Attention : plantes toxiques | 4 saisons n°247

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Ail des ours, lierre terrestre, berce… Au printemps particulièrement, quand les cultures du potager ne donnent pas encore pleinement, la cueillette de plantes permet de compléter des salades, de cuisiner des galettes ou de faire des pestos. Pour éviter les risques d’intoxication, mieux vaut ne cueillir que celles que l’on connaît… et éviter les confusions.
Attention : plantes toxiques | 4 saisons n°247

L’alliaire, fréquente au pied des haies, est comestible. Ce sont surtout ses jeunes feuilles qui sont consommées, crues, notamment dans les salades.

S. Lefrançois |

La toxicité des plantes s’exprime à divers degrés, allant du “simple” trouble gastro-intestinal au décès. En France, 150 espèces sont potentiellement mortelles, soit 1,25 % de notre flore. Certaines familles botaniques doivent faire l’objet d’une attention particulière :

  • les apiacées (ex-ombellifères) – famille du persil – comprennent de nombreuses espèces toxiques, voire mortelles, comme l’œnanthe safranée, fréquente dans les lieux humides de l’ouest de la France, la grande et la petite ciguë. Elles se reconnaissent à leurs fleurs groupées en ombelles (fleurs dont les pédoncules sont groupés en un même point).
  • les solanacées – famille de la tomate –, aux effets sur les systèmes cardiaque et nerveux, parfois hallucinatoires. Parmi les plus toxiques, le datura, qui s’invite parfois dans les cultures et même dans les jardins, la belladone et la jusquiame.
  • les renonculacées, famille à laquelle appartient l’aconit napel, probablement la plante la plus toxique de notre flore, présente surtout dans les montagnes et lieux humides. Toutes les plantes de cette famille sont toxiques à divers degrés ! Même si leur dangerosité est moindre, les anémones, clématites et renoncules (ou “boutons d’or”) en font partie.

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Le datura, qui s’invite parfois au potager, est l’une des plantes les plus toxiques.
S. Lefrançois |

Attention aux confusions

Parmi les cas de confusions les plus fréquents relevés par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) en 2019 avec des plantes toxiques, voici ci-dessous une sélection de plantes, et les moyens de les différencier.

Si la vue est le principal sens utilisé pour la reconnaissance des plantes, n’oubliez pas de mobiliser le toucher et l’odorat !

Consoude et digitale pourpre

Elles forment toutes les deux des “rosettes” de feuilles avant la floraison. Outre qu’elles ne partagent pas (en principe) le même milieu – les milieux humides pour la consoude et les lisières forestières pour la digitale –, c’est principalement par le toucher qu’elles se distinguent. La feuille de la digitale est douce au toucher, blanche cotonneuse dessous, alors que celle de la consoude est rêche et râpeuse.

Carotte sauvage : une confusion possible avec l’œnanthe safranée, la grande ou la petite cigüe

En plus d’être velue, la carotte est reconnaissable à son odeur caractéristique quand on la froisse. Son inflorescence se recroqueville et prend la forme d’un petit “nid” en fin de saison.

L’œnanthe safranée, la grande et la petite cigüe sont en revanche dépourvues de poils. De plus, la grande ciguë présente des taches rouges caractéristiques sur sa tige. Froissée, elle dégage une odeur désagréable, comme la petite cigüe. Autre signe distinctif : cette dernière possède trois bractées (sortes de petites feuilles à la base des fleurs) dirigées vers le bas.

Il est également possible de confondre le persil avec la petite cigüe (appelée “faux-persil”). Il est, lui aussi, dépourvu de poils. En France, le persil n’est présent qu’à l’état cultivé et son parfum est bien caractéristique. Froissez donc les feuilles avant de cueillir, si vous avez un doute !

Oseille commune et arum tacheté

Les feuilles des deux plantes sont en forme de “flèche”, mais celle de l’arum est luisante, parfois tachetée, caoutchouteuse et beaucoup plus large que celle de l’oseille. Tandis que l’arum pousse au pied des haies et dans les bois, l’oseille est plutôt une plante de prairie.

Ail des ours : confusion possible avec le muguet ou le colchique d’automne

On reconnaît la feuille de l’ail des ours à son puissant parfum aillé, contrairement à celles du colchique et du muguet qui sont inodores. De plus, les feuilles du muguet sont souvent groupées par deux ou par trois, contrairement à celles de l’ail des ours. L’ail des ours et le muguet sont toutes deux des plantes forestières, tandis que le colchique d’automne vit dans les prés humides.

Robinier faux-acacia et cytise

Ces deux arbres, de la même famille botanique (fabacées), se distinguent par la couleur des fleurs ; jaunes chez le cytise, elles sont blanches chez le robinier faux-acacia.

 

Sandra Lefrançois