Les coléoptères

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Les coléoptères regroupent des insectes présentant des élytres indurés protégeant les ailes membraneuses utiles au vol. Leur rôle a été démontré dans la reproduction de certaines espèces comme le châtaignier et le magnolia. Ils semblent très utiles pour la pollinisation en milieux tropicaux dans les zones arides où les autres pollinisateurs ne sont pas fréquents.
Les coléoptères 1

S. La Spina |

Cette fiche technique est issue du livre Des fleurs et des pollinisateurs plein mon jardin de Sylvie La Spina. 

Caractéristiques

Les coléoptères regroupent des insectes présentant des élytres indurés protégeant les ailes membraneuses utiles au vol. Ce grand ordre compte des espèces prédatrices d’insectes, de vers ou de limaces (carabes), mangeuses d’algues, de champignons (scolytes), d’excréments (bousiers) ou de plantes. Certaines espèces de coléoptères fréquentent les fleurs pour se nourrir de pollen, des anthères, de nectar, de pétales ou même des ovaires.

S. La Spina |

Évaluation et adaptations

  • Mangent les pièces florales, ce qui oblige les fleurs à développer un ovaire infère (enfoui dans le réceptacle) ou une corolle et un calice plus épais et robustes.
  • Ne sont pas très mobiles, passent beaucoup de temps par fleur.
  • Mauvaise adhérence du pollen sur le corps, souvent des surfaces glabres sans poils ni squames.
  • Les coléoptères de petite taille peuvent se glisser dans des corolles sans toucher aux étamines ni au pollen.
  • Pas très doués pour se poser sur les fleurs, ce qui demande de prévoir une large piste d’atterrissage.
  • Actifs dans les milieux arides.

Les coléoptères ne semblent pas être des pollinisateurs efficaces. Cependant, leur rôle a été démontré dans la reproduction de certaines espèces comme le châtaignier et le magnolia. Ils semblent très utiles pour la pollinisation en milieux tropicaux dans les zones arides où les autres pollinisateurs ne sont pas fréquents. Certaines orchidées tropicales sont d’ailleurs pollinisées uniquement par les coléoptères ! Voici la preuve que ces insectes considérés comme primitifs peuvent nouer des liens étroits avec des fleurs considérées parmi les plus évoluées des angiospermes.

Attirer les coléoptères

Comment séduire un coléoptère, cet insecte généralement maladroit, un peu rustre, mauvais voilier, qui a tendance à grignoter bien plus que le pollen ou le nectar offert par la plante ?

Prévoyez tout d’abord une large piste d’atterrissage, sans quoi le malheureux risque de terminer son vol « dans les pâquerettes ». Certaines fleurs ont une grande corolle ouverte en cupule (magnolia, nombreuses fleurs des familles des Rosacées et Renonculacées), d’autres développent une grande inflorescence compacte, plate ou en boule, des centaines de petites fleurs (Astéracées, Ombellifères,

Liliacées, sureau). Nul besoin d’un festival de couleurs : les coléoptères sont attirés par le blanc, le beige, voire les couleurs verdâtres finalement assez discrètes.

Ils sont, en revanche, amateurs de parfums épicés, fruités ou imitant la décomposition de la matière organique (humez une fleur de sorbier !). Comme ces insectes ont gardé des pièces buccales courtes de type broyeur, ils peinent à visiter des corolles étroites ou profondes, et préfèrent nettement des fleurs bien ouvertes où de nombreuses étamines sont accessibles. Les fleurs visitées par les coléoptères ont généralement développé une protection de leur ovaire en l’enfonçant au plus profond du réceptacle floral (ovaire infère), et parfois aussi un épaississement de leur corolle.

 

Sylvie La Spina