Le monde d’après | 4 saisons n°243

Article publié le
L'édito des 4 saisons n°243 par Marie Arnould, rédactrice en chef.
Le monde d’après | 4 saisons n°243

Dans le monde d’après, il y aura plus de pistes cyclables, on prendra moins l’avion et plus le train, les gens tondront moins leur gazon, les enfants feront l’école dans la nature. On consommera des aliments plus locaux, achetés directement auprès de producteurs ou dans des petits commerces. On achètera moins de fringues inutiles, fabriquées par des gens sous-payés dans des pays moins riches que le nôtre. On paiera mieux les gens qui nous soignent, qui s’occupent de nos anciens, qui éduquent nos petits. Et aussi tous ceux qui font les boulots dévalorisés mais indispensables. On sera plus autonomes, car on aura commencé – pour ceux qui ne le font pas déjà comme vous, chers lecteurs – à cultiver ses légumes dans son propre jardin ou dans des parcelles partagées, en ville. On sera plus solidaires. Mieux préparés. Plus résilients.
Utopique ? Peut-être. Le monde d’après pourrait être aussi plus dur, plus violent, plus chaud. Les industries les plus polluantes pourraient être massivement renflouées comme après la crise financière de 2008. La 5G pourrait nous proposer toujours plus de connexion internet, pour plus de vidéos inutiles, plus de données, dans un flux constant qui empêche de faire, de penser. La finance pourrait continuer à gouverner le monde, les multinationales de l’agro-alimentaire pourraient nous proposer toujours plus d’aliments ultratransformés qui font exploser l’obésité et le diabète. Les pesticides pourraient continuer à faire mourir à petit feu les insectes et, par effet de cascade, la faune sauvage. Les forêts pourraient continuer à être rasées à blanc.

PLUS DE NATURE

Le monde d’après sera quelque part entre ces deux scénarios. Une chose est sûre. Il faut qu’il nous remette en lien avec la nature. Pour la protéger. Et parce qu’elle nous est indispensable. Une grande méta-analyse vient de montrer – s’il en était besoin – que vivre dans un environnement naturel réduisait la mortalité. Les neuf études internationales passées en revue – qui analysent des cohortes totalisant plus de 8 millions d’individus – montrent une diminution de la mortalité, toutes causes confondues, corrélée à la densité d’espaces verts. Disposer de nature à proximité de chez soi renforce notre système immunitaire, favorise les relations sociales, encourage l’exercice physique, atténue le stress, réduit la pollution de l’air et les îlots de chaleur… En cet été post-confinement, alors que beaucoup ont été privés de ce contact fondamental, profitons au maximum des bienfaits que nous apportent nos jardins et la nature !

 

Marie Arnould

Crédit photo : J.-J. Raynal

À lire aussi