Associer légumes et plantes pour protéger le potager

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Le saviez-vous ? De nombreuses amitiés entre les légumes, fleurs, arbres et arbustes existent. Tirer profit du rôle des fleurs au sein de votre potager vous permettra d'attirer de nombreux insectes auxiliaires, tout en désorientant les ravageurs et autres nuisibles. Découvrez sans plus attendre notre sélection des meilleurs compagnonnages pour associer vos légumes et plantes.
Le jardinier arrose ses légumes et fleurs au potager

Les meilleures associations entre légumes

Associer légumes et plantes est une pratique qui connait quelques trios gagnants.

La trilogie maïs-haricots-courges

La trilogie maïs, haricots et courges est l’une des associations les plus connues. Elle est tout d’abord intéressante en terme d’utilisation de l’espace : le maïs s’élance vers le ciel et sert de tuteur au haricot, alors que les courges servent de couvre-sol productif. D’autre part, les trois sont complémentaires dans leurs besoins alimentaires : le haricot est frugal, alors que les courges et le maïs, gourmands, profitent de la capacité du haricot à fixer l’azote de l’air dans le sol. Enfin, ces végétaux ont tous trois des besoins en eau élevés.

L’association tournesols-concombres-haricots nains reprend les principes de la trilogie maïs-haricots-courges. Il faut aider le concombre à grimper sur le tournesol en l’y attachant à intervalles réguliers.

Associer fèves, pois et pois chiches

L’association des légumineuses (fèves-pois-pois chiches) fonctionne également, même si elle présente un inconvénient pour ceux qui pratiquent les binages et sarclages selon le calendrier lunaire : si ce travail du sol est fait un jour “feuille”, qui favorise les choux, ou un jour “fruit” pour donner une impulsion aux graines des fabacées, l’une des cultures se trouve lésée.

Vue d'ensemble sur les jardins du Centre Terre vivante (association des légumes et plantes)

Un compagnonnage fleuri qui protège votre jardin

Les amitiés qui se marient bien

Le compagnonnage des fleurs fonctionne aussi bien avec les  légumes qu’avec les arbustes et les arbres. Ci-après, une liste non exhaustive des combinaisons possibles.

Les choux apprécient la compagnie des cosmos ou astéracées. Ces dernières perturbent les piérides, ces papillons blancs dont les chenilles dévorent les choux. Concurrencés par les autres papillons attirés par les fleurs, les piérides se font moins nombreuses ; étant blanches, elles sont également plus facilement repérables, ce qui laisse le temps d’intervenir avant que l’infestation ne soit étendue à plusieurs plants. Il suffit de ramasser les chenilles à la main et de les brûler, voire d’arracher le chou. 

Les tomates à côté des œillets d’Inde (ou tagète minuta) : l’une des associations les plus efficaces. Les racines des œillets sont réellement efficaces contre les nématodes, de microscopiques vers blancs qui s’attaquent aux racines des tomates.

Autre chose, en bordure de potager, une petite haie d’arbustes (servant à la nidification des oiseaux et de refuge pour les auxiliaires) peut être complétée d’un tapis de vivaces, afin de maintenir un sol meuble, aéré, où les vers de terre travaillent mieux, et à l’activité bactérienne intense… des conditions très favorables à la croissance des arbustes. En été, leur couvert limitera les déperditions en eau.

  • Certaines plantes comme lamier, coucou, ajuga, géranium vivace, épimedium, menthe, véronique, violettes, servent aussi à nourrir les auxiliaires. Carabes, musaraignes ou hérissons y viennent volontiers.
  • Associées aux arbustes, des bisannuelles comme les onagres, chardons, carottes, alysson, barbarées, travaillent le sol de leurs grosses racines à la place du jardinier, sans dégâts pour les racines des arbres, puisqu’elles épousent leur forme.

Sans oublier les arbres fruitiers

Les associations attireront notamment un certain nombre d’auxiliaires qui défendront vos arbres fruitiers des ravageurs.

  • Les aromatiques vivaces comme l’origan, l’achillée, la tanaisie, les armoises, la santoline, tous les allium, perturbent les insectes nuisibles aux fruitiers.
  • Vous pouvez aussi repiquer des annuelles qui fourniront du nectar aux prédateurs des chenilles : par exemple, souci, centaurée, bourrache, sarrasin, phacélie, trèfle incarnat, pour un verger fleuri et en bonne santé !

L’expérience Terre vivante

Vue générale sur des fleurs et une maison plus haut

Le poireau préfère les fraises, tel est le titre de l’un des ouvrages les plus vendus de Terre vivante. Sur cette association, les avis sont partagés. Selon Yves Perrin, jardinier en chef des jardins du Centre Terre vivante, en Isère, elle marche : les aillacées, famille dont fait partie le poireau, ont des vertus répulsives. Il préfère néanmoins installer de la ciboulette plutôt que des poireaux parmi ses fraisiers. Josiane Goepfert, du Potager d’une curieuse, dans le Doubs, a connu, quant à elle, des échecs : elle a tenté fraises et ail, mais les fraises ont besoin d’eau et l’ail n’a pas supporté. Puis, le poireau par lequel elle a voulu le remplacer a été particulièrement chétif cette année-là. 

Carotte et oignon : là aussi, les avis sont partagés. Au Centre Terre vivante, Yves Perrin la pratique depuis dix ans et n’a jamais ni mouche de l’oignon, ni mouche de la carotte. Josiane Goepfert n’a, elle, eu aucun succès avec cette association.

Brigitte Lapouge-Déjean et Josiane Goepfert

 

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