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L'édito du mois n°231 des 4 Saisons du jardin bio (juillet-août 2018)

Tiré du n° 231 des 4 Saisons du jardin bio, juillet-août 2018

Double jeu

Marie Arnould

C'était en novembre 2017. À la faveur d'un vote sur le renouvellement de l'autorisation du pesticide au niveau européen, la France prenait la tête de la croisade antiglyphosate. Le 27 novembre, elle votait contre l'autorisation pour cinq ans du pesticide, alors que l'Allemagne, par son abstention, permettait au oui de l'emporter. Emmanuel Macron annonçait qu'il avait « demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l'utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ». On était plein d'espoir. Enfin.

29 mai 2018. Voté à 2 h du matin, l'amendement antiglyphosate de la loi agriculture et alimentation était retoqué : 63 voix contre,  20 pour et 2 abstentions. L'occasion de découvrir, dans le déluge de réactions indignées envahissant les réseaux sociaux après l'épisode, que le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, avait fait voter les amendements les plus emblématiques au moment où les débats seraient inexistants. Au cœur de la nuit donc,  devant une assemblée vide à 85 % pour le glyphosate. Un dimanche dans la nuit également pour l'amendement interdisant l'élevage des poules en batterie, autre promesse du président Macron. Autres  mesures emblématiques qui ne seront pas mises en œuvre :  la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs, la création d'un fonds d'indemnisation des victimes des produits phytosanitaires, l'interdiction des épandages à proximité des lieux de vie...

Mais rassurons-nous bonnes gens. Un nouveau plan a été mis en place, Écophyto 2, qui vise à diviser par deux la consommation de pesticides à l'horizon 2025. Aucune raison qu'il fonctionne mieux qu'Écophyto 1, lancé en 2008, et dont l'objectif de réduction par deux des pesticides d'ici 2018 n'a pas été atteint - au contraire, leur utilisation a augmenté. Et pendant que le lobby du tout chimique retarde les interdictions autant qu'il le peut, la faune se meurt en France, avec notamment moins 30 % d'oiseaux des champs en quinze ans.

Marie Arnould, rédactrice en chef des 4 Saisons du jardin bio

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