonction esthétique et participe à attirer la biodiversité. Correctement disposé, il peut aussi créer un effet miroir – en réfléchissant l’énergie lumineuse vers une serre, par exemple – ou produire des végétaux comestibles et, pourquoi pas, des poissons ; il suffit de sélectionner les espèces aquatiques qui le composent. C’est la même chose avec les plantes. Si l’on choisit les bonnes espèces et les dispose intelligemment, une plante peut remplir de multiples fonctions : esthétique bien sûr, mais aussi brise-vent, support pour d’autres plantes grimpantes, brise-vue, nourriture, mulch, combustible, tuteur… Interrogez chaque élément de votre jardin, et remplacez a minima ceux qui ne remplissent qu’une seule fonction par d’autres, qui en totaliseront davantage !


Carottes d’hiver… sans mouche


J. Chauffrey

La carotte fait partie des légumes qu’il est possible de semer presque toute l’année (à l’exception du cœur de l’hiver), tant les variétés sont nombreuses. Ne vous privez pas des semis tardifs, permettant une récolte dès la mi-mai de l’année suivante. Début septembre, préparez votre parcelle en réalisant un faux semis puis, dans la première quinzaine d’octobre, semez vos carottes. Pensez à bien éclaircir vos plantules (une carotte tous les 5 cm) et surveillez attentivement les limaces durant tout l’hiver. Idéalement, couvrez votre culture d’un tunnel ou d’un voile de protection. En plus d’occuper le potager à une période “creuse”, cette temporalité permet d’éviter les vols de mouches de la carotte. Utilisez des variétés précoces, adaptées au semis d’automne, comme la ‘Marché de Paris’, la ‘Nantaise à forcer’ ou la traditionnelle ‘Touchon’.

Joseph Chauffrey

À lire aussi